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Reportage vidéo Frelon asiatique-puces RFID. © Inra

Des puces pour espionner le frelon asiatique

Depuis son introduction accidentelle en France vers 2004, le frelon asiatique (Vespa velutina) a connu une expansion fulgurante. Il vient s’ajouter au cortège de fléaux qui menacent les abeilles, et inquiète grandement les apiculteurs. Pour cause, son éradication est désormais devenue illusoire. La lutte se concentre sur les moyens de freiner son expansion et réguler la densité de ses populations. C’est dans ce but que l’unité Save de l’Inra Bordeaux étudie la biologie et analyse le comportement de ce redoutable prédateur, à l’aide notamment de puces RFID.

Par Patricia Léveillé
Mis à jour le 13/03/2017
Publié le 08/03/2017

Chaque année, le frelon asiatique gagne du terrain. Le nombre de colonies augmente aussi rapidement. En 2004, un premier nid était identifié en Gironde, on en recense aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers sur l’ensemble du territoire. L’envahisseur a atteint les pays frontaliers : Espagne, Italie, Royaume Uni, Belgique. Devant cette invasion spectaculaire, les moyens de lutte actuels – pièges à appâts alimentaires, piégeage des fondatrices, destruction des nids… n’offrent qu’une efficacité limitée. Néanmoins, pour l’unité Santé et agroécologie du vignoble à l’Inra de Bordeaux qui étudie Vespa velutina depuis 10 ans, ces moyens de lutte ciblée ne doivent pas être négligés. Les chercheurs misent sur leur complémentarité. Mais pas seulement. Les méthodes de lutte biologique et les pièges à attractif alimentaire ou à phéromones comptent parmi les pistes de recherche. Et, pour être en mesure de limiter l’impact du frelon sur les ruchers, les scientifiques s’intéressent de très près à son comportement. Pour l’étudier, un élevage de nids de frelons en captivité a été mis en place, mais le cycle de V. velutina s’étalant sur un an, son étude en laboratoire a montré ses limites.

REportage vidéo Frelon asiatique-puces RFID, unité SAVE, Inra Bordeaux. © Maya Press
© Maya Press
L’unité dispose heureusement d’un rucher et d’une plateforme pour les expériences sur le long terme. Ainsi, une expérience de capture-marquage-recapture sur plusieurs centaines de frelons a permis d’estimer à 350 le nombre de frelons différents visitant chaque jour un rucher de taille réduite, comptant six ruches. L’expérience a également montré que certaines ruches semblent plus attractives pour les frelons, la plus attaquée n’étant ni la plus forte, ni la moins forte. La nature de cette préférence reste à établir. L’hypothèse la plus plausible serait que les ruches les plus attaquées sont probablement les moins agressives. Le prédateur serait donc capable d’adapter son comportement de chasse au degré d’agressivité et/ou aux capacités de défense de sa proie. Dans le but d’affiner ses techniques de profilage, l’unité Save a marqué les prédateurs avec des puces RFID, de la même manière que les études antérieures sur les abeilles. Chaque individu étant identifié, on peut ainsi connaître tout de ses rythmes d’activité et de son rayon d’action !

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Santé des plantes et environnement
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Bordeaux Aquitaine
Frelon asiatique à pattes jaunes (Vespa velutina), couvin. © inra, Karine Monceau

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