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Le bien-être animal : une question de comportement

Pour un animal, pouvoir exprimer les comportements propres à son espèce est une des composantes cruciales de son bien-être. Des chercheurs de l’Inra tentent d'améliorer les conditions de vie des animaux en identifiant ces subtils besoins, et en évaluant l'importance d'une bonne relation des éleveurs avec leurs bêtes.

Bien-être animal. © Inra, Gérard Paillard
Par Sebastián Escalón
Mis à jour le 21/02/2017
Publié le 21/02/2017

Les animaux ne sont plus considérés comme des machines biologiques. Des décennies de travaux sur leur comportement ont bien montré que la joie, la frustration, le plaisir ou la peur sont des émotions qu'ils ressentent pleinement. De ce constat est né un sujet de préoccupation sociale: celui du bien-être des animaux domestiques, et notamment des animaux de rente.  
Mais alors, comment définir le bien-être animal ? Comment savoir si les animaux d'une ferme “vont bien” et sont satisfaits de leur état? “On ne peut bien évidemment pas demander leur avis aux animaux, mais on peut, par exemple, décrypter à travers leur comportement ou de certains gestes, leurs émotions, leur stress ou leur état de santé”, explique Isabelle Veissier, directrice de l'Unité de recherche sur les herbivores et grande spécialiste du bien-être animal.

Les chercheurs de l'Inra s'efforcent de développer des méthodes pour mesurer le bien-être des animaux et  bien identifier les besoins de chaque espèce. Le programme européen Welfare Quality®, auquel l'Inra a participé, a ainsi permis de définir un protocole pour mesurer, au moyen d'une batterie de tests standardisés, le bien-être des volailles, porcs et bovins. Ce protocole est déjà utilisé par certaines entreprises agroalimentaires, et devrait éclairer de futures régulations européennes.
Certains besoins des animaux semblent assez évidents. Une nourriture adaptée, une aire de couchage confortable, une bonne santé sont autant de facteurs nécessaires à leur bien-être. Au contraire, l'exposition aux situations  stressantes à répétition, ou au contraire, une vie monotone et dépourvue du moindre défi sont autant de poids sur le moral des animaux. Mais une fois ces besoins respectés, il en est d'autres qui sont tout aussi importants : il s'agit de la possibilité d'exprimer les comportements propres à chaque espèce.  

Respecter leurs instincts

Les poules, parce qu'elles sont poules, aiment pouvoir gratter le sol et prendre de temps à autre un bon bain de poussière. Les vaches savourent comme personne brouter une herbe verte et grasse dans un champ. Les veaux et les agneaux sont heureux lorsque leur éleveur les caresse et leur montre quelques menues attentions. Chaque animal a ses instincts que les chercheurs tentent d'identifier. En effet, l'expression de ces comportements spécifiques fait partie du bien-être.
Mais alors, comment identifier ces comportements ? Une des expériences classiques consiste à savoir quel est l'effort qu'un animal est prêt à fournir pour obtenir quelque chose qu'il désire. Si, par exemple, une poule est prête à franchir un vrai parcours du combattant pour pouvoir pondre dans un nid, c'est qu'il s'agit là d'un réel besoin pour elle. Ces travaux permettent d'adapter les élevages et les réglementations aux comportements intrinsèques de l’espèce.

Un autre aspect que les chercheurs étudient de près est celui de la relation entre éleveurs et animaux. Des travaux sur des veaux de boucherie ont montré que les bêtes qui recevaient de petits soins, une simple caresse sur la tête au moment de remplir leur seau, présentaient un meilleur état de santé général et étaient plus faciles à manipuler que leurs congénères qui ne reçoivent que brimades. Au-delà de l'aspect éthique, cette différence a des répercussions sur la qualité de la carcasse. En effet, les veaux « peu aimés », sont nettement plus stressés au moment de l'abattage, ce qui limite le processus voulu d’acidification de la carcasse et rend la viande plus sombre.
“Il n'y a pas de production sans bien-être animal”, assure Isabelle Veissier. Le souci pour le bien-être animal n'est pas un luxe pour apaiser les bonne consciences, mais bien un critère objectif de la bonne gestion d'un élevage.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Département(s) associé(s) :
Physiologie animale et systèmes d’élevage, Sciences sociales, agriculture et alimentation, espace et environnement
Centre(s) associé(s) :
Auvergne - Rhône-Alpes