Piqûre d'Aphidius Matricariae sur  PUCERON. © Inra, J. Gambier

Agriculture : l'alternative du biocontrôle

Par Brenda Pierucci - Arnaud Ridel
Mis à jour le 13/03/2015
Publié le 24/02/2015

Le biocontrôle est défini comme un ensemble de méthodes de protection des cultures basées sur le recours à des organismes vivants ou des substances naturelles. L’Inra est un acteur majeur de la recherche scientifique de cette évolution, en développant des projets qui vont du plus fondamental jusqu’au transfert et à l’application des solutions.

Des méthodes de lutte ont été développées et ont permis de maintenir un bon niveau de production. La plus largement utilisée dans les conditions de production actuelle reste la lutte chimique, qui n’est pas sans conséquence pour l’environnement et la santé humaine. Un effort majeur est engagé depuis quelques années pour proposer des solutions alternatives efficaces.

On distingue souvent quatre catégories d'approches en biocontrôle, basées sur :

  • des macro-organismes (insectes, nématodes, etc.),
  • des micro-organismes (virus, bactéries ou champignons),
  • des médiateurs chimiques (phéromones), ou
  • des substances naturelles d’origine minérale, végétale ou animale.

L’Inra, un partenaire majeur dans le biocontrôle

La volonté de réduire la dépendance de l’agriculture aux pesticides de synthèse stimule de façon croissante l’innovation dans le domaine du biocontrôle. L’Inra est un acteur majeur de la recherche scientifique de cette évolution, en développant des projets qui vont du plus fondamental jusqu’au transfert et à l’application des solutions. Pour développer ces méthodes et faciliter leur application sur le terrain, le département Santé des plantes et environnement (SPE) de l’Inra a engagé depuis plusieurs années des recherches dans le domaine du biocontrôle et développe des collaborations avec les entreprises privées pour proposer des solutions innovantes.

Pour pouvoir réduire de manière drastique l’usage de produits phytosanitaires (plan Écophyto), il est nécessaire en particulier de faciliter la mise sur le marché de produits de biocontrôle, alternatifs aux produits phytosanitaires de synthèse. Dans le domaine de l'entomologie, par exemple, les recherches de l’Inra sont à l’origine du développement de Biotop, l’une des plus anciennes entreprises de lutte biologique. La collaboration entre l’Inra et Biotop a notamment donné naissance à un des principaux produits de lutte biologique contre la pyrale du maïs, le trichogramme.

Les recherches en virologie et écologie chimique ont également abouti à la mise sur le marché de solutions de biocontrôle très utilisées contre le carpocapse du pommier, la carpovirusine et la confusion sexuelle par phéromones. Ces solutions sont constamment améliorées grâce à une collaboration entre les entreprises et l’Inra.

D'autres recherches portent sur les molécules utilisées par les ennemis naturels pour attaquer les ravageurs, sur les bactéries symbiotiques des ravageurs et auxiliaires, ou encore sur les communautés microbiennes influençant les épidémies dans les cultures. Elles ouvrent de nombreuses pistes d’innovation à explorer pour créer des solutions applicables en biocontrôle.

Vidéo

Lancement d'un consortium de recherche et innovation pour le biocontrôle

L'Inra au  SALON  International de l'Agriculture 2015 (21 février -1er mars). Le 26 février, à l’initiative de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), plusieurs acteurs publics et privés de la recherche, de la recherche-développement et de l’innovation s’associent pour créer un  CONSORTIUM  public-privé sur le biocontrôle en présence de Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt. Les partenaires du  CONSORTIUM  sont : Inra, Cirad, Acta, Maaf, Ibma, Bayer, Koppert France, Lesaffre et Sangosse.. © © INRA, MAITRE  Christophe
© © INRA, MAITRE Christophe
À l’initiative de l'Inra, plusieurs acteurs publics et privés de la recherche, de la recherche-développement et de l’innovation s’associent pour créer un consortium public-privé sur le biocontrôle. Cette initiative correspond à l’une des cinq priorités thématiques du plan « Agriculture – Innovation 2025 » annoncé le 20 février 2015 par la Ministre de l’éducation nationale, le Ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt et la Secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur et à la recherche. Elle vise à coordonner les acteurs du biocontrôle dans le double objectif d’offrir aux utilisateurs, en premier lieu les agriculteurs, des méthodes alternatives en matière de produits phytosanitaires, et de contribuer à la consolidation du secteur français du biocontrôle, source de richesses et d’emplois. > Voir la vidéo de la conférence de presse

Le réseau EMBA est lancé

Trybliographa rapae Westwwod, endoparasitoïde solitaire de larves de diptères. © © INRA, INRA - BIO3P / Université RENNES1
Trybliographa rapae Westwwod, endoparasitoïde solitaire de larves de diptères © © INRA, INRA - BIO3P / Université RENNES1
Le réseau EMBA (Ecological Management of Bioagressors in Agroecosystems), qui regroupe des chercheurs de l’Inra travaillant sur la gestion écologique des bioagresseurs dans les agroécosystèmes a été officiellement lancé lors d’une réunion à Paris en octobre 2014.

Ce réseau s’inscrit pleinement dans les nouvelles orientations du plan Ecophyto qui met en avant l’utilisation de méthodes de biocontrôle afin de limiter l’usage de produits phytosanitaires dans l’agriculture.

Une quarantaine de participants, essentiellement des chercheurs de l’Inra ainsi que des industriels, ont participé à cette réunion de lancement sur le thème du biocontrôle. > Lire la suite

Pour aller plus loin

Dossier « Biocontrôle » sur le site du département Santé des plantes

Pour développer ces méthodes et faciliter leur application sur le terrain, le département Santé des Plantes et Environnement (SPE) de l’Inra a engagé depuis plusieurs années des recherches dans le domaine du biocontrôle et développe des collaborations avec les entreprises privées pour proposer des solutions innoantes. > Lire le dossier