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Piqûre d'Aphidius Matricariae sur  PUCERON. © Inra, J. Gambier

Agriculture : l'alternative du biocontrôle

Vigne : agir à la racine

Une sorte de champignon colonisateur de la rhizosphère, la zone du sol caractérisée par les interactions présentes entre les racines des plantes et les microorganismes, pourrait être un potentiel agent de lutte contre une maladie du bois de la vigne, l’esca.

Mis à jour le 17/02/2015
Publié le 17/02/2015

Vignoble AOC "Clairette de Die", pays de Saillans, (vallée de la Drôme). © © INRA, SLAGMULDER Christain
Vignoble AOC "Clairette de Die", pays de Saillans, (vallée de la Drôme) © © INRA, SLAGMULDER Christain
Afin de contrôler certaines maladies fongiques, comme le mildiou, l’oïdium, ou encore la pourriture grise, la filière vitivinicole réalise de nombreuses applications de pesticides de synthèse sur les ceps. Pour d’autres pathologies comme les maladies du bois, aucune matière active chimique n’est homologuée depuis l’interdiction en 2001 de l’arsénite de soude, un principe actif de pesticide. Ces maladies du bois rendent environ 13% du vignoble français improductif. Dans ce contexte, la filière vitivinicole est particulièrement sensible au développement de méthodes alternatives de protection des plantes, plus respectueuses de l’environnement et de la santé humaine.

Conscient de ces enjeux, l’unité Santé et agro-écologie du vignoble à Bordeaux s’est engagée avec la société Biovitis SA, dans le développement d’une stratégie de protection de la vigne via le biocontrôle. Une étude a utilisé un oomycète (Pythium oligandrum), une sorte de champignon colonisateur de la rhizosphère, qui pourrait s’avérer être un potentiel agent de lutte contre l’esca, une maladie du bois touchant les parties aériennes de la vigne. Après avoir isolé différentes souches de cet oomycète, issues de sols viticoles argilo-calcaires, sablo-graveleux ou graveleux, les chercheurs les ont testés sur des ceps cultivés dans 12 vignobles du Bordelais.

Les résultats ont montré que de jeunes plants de vigne répondent à la colonisation racinaire par P. oligandrum en modifiant l’expression de gènes intervenant dans plusieurs voies métaboliques. Un essai, conduit pendant deux années consécutives, visant à induire chez la vigne une protection contre un champignon pathogène impliqué dans l’esca, Phaeomoniella chlamydospora, a été réalisé.

La colonisation des racines par P. oligandrum a été associée à une réduction de la longueur des nécroses dues à P. chlamydospora. En adéquation avec ce résultat, l’analyse transcriptomique a montré une surexpression des gènes impliqués dans les mécanismes de défense et plus particulièrement dans la voie de l’éthylène. L’éthylène est souvent émis par les plantes lorsqu’elles sont soumises à un stress. Plusieurs gènes spécifiquement induits constitueraient des marqueurs de résistance qu’il conviendra de valider lors de prochaines expérimentations.

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Santé des plantes et environnement
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Nouvelle-Aquitaine-Bordeaux