Le charançon rouge du palmier, Rhynchophorus ferrugineus, introduit en France il y a une dizaine d’années, fait des ravages considérables dans le bassin méditerranéen sur les palmiers. Les recherches en cours contribuent à contrôler ce fléau en proposant des moyens de lutte durables.. © Inra, Michel Ferry

Palmiers en danger

Par Cécile Poulain - Catherine Foucaud-Scheunemann
Mis à jour le 27/01/2017
Publié le 24/01/2013

Venus de loin, charançon rouge du palmier et papillon palmivore sèment la terreur dans la zone méditerranéenne. Leurs grandes capacités de déplacement et de prédation associées au boum du marché des palmiers ont entraîné des dégâts considérables.

En Europe, ce sont plus de 250 000 palmiers détruits en 15 ans et un coût direct de plusieurs centaines de millions d’euros ! Deux accusés, importés avec des palmiers d’ornement : le charançon rouge du palmier (ou Rhynchophorus ferrugineus), d’origine asiatique, et le papillon palmivore (ou Paysandisia archon), venu d’Amérique du Sud. Leurs larves dévorent l’intérieur des palmiers, causant leur mort inéluctable. A des dégâts considérables s’ajoute une extension mal contrôlée. En 25 ans le charançon rouge s’est étendu sur 8 000 km jusqu’à l’Atlantique puis les Canaries, les Antilles mais aussi la Californie !
Le charançon rouge, espèce des régions tropicales du Sud-est asiatique, a été introduit en Europe via l'importation de palmiers infestés depuis le Moyen-Orient où il est apparu en 1985. D’abord observé en Espagne (1994), il est maintenant signalé dans presque tous les pays d’Europe du Sud. Détecté en France en 2006, il y est présent sur le littoral méditerranéen de Nice à Banyuls et en Corse. En Europe, il affecte des palmiers ornementaux et patrimoniaux. Au Moyen-Orient, il tue surtout le palmier dattier et constitue aujourd’hui une menace sévère pour la production de dattes des pays d’Afrique du Nord où il vient d’être découvert et est l’objet d’un vaste projet d’éradication.
L’expansion du papillon palmivore est toute aussi préoccupante. Originaire d’Amérique du Sud, il a été introduit accidentellement en Espagne dans les années 1990 suite à l’importation de palmiers  d’Argentine, puis en Italie et en France dans les années 2000.
Essentiellement liées aux importations et dispersions massives et mal contrôlées de palmiers, ces invasions ont bénéficié du boum mondial du marché des palmiers d’ornement. Les capacités de vol des deux insectes sur plusieurs kilomètres et une mauvaise gestion des déchets de palmiers infestés ont amplifié leur dispersion locale. Depuis 2012, un programme européen de recherche, Palm Protect, s’intéresse au palmier et à ses déprédateurs afin de stopper la prolifération de ces derniers.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

  • Didier Rochat
Département(s) associé(s) :
Santé des plantes et environnement
Centre(s) associé(s) :
Versailles-Grignon
Unité(s) associée(s) :
Institut d’écologie et des sciences de l’environnement de Paris