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photo magazine reportage rosiers et maladie de la tâche noire à Angers, dans la roserais Loubert et l'unité expérimentale Inra. Irhs.. © Inra, Bertrand Nicolas

Zéro phyto : changeons de regard sur nos rosiers

Dès 2019, l’utilisation des produits phytosanitaires va être interdite dans les jardins des particuliers. Il devient donc nécessaire de gérer autrement les maladies qui touchent nos espaces verts. Des chercheurs de l’Inra à Angers travaillent notamment sur les rosiers, qui ornent de nombreux jardins en France, pour anticiper leurs maladies et connaître les bons gestes afin de les préserver. Découvrez notre reportage vidéo.

Par Anaïs Bozino
Mis à jour le 11/09/2018
Publié le 11/09/2018

Les rosiers émerveillent, par leur impressionnante diversité, les amateurs comme les professionnels depuis quelques centaines d’années. Cependant, ces plantes sont de plus en plus sensibles aux maladies foliaires, comme la maladie de la tâche noire. « Avec la Rosomania du XIXe siècle, nous avons gagné en termes de caractères de la rose : remontée de floraison, parfum, couleur, nombre de pétales… mais nous avons, en parallèle, perdu en termes de rusticité. Or c’est cette caractéristique qui va aider les roses à lutter contre les maladies » explique Fabrice Foucher, directeur de recherche à l’IRHS (Institut de Recherche en Horticulture et Semences) et responsable de l’équipe « Génétique et diversité des plantes ornementales ». « Nous remontons dans les roses anciennes afin de récupérer cette rusticité et de comprendre comment ces fleurs résistent aux maladies ». Une préoccupation primordiale, puisque les produits phytosanitaires sont en passe d’être interdits : à partir de 2019, les particuliers ne pourront plus les utiliser dans leurs jardins.

Rosier et agent pathogène : une course folle

Nous remontons dans les roses anciennes afin de récupérer cette rusticité

Il est essentiel, pour anticiper les maladies et obtenir des rosiers durablement résistants, de décoder les mécanismes de la course poursuite qui se joue entre les agents pathogènes (le champignon Diplocarpon rosae notamment) et leurs hôtes (les rosiers). « Le champignon présente plusieurs types de diversité :  phénotypique, qui donnera des formes de dômes différentes par exemple, génétique ou encore, une diversité au niveau du pouvoir pathogène. Les souches ne réagissent en effet pas de la même manière sur un même rosier : ils vont être plus ou moins agressifs » précise Laurence Hibrand-Saint-Oyant, Ingénieure de recherche à l’Inra d’Angers. Constituer une collection de pathogènes aide ainsi à retracer l’histoire évolutive du champignon, puis à tirer des enseignements pour comprendre ses capacités d’adaptation. Mais il est également nécessaire de collectionner les roses pour connaître la palette de leurs particularités et préserver leur diversité dans le futur.

Sauvegarder un patrimoine précieux

Pour faciliter leurs recherches et connaître les gènes de la résistance aux maladies, entre autres, les scientifiques de l’Inra travaillent en collaboration avec la roseraie Loubert depuis une quinzaine d’années. Cette remarquable collection comprend actuellement 2500 espèces de rosiers, dont certains en exemplaire unique : un terrain de jeu idéal pour étudier la diversité des rosiers. Cela fait maintenant plus de cinquante ans que Mme Loubert s’occupe de la roseraie. « Faire cette collection est essentiel pour faire en sorte que certains rosiers ne disparaissent pas » raconte Thérèse Loubert, propriétaire de la pépinière « Roses Loubert ». « Pour constituer cette collection, nous avons, avec mon mari, fait des voyages passionnants, en Europe et partout dans le monde pour ramener des greffons et les implanter ici, à Angers ». Par ailleurs, les chercheurs mènent des opérations de « rejuvénilisation » : certaines espèces sont à la roseraie depuis près d’un demi-siècle, et ont tendance à s’épuiser. « Afin d’éviter leur disparition, nous les cultivons in vitro pour leur donner une nouvelle jeunesse. » précise Laurence Hibrand-Saint-Oyant.

Protéger aussi efficacement que les produits phytosanitaires 

Changer notre regard et nos habitudes

Finalement, c’est la notion de durabilité qui prime : « nous n’en sommes plus à vouloir des rosiers complétement résistants, mais plutôt des rosiers capables d’éviter les maladies » explique Fabrice Fouchet. « Nous mettons en place de nouvelles approches : nous travaillons sur la génétique mais aussi sur les pratiques culturales. Il faut développer ce que nous appelons une vision durable des résistances ». Accepter les tâches noires, ramasser les feuilles malades d’une année sur l’autre… autant de petits gestes qui, mis bout à bout, protégeront aussi efficacement nos beaux rosiers que les produits phytosanitaires.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Département(s) associé(s) :
Santé des plantes et environnement, Environnement et agronomie, Biologie et amélioration des plantes
Centre(s) associé(s) :
Pays de la Loire

Sciences participatives

Assurer la continuité entre jardins et laboratoires

Les chercheurs, afin de faire le lien entre les laboratoires et les jardins, récoltent des données également chez les particuliers. En effet, cela leur permet de confronter leurs données obtenues grâce à leurs tests en laboratoire avec celles des variétés des jardins d’amateurs avertis, mais aussi d’association, de particuliers… Un projet de sciences participatives a ainsi été lancé : Roz'enForm. Les particuliers peuvent ainsi utiliser l’application e-Phytia pour transmettre leurs observations et leurs données.