les forêts : développement ou conservation durable
?
Les forêts, héritages de
l'évolution
La biodiversité, un concept complexe
La gestion forestière : durable peut-être,
conservatoire pas encore
La conservation durable : les risques de malentendus, la
signification réelle
En conclusion
Références bibliographiques
Le développement durable n'est pas à proprement parler une
notion scientifique plus ou moins complexe. C'est un objectif que se choisit
une société. Selon la commission mondiale sur l'environnement
et le développement, " Le développement soutenable est un
développement qui répond aux besoins du présent sans
compromettre la capacité des générations futures de
répondre aux leurs " (CMED, 1988). Mais les besoins du présent
ne sont pas les mêmes pour tous, et les générations du
futur peuvent être imaginées de multiples manières. L'on
comprend alors que les économistes puissent concevoir un grand nombre
de modèles de développement durable, des sociétés
diverses pouvant chacune construire toute une palette d'objectifs
différents.
Evoquer les forêts dans ce contexte, sans plus de précaution,
c'est à coup sûr prendre le risque de s'enfermer dans un tissu
d'ambiguïté. De quelles forêts parlons-nous ? Le problème
peut-il être le même, en effet, pour les forêts de montagne,
les forêts méditerranéennes, la forêt des landes
de Gascogne, les forêts périurbaines, la forêt tropicale
humide de Guyane, les forêts de la Réunion, de la
Nouvelle-Calédonie ? Quel modèle de développement durable
constitue notre référence ? Quels rapports des hommes et des
forêts pouvons-nous imaginer dans le futur ? Ne seront-ils pas
conditionnés par l'évolution, plus générale,
des rapports des hommes à la nature, dont chacun sait qu'ils comportent
une dimension éthique essentielle (Blandin, 1993) ?
En France, un travail de fond a été engagé pour mettre
en oeuvre la Déclaration de principes forestiers adoptée
par la Conférence des Nations unies sur l'environnement et le
développement (CNUED) en 1992, à Rio-de-Janeiro, et les
résolutions de la seconde Conférence ministérielle pour
la protection des forêts en Europe qui s'est tenu à Helsinki
en juin 1993 (Barthod et Touzet, 1994.) Ces dernières définissent
les principes d'une gestion durable et d'une conservation de la diversité
biologique des forêts européennes. Le glissement terminologique
n'est pas anodin : il est question non plus de développement durable,
mais d'une gestion durable associée à une conservation de la
diversité biologique. Nul ne peut éviter de constater, à
la lecture de l'introduction au document établi par le gouvernement
français (Anonyme, 1994), que l'accent est mis, dans un esprit
d'auto-satisfaction indiscutable, sur le caractère déjà
durable des pratiques de gestion forestière développées
de longue date en France par les acteurs privés aussi bien que publics.
Bien entendu, une forte volonté de progression est affichée
et l'on affirme que : " la gestion et le développement durable des
forêts doivent être fondés sur un équilibre harmonieux
entre les préoccupations économiques, écologiques et
sociales des acteurs, avec le souci d'assurer une gestion "en bon père
de famille" " (Anonyme, 1994). Au terme d'une introduction évoquant
seulement et systématiquement la " gestion durable ", le rapprochement
subit de cette notion avec celle de développement durable surprend
; peut-être faut-il n'y voir qu'une concession à la terminologie
dominante, mais aussi la trace d'ambiguïtés conceptuelles
rémanentes : l'adoption d'un vocabulaire ne garantit pas la clarté
des idées. Les débats de la conférence d'Helsinki, tels
qu'ils sont évoqués par Barthod et Touzet (1994), ont d'ailleurs
illustré la diversité des points de vue quant à la
signification même de la gestion durable. La résolution H1,
qui donne pour la première fois une définition de la gestion
durable des forêts, est l'exemple même d'un compromis difficilement
obtenu ; elle présente en effet la gestion durable comme " la
gérance et l'utilisation des forêts et terrains boisés,
d'une manière et à une intensité telles qu'elles
maintiennent leur diversité biologique, leur productivité,
leur capacité à satisfaire, actuellement et pour le futur,
les fonctions écologiques, économiques et sociales pertinentes,
au niveau local, national et mondial, et qu'elles ne causent pas de
préjudices à d'autres écosystèmes ".
Le principe généreux de " l'équilibre harmonieux " entre
préoccupations économiques, écologiques et sociales
est depuis longtemps mis en avant comme fondement de la gestion forestière,
en particulier publique. Mais a-t-on jamais défini explicitement la
nature de cet équilibre, de cette harmonie ? La réalité
consiste plus vraisemblablement en la recherche d'un consensus, toujours
précaire, entre les acteurs sociaux aux aspirations toutes
légitimes, sans doute, mais nullement compatibles à
priori. Ces acteurs sociaux, culturellement différenciés,
ne peuvent cheminer vers un consensus qu'au prix d'évolutions culturelles
déstabilisantes, qui peuvent être vécues douloureusement,
notamment pour ceux qui, acteurs directs de la gestion, partagent une culture
à dimension technique fondant leur identité sociale.
Rapprocher, dans l'énoncé de principes, un objectif de gestion
durable et un objectif de conservation de la diversité biologique,
c'est d'abord une concession incantatoire à " l'air du temps ". Mais
l'irruption du concept de diversité biologique dans les discours ne
traduit pas nécessairement une perception juste et complète
de ce concept, ni, par conséquent, une claire vision de ce qu'implique
concrètement la conservation des réalités qu'il
désigne. C'est là où les acquis et les interrogations
des sciences biologiques et écologiques doivent être rappelés
pour que la réflexion puisse être fructueuse. Je me contenterai
ici d'évoquer quelques points importants.
[R] Les forêts, héritages de l'évolution
Les structures écologiques actuelles des forêts, les fonctionnements
de ces structures, la biodiversité qu'elles portent et entretiennent,
mais qui en même temps les compose, sont l'héritage d'une longue
histoire évolutive, qui, depuis des millions d'années, a
façonné les espèces, affiné en lentes
co-évolutions des interdépendances souvent subtiles,
élaboré la plasticité adaptative des espèces
et des systèmes écologiques. Cette dynamique évolutive
a été fortement influencée par des variations plus ou
moins cycliques des climats, dont les alternances du Quaternaire ne sont
que les récentes vicissitudes.
En comparaison, les activités humaines ne sont devenues sensibles,
dans le façonnage des forêts, que depuis bien peu de temps.
Comme l'écrit Carbiener (1991), " le mythe [...] qui prétend
que "la forêt a besoin de l'homme" pour bien fonctionner est non seulement
totalement dépourvu de bases scientifiques, mais constitue un contresens
". Les écosystèmes forestiers qui se sont développés
en Europe à l'issue de la dernière glaciation étaient
formés d'espèces ayant acquis, au cours de processus
évolutifs longs de dizaines de millions d'années, un fort dynamisme
et de puissantes capacités d'auto-renouvellement. En quelque 10 000
ans, les forêts se sont constituées partout en Europe, leurs
limites en altitude, dans les Alpes par exemple, se situant il y a environ
7 000 ans plus haut qu'aujourd'hui (Ozenda, 1985). Il est difficile d'imaginer
que les essences structurantes de ces forêts aient eu, au cours de
ces quelques milliers d'années, des difficultés à se
régénérer. Ne faut-il pas alors s'interroger sur les
problèmes de régénération que posent aujourd'hui
quelques-unes de ces essences dans le cadre de certains écosystèmes
d'origine anthropique : ceux-ci ne seraient-ils pas de médiocres
imitations des écosystèmes constitués avant le
développement des interventions humaines ? C'est en
réfléchissant au concept de biodiversité que l'on peut
sans doute mieux cerner ce problème.
[R] La biodiversité, un concept complexe
La conférence de Rio a fait de la biodiversité un enjeu
planétaire (Chauvet et Olivier, 1993) et des organisations internationales
comme le World Resources Institute, l'Union mondiale pour la nature et le
Programme des Nations unies pour l'environnement ont publié dès
1992 une stratégie mondiale de la biodiversité (WRI et al.,
1992). Le concept n'est pas simple, comme le montre son application aux
forêts. Il ne faudrait surtout pas le réduire au nombre plus
ou moins grand d'espèces ligneuses forestières inventoriables
à l'échelle d'une région ou du territoire national ;
la biodiversité, c'est bien autre chose. Un système
écologique forestier naturel, dans la diversité de sa composition
en espèces de toutes catégories (végétaux, animaux,
micro-organismes), dans la structure démographique de chacune des
essences, dans l'hétérogénéité de son
organisation spatiale, verticale et horizontale, exprime l'imbrication d'un
nombre immense de processus aux pas de temps extrêmement différents
: activités journalières, cycles saisonniers, dynamiques
séculaires des essences, déroulement de successions...
La biodiversité d'un système forestier ne peut donc se comprendre
qu'en considérant ses différents niveaux d'organisation.
Globalement, le système est formé d'une mosaïque
d'éco-unités représentant autant d'étapes du
cycle sylvigénétique, et variant aussi en fonction des conditions
stationnelles. Les structures d'interfaces, ou écotones, qui articulent
ces diverses unités sont elles-même d'une grande
variété. Le système peut également inclure des
écosystèmes non forestiers - pelouses, zones humides, etc.
- ayant des interactions plus ou moins fortes avec les unités
forestières environnantes. L'ensemble forme un écocomplexe
(au sens de Blandin et Lamotte, 1984) dont les entités constitutives
- éco-unités, écosystèmes, écotones, etc.
- forment la diversité écologique. Chaque entité est
elle-même composée de groupes d'individus (d'une ou plusieurs
espèces) jouant des rôles analogues dans le fonctionnement du
système ; ces groupes fonctionnels sont distribués dans
l'espace-temps selon des structures plus ou moins compliquées : la
diversité fonctionnelle s'exprime notamment par une diversité
structurale. Chaque groupe fonctionnel, enfin, en fonction du nombre des
espèces qui le compose, possède une plus ou moins grande
diversité spécifique. Les recherches en écologie
forestière démontrent de façon de plus en plus sûre
que cette biodiversité, à la fois écologique, fonctionnelle
et spécifique, est une condition indispensable à l'efficacité
fonctionnelle de l'écocomplexe forestier (Carbiener, 1991).
Quand on prend conscience de l'ensemble des réalités que recouvre
le concept de biodiversité, on conçoit aisément qu'un
objectif de gestion durable garantissant la conservation de la biodiversité
est sans doute plus facile à afficher qu'à mettre en oeuvre.
[R] La gestion forestière : durable peut-être, conservatoire pas encore
De façon générale, la gestion forestière tend à simplifier les structures et à raccourcir les cycles de régénération, prétendant imiter la nature mais surtout essayant de hâter son oeuvre, c'est à dire d'obtenir certains produits avec une vitesse de renouvellement plus élevée. On n'a pas toujours conscience de l'ampleur de cette simplification. En fait, la gestion traditionnelle, de façon variable selon ses modalités, tend à réduire la biodiversité par plusieurs voies, directes et indirectes. L'une des plus évidentes est la sélection d'" espèces-objectifs " et la marginalisation des autres espèces. Ceci a pour conséquence une simplification drastique des structures verticales, caricaturale dans les futaies régulières. La planification de la gestion conduit à l'homogénéisation des mosaïques à différentes échelles, donc à la réduction de la biodiversité horizontale des écocomplexes et à l'appauvrissement des écotones. La recherche de prélèvements les plus fréquents possibles se traduit par un abaissement des âges d'exploitation ; il en résulte la régression voire la disparition des classes d'âge élevé, donc la régression des composantes de la diversité fonctionnelle et de la diversité spécifique qui leur sont associées. L'enlèvement de masses importantes de bois tarit l'alimentation des voies naturelles de dégradation de la matière ligneuse, dont les agents sont par suite raréfiés. Les cycles biogéochimiques sont modifiés de façon considérable, comme le montre par exemple la dégradation du pouvoir épurateur des forêts alluviales anthropisées vis-à-vis des nappes phréatiques (Carbiener 1991). La convergence de ces divers phénomènes fragilise puis rompt de nombreuses interdépendances conduisant à leur tour à des pertes de diversité biologique, à la diminution de la probabilité d'auto-renouvellement des systèmes écologiques, donc, nécessairement, à l'intensification des interventions. L'on glisse plus ou moins vite du système écologique forestier à la plantation d'arbres, du foisonnement de la nature, ordre longuement construit par l'évolution à l'ordre du géomètre, inventé depuis peu. Et l'on en vient à dire, forcément, que la forêt a besoin des hommes.
[R] La conservation durable : les risques de malentendus, la signification réelle
La dynamique évolutive est faite, au long des cheminements de la vie,
de formations et de disparitions d'espèces : la vie n'a perduré
que par le changement des êtres vivants. Certains voudraient trouver
là une justification indiscutable à la réduction de
la diversité biologique consécutive au développement
de l'espèce humaine : des espèces ont toujours disparu ; pourquoi
dramatiser les disparitions dues aux hommes ? C'est bien sûr oublier
que le rythme actuel des disparitions est incomparablement plus rapide que
celui des crises évolutives les plus aiguës. On sait fort bien,
par exemple, que les vicissitudes climatiques du Quaternaire ont
considérablement réduit la richesse spécifique des
forêts européennes de la fin du Tertiaire ; mais les forêts
à peu près naturelles que l'on trouve ici et là sont
d'une richesse sans commune mesure avec celles dont les hommes se sont
occupés depuis peu de siècles, et leur fonctionnement est bien
plus intégré (Carbiener, 1991). Il est donc essentiel de comprendre
que la conservation de la biodiversité n'est pas d'abord un objectif
de " collectionneur ", mais un objectif opérationnel qui s'appuie
sur l'évidence, toujours mieux documentée par la recherche,
que la biodiversité, aux différents niveaux d'organisation
du monde vivant, a avant tout une signification fonctionnelle et
adaptative.
Dans ces conditions, la conservation durable recouvre en réalité
trois objectifs complémentaires. Il s'agit tout d'abord d'assurer
aux écosystèmes la durabilité de leurs processus
fonctionnels, par exemple de tous ceux qui concourent, de façon
différenciée et complémentaire, à l'optimisation
des cycles biogéochimiques ; les résultats d'un certain nombre
de recherches montrent que cette optimisation est étroitement liée
au niveau de diversité spécifique, structurale et écologique
des complexes forestiers (Carbiener, 1991). Il s'agit ensuite de conserver
des potentialités maximales d'évolution, ce qui implique d'assurer,
pour un maximum d'espèces, le plus possible de diversification
génétique, donc la plus grande diversité possible de
conditions abiotiques et biotiques d'existence, en favorisant notamment la
diversité des systèmes d'interactions biotiques, condition
nécessaire à la diversification des processus co-évolutifs.
On perçoit là toute l'importance des réseaux de sites
conservatoires consacrés, sur des superficies importantes, au maintien
d'écocomplexes variés assurant la régénération,
pour le plus grand nombre d'essences possibles, de larges palettes
d'écotypes. Il s'agit enfin d'assurer le plus longtemps possible la
survie des espèces en risque d'extinction, même si l'on croit,
à tort peut-être, qu'elles sont " inutiles " en terme d'optimisation
des fonctionnements écologiques et de potentialités
d'évolution. Mémoires de l'évolution irremplaçables,
elles ont à ce seul titre une valeur culturelle absolue.
Il est légitime d'entendre par gestion et développement durable
des forêts l'itération, à très long terme, de
l'ordre du géomètre. C'est un point de vue. Ce n'est pas le
seul. S'il apparaissait socialement souhaitable que complexité et
biodiversité des forêts soient elles-mêmes reconduites
à très long terme, l'objectif serait bien alors celui d'une
conservation durable : ne point figer l'évolution, ne pas amoindrir
son oeuvre, lui maintenir ouverts le plus possible de cheminements. Quand
on sait le caractère appauvri des forêts européennes
du fait des gestion mises en oeuvre jusqu'à aujourd'hui, on ne peut
que s'interroger lorsque Barthod et Touzet (1994) semblent se satisfaire
à peu près de la résolution H1 d'Helsinki, sous
prétexte que son résultat est " compatible avec les grands
principes de la tradition forestière française ". Certes,
l'état des forêts françaises est souvent plus satisfaisant
que celui de bien d'autres forêts européennes ; pourtant, qu'il
s'agisse des taillis, des taillis sous futaie si bien ordonnés, nos
forêts ne sont cependant trop souvent que des écocomplexes
amputés, infirmes, fragiles. La simple reconduction dans l'avenir
des pratiques de gestion issues de la tradition ne saurait donc même
pas garantir le maintien de la biodiversité subsistant aujourd'hui.
De ce fait, le risque n'est pas nul de voir promu un objectif de gestion
durable des forêts qui, faute d'une prise en compte sérieuse
des données scientifiques, ne satisferait pas les objectifs de
conservation de la biodiversité. Il serait cependant dangereux d'opposer
développement durable et conservation durable. Il est au contraire
souhaitable d'approfondir la réflexion en prenant en compte,
conjointement, ces deux approches. En France, des pas significatifs sont
faits dans ce sens ; en témoigne par exemple la publication récente,
par l'Office national des forêts, d'une instruction et d'un guide pour
la prise en compte de la diversité biologique dans l'aménagement
et la gestion forestière (ONF, 1993 a,b). Encore faut-il que les principes
s'inscrivent dans l'action quotidienne ; encore faut-il que des orientations
analogues soient aussi envisagées et mises en oeuvre dans le cas des
forêts privées.
Concrètement, un consensus est à trouver pour chaque forêt,
en considérant l'histoire particulière dont elle est aujourd'hui
l'étape et en réfléchissant aux contextes humains futurs
dans lesquels pourraient s'inscrire ses devenirs. Il restera alors à
se donner les moyens de contrôler que les objectifs fixés, y
compris en matière de biodiversité, soient atteints de façon
durable. Le problème est techniquement délicat (Blandin et
Luce, 1994) et il est nécessaire de mener des recherches finalisées
conduisant à la mise au point de protocoles standardisés de
surveillance de la biodiversité. C'est là, assurément,
l'un des aspects les plus difficiles de la mise au point d'indicateurs de
gestion durable.
En tout état de cause, si l'on veut créer les conditions d'une
conservation durable de la biodiversité des écocomplexes
forestiers, il est urgent de mettre en place des réseaux de réserves
forestières, chacune ayant une superficie suffisante pour assurer
une diversité écologique, fonctionnelle et spécifique
durable. De ce point de vue, la seule prise en compte d'une superficie minimale
compatible avec le déroulement complet du cycle sylvigénétique
(des surfaces de moins de 100 ha sont souvent évoquées) est
notoirement insuffisante, car elle omet les besoins des populations animales,
y compris de nombreux insectes, qui nécessitent des superficies sans
doute au moins dix fois plus grandes sans parler des besoins des grands
vertébrés. La conservation durable de la diversité
biologique implique en effet non seulement des considérations
qualitatives, mais aussi la prise en compte du fonctionnement démographique
des espèces, quelles qu'elles soient. Et lorsque les données
sûres manquent, les décisions doivent être prises en tenant
compte le plus possible du principe de précaution : la biodiversité
a besoin d'hommes raisonnables .
P. Blandin est professeur au Muséum national d'histoire naturelle, membre de la Commission française du développement durable, président du Comité français pour l'UICN
[R] Références bibliographiques
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