systèmes de grande culture intégrés
principes et outils de conception, conduite et
évaluation
par Jean-Marie Nolot
INRA, domaine expérimental d'Auzeville,
BP 27, 31326 Castanet-Tolosan cedex
jmnolot@toulouse.inra.fr
Un profond changement de contexte : vers des systèmes
intégrés et flexibles
Côté " recherche
agronomique "
Conception d'un système de culture - les 3 systèmes
étudiés
Éléments d'évaluation des trois
systèmes de culture étudiés
Conclusions : intégrer connaissances et
méthodes...
Encadré1: Quelques définitions
Encadré 2 : Le sol d'Auzeville
Encadré 3 : Exigeant en eau, le maïs
Encadré 4 : Critères d'évaluation choisis
sur le dispositif
Encadré 5 : bilH-bilN
Encadré 6 : La variante " rotation fixe "
Encadré 7 : effet succession de culture
Sont présentés ici le contexte socio-économique de sa mise en place, la démarche originale suivie, les 3 systèmes conçus et conduit, et quelques résultats.
[R] Un profond changement de contexte : vers des systèmes intégrés et flexibles
La rupture qu'introduit la nouvelle PAC (1991) dans le contexte
socio-économique de la grande culture peut se résumer en 3
points : chute des prix, apparition de contraintes environnementales,
segmentation du marché en filières " qualité ".
La chute brutale des prix (de presque 50%, à peu près
compensée par une aide à l'hectare) incite à réduire
les charges opérationnelles (à extensifier), ce qui permet
d'augmenter significativement la surface par travailleur. La mouvance de
la réglementation agri-environnementale et des aides appelle une
capacité d'adaptation rapide. Avec les filières
" qualité ", enfin, une nouvelle céréaliculture
diversifiée se développe sur la base contractuelle de multiples
cahiers des charges, combinant obligation de moyens et/ou obligation de
résultats.
Dans ce nouveau contexte en recherche d'équilibre, en attendant le
cadre clair d'un nouveau contrat social entre la société et
son agriculture, les systèmes de grande culture doivent être
intégrés et flexibles, intégrés parce qu'ils
devront satisfaire un compromis acceptable entre les objectifs de
rentabilité, maintien de la fertilité et respect de
l'environnement, flexibles pour une adaptation rapide au contexte fluctuant
et diversifié.
[R] Côté " recherche agronomique "
Ce contexte crée une demande nouvelle de conception
et évaluation de nouvelles façons de produire, et incite
à un profond changement de démarche. Dans le contexte
précédent, stable et favorable au productivisme, le système
de culture se réduit souvent à une succession de cultures et
de pratiques culturales standardisées par l'intensification (qui gomme
la diversité des milieux), et se valide par expérimentation.
Dans le contexte actuel, instable et diversifié, l'expérimentation
est impuissante à tester toute la gamme des systèmes de culture
envisageables, et à apporter ses réponses avant que le contexte
ne soit déjà différent...
Maintenant donc, plus qu'un système de culture " clé en
main ", l'agriculteur doit attendre de son conseiller les méthodes
et outils pour concevoir, conduire et évaluer par lui-même le
système de culture le mieux adapté à sa situation
(disponibilité et mode d'organisation des facteurs de production).
Et l'objectif scientifique de conception-conduite-évaluation de
systèmes de culture revient alors à formaliser la démarche
qui permettra à l'agriculteur de convertir tout ensemble
spécifié d'objectifs et contraintes en un ensemble cohérent
de règles de décision, et à élaborer les outils
qui lui permettront de les mettre en uvre et de les évaluer.
[R] Conception d'un système de culture - les 3 systèmes étudiés
Pour lancer une démarche générique de construction
- conduite de systèmes de grande culture, pour concevoir des
outils (modèles et indicateurs) pour l'accompagner et
pour identifier les informations nécessaires (connaissances
agronomiques, variables de milieu, contraintes organisationnelles), nous
avons choisi pour cadre concret une gamme de 3 situations (contextes) assez
représentative de la réalité, particulièrement
en Midi-Pyrénées.
Sur le dispositif expérimental SGCI d'Auzeville, afin de valider et
affiner par itérations successives l'ensemble de la démarche,
nous avons construit et conduit pendant huit ans 3 systèmes
qualifiés de : A, productif propre ; B, extensif
technique ; et C, rustique simple.
Pour concevoir un système de culture, la démarche suivie peut
se décomposer en 4 temps :
1) préciser l'ensemble d'objectifs et contraintes à satisfaire
(contexte et cahier des charges) ;
2) exprimer une stratégie agronomique " candidate ",
inspirée par le cahier des charges ;
3) spécifier un ensemble intégré de règles
de décisions ;
4) et une démarche d'auto-évaluation.
Un changement de contexte (prix, primes, réglementation...) ou le
diagnostic de choix techniques inappropriés amènent naturellement
à ajuster ou même à reconstruire le système
(flexibilité).
Contexte et cahier des charges : une gamme de ressource
en eau et main d'uvr
Le contexte précédemment décrit justifie
que les 3 systèmes suivent l'objectif commun d'intégration
(rentabilité, maintien de la fertilité, respect de
l'environnement), de flexibilité et d'auto-évaluation.
Ils ne sont différenciés au départ que par le niveau
de ressource en eau et en main-duvre :
A ne manque ni d'eau d'irrigation, ni de main-d'uvre :
il consomme jusqu'à 240 mm en cultures d'été, il est
pratiqué dans une exploitation de quelque 80 ha par UTH (unité
travail homme), où la grande culture est l'activité
principale ;
en B, l'eau et la main-duvre sont moyennement
limitants : irrigation limitée à 120 mm en culture
d'été, chaque UTH cultive environ 160 ha de grande culture,
la grande culture est l'activité principale ;
C est cultivé en sec, et la main-duvre y est peu
disponible : par exemple, l'agriculteur est pluriactif, la grande culture
n'est pas sa première préoccupation, il a souvent recours à
l'entreprise.
Stratégie proposée : productivité, rationnement
ou esquive des problèmes.
Les 3 systèmes sont " raisonnés " : chacun
doit assurer une cohérence durable entre les états de milieu
et de culture et les interventions techniques qu'il est en mesure d'assurer,
en tirant profit des synergies possibles entre choix techniques et en
gérant des compromis entre leurs effets contradictoires.
À chaque niveau de ressource en eau et en main-duvre,
on associe un objectif de rendement (ou un écart au rendement potentiel
du lieu), ce qui donne une base de raisonnement et explicite le degré
d'extensification choisi.
Sur les cultures et variétés les plus productives
(éventuellement tardives et fragiles), A vise le rendement
potentiel ou une qualité particulière et satisfait
donc le besoin de la culture en eau, fertilisation et protection, mais sans
majoration d'assurance sur les intrants (qui ne serait ni rentable, ni
respectueuse de l'environnement).
Pour réduire globalement le besoin en eau et protection, les charges
opérationnelles et le temps de travail, B choisit des cultures
moins gourmandes et les rationne (on freine la mise en place du couvert
végétal, on ne vise donc pas le rendement potentiel), mais
il faut rationner juste pour assurer un bon compromis productivité/charges
(régularité de rendement et qualité, maîtrise
de l'itinéraire technique).
En plus de rationner (objectif de rendement réduit), C
doit esquiver les problèmes, en choisissant des successions sans risque
et des cultures à petits besoins (ou tolérantes à des
besoins insatisfaits), tout en maintenant sur la durée la fertilité
du milieu (fertilité chimique NPK azote, phosphore,
potassium matière organique, structure du sol, stock
d'adventices, risque sanitaire).
Règles de décision : spécifier les choix techniques
en toute circonstance envisagée
Les décisions se prennent en 2 temps successifs. En
début de campagne, on se fixe des objectifs de production (espèce,
variété, date de semis, succession de cultures, objectif de
rendement et objectifs intermédiaires). Puis, au fur et à mesure
du déroulement de la campagne, en temps réel, se déroule
l'itinéraire technique qui s'adapte aux particularités de
l'année et de la parcelle (climat, indicateurs d'états du sol
et de la culture).
Début de campagne
(septembre en culture d'hiver, février en culture
d'été) : choix de culture...
Une combinaison culture-variété-période de semis-succession
est jugée possible si on sait en simulation lui associer un
itinéraire technique et un résultat technico-économique
satisfaisant le cahier des charges.
Parmi les cultures possibles, on choisit les meilleures dans le contexte
économique du moment (prix et aides...) et sous contrainte de succession
de cultures (risques agronomiques) et d'organisation du travail (pointes
de travaux, concurrences). Ce choix fixe l'assolement et le cadre de conduite
de chaque culture.
Les choix les plus fréquents sur notre dispositif et, en dessous,
les objectifs de production associés sont présentés
dans lencadré ci-contre.
" En temps réel "
(selon l'état du sol et de la végétation) : choix
de travail du sol, densité de semis, protection sanitaire, azote,
irrigation, récolte
Ces choix sont raisonnés sur l'état du sol et de la culture,
observé ou simulé en temps réel en A et B,
plus prévu en C (économie d'observation) : la
même règle de décision pour les 3 systèmes amène
évidemment des choix bien différenciés selon les choix
" de début de campagne " (moins d'adventices en semis tardif,
moins de maladies avec variété rustique et rationnement par
l'azote et la densité, meilleure structure du sol en système
peu irrigué, fournitures du sol en azote très liées
à l'histoire culturale...).
Sur les 3 systèmes, les pailles sont enfouies.
Nos sols argileux de structure fragile motivent pour les cultures
d'été sous-solage (après céréales) et
labour d'automne (effet structurant de l'hiver) : nous n'avons donc
pas pratiqué de cultures intercalaires (difficiles à mettre
en uvre dans ce cas), mais ce choix ne doit évidemment pas
être interprété comme un désintérêt
pour les techniques culturales simplifiées (TCS) et les cultures
piéges à nitrate (CIPAN).
Démarche d'auto-évaluation : pour juger
par soi-même de la validité de ses choix
techniques
Évaluer un système de culture, c'est confronter ses résultats
aux exigences du cahier des charges.
Ce travail revient en priorité à l'agriculteur, le mieux
placé pour apprécier les circonstances pédo-climatiques
et organisationnelles de ses choix techniques, interpréter le
résultat particulier obtenu sur chacune de ses parcelles et ainsi
contester, valider ou améliorer ses choix techniques : c'est
pourquoi la démarche d'auto-évaluation peut faire partie de
la définition du système de culture.
L'évaluation se fait dans 3 axes de nature différente :
il s'agira plus d'apprécier si le compromis entre ces 3 axes
est acceptable que d'optimiser une fonction d'utilité les
combinant :
1) Pour l'évaluation
technico-économique, on dispose de critères
quantifiés à l'échelle de la parcelle :
il s'agit d'apprécier si l'usage du facteur de production le plus
limitant (surface, main duvre) a dégagé la meilleure
rentabilité, sous contrainte de respect du cahier des charges (doses
d'intrants, qualité de récolte...).
2) L'évaluation organisationnelle apprécie plus
qualitativement la faisabilité des règles de décision
à l'échelle de l'exploitation (pointes de travaux, jours
disponibles, adéquation du matériel).
3) Par l'analyse dynamique des états du sol et de la culture,
l'évaluation agri-environnementale permet d'interpréter
le résultat en comprenant l'effet année, d'apprécier
l'état du milieu laissé à la culture suivante
(fertilité) et les risques de pollution encourus à l'échelle
du bassin versant.
Ensemble intégré d'outils et de
méthodes : pour gérer le système d'information
La mise en uvre de la démarche décrite dans les 4 points
précédents fait appel à 3 types d'actions.
1) Simuler l'itinéraire technique sur une gamme de climat (et
de sol), pour en apprécier l'intérêt et la
faisabilité.
2) Moduler les choix techniques en temps réel par l'observation
ou la simulation d'indicateurs d'états.
3) Porter un diagnostic a posteriori pour juger
et ajuster les règles de décision appliquées.
La gestion des informations mobilisées par ces 3 types d'actions fortement
imbriquées requiert un ensemble intégré, cohérent
et simple d'usage d'outils et de méthodes d'aide à la
décision.
Dans les 3 systèmes étudiés, l'agriculteur a accès
aux avertissements agricoles (Service de la protection des végétaux
- SPV) et aux informations techniques (variétés, produits
phytosanitaires) éditées par le développement
agricole.
L'usager de modèles d'aide à la décision doit pouvoir
à tout moment confronter simulations et observations de tour de plaine
et, ainsi, faire l'apprentissage de l'outil (paramétrage) et orienter
son observation.
Les 3 systèmes étudiés mettent une priorité sur
la maîtrise des facteurs eau (ressource
± limitée), azote (premier
levier de contrôle du rationnement) et résultat
technico-économique.
[R] Éléments d'évaluation des trois systèmes de culture étudiés
Juste 3 points - agronomique, technico-économique,
agri-environnemental - pour illustrer les démarches
d'évaluation mises en uvre et apporter quelques résultats
obtenus sur le dispositif expérimental SGCI d'Auzeville.
Validité de la stratégie de rationnement et d'esquive :
nécessité du diagnostic
Cette évaluation se fait par l'observation des effets
des interactions entre date de semis, densité, azote et irrigation
sur la mise en place et le développement de la culture, le
développement des maladies et l'élaboration du rendement. La
validité de la stratégie de rationnement et d'esquive a
été globalement vérifiée sur l'ensemble des
cultures : réduire azote et densité concourt bien à
réduire maladies et besoin en eau ; semer tard réduit
bien adventices et maladies - mais augmente le risque de
sécheresse.
Nous n'apportons ici qu'une illustration de ce travail de diagnostic agronomique
choisissant lexemple du tournesol durant 2 années à forte
pression de phomopsis. Le tableau ci-dessous décrit les itinéraires
techniques étudiés et indique, pour chacun d'eux, le pourcentage
de tiges atteintes par le phomopsis.
| campagne | 2000 | 2001 | |||||||||||
| itinéraire technique | B | B_nt | C | C_st | B | B_nt | C | ||||||
| précédent | sorgho irrigué | sorgho sec | blé dur | sorgho irrigué | sorgho sec | ||||||||
| variété | mélody | albéna | mélody | ||||||||||
| date de semis | 22/04 | 22/04 | 3/05 | 17/04 | |||||||||
| densité (grains/m2) | 6,7 | 5,4 | 6,6 | 5,.5 | |||||||||
| objectif rendement (q) | 39 | 27 | 39 | 27 | |||||||||
| azote (unités) | 122 | 63 | 19 | 118 | 51 | ||||||||
| irrigation (mm) | 81 | 0 | 64 | 0 | |||||||||
| fongicide | 1 | 0 | 0 | 1 | 0 | 0 | |||||||
| rendement à 9% (q) | 42 | 32 | 28 | 32 | 36 | 20 | 18 | ||||||
| Phomopsis (% des tiges) | 40 | 85 | 57 | 32 | 4 | 20 | 58 | ||||||
En 2000, un même état sanitaire acceptable est obtenu en B
avec un traitement fongicide et en C_st avec la stratégie
intégrée de rationnement (-25% de symptômes en
réduisant azote et densité de semis) et d'esquive (-25% en
retardant le semis) : comme les années précédentes,
cette stratégie semble bien validée.
Mais ce résultat est contredit en 2001, C étant le plus
malade, avec un résultat technique assez désastreux
(18 q) : en fait, cette année, dans un premier temps, la
parcelle C (bien structurée et qui a reçu tout son azote
au semis) était plus poussante que la parcelle B (de structure
dégradée et pour laquelle le principal apport d'azote est
retardé avant la première irrigation) ; avec une attaque
de phomopsis particulièrement précoce, c'est donc paradoxalement
B qui vérifie l'intérêt du rationnement. En
C, il fallait ici semer plus tard ou traiter.
Évaluation technico-économique (regroupement
1996-2001)
Le dispositif expérimental SGCI
combine :
3 systèmes de culture A, B et C ; 2 variantes
F et R ; et 4 répétitions.
Sur la variante flexible F (12 parcelles), le choix
des cultures s'est fait chaque année selon le contexte
socio-économique et l'état du milieu dans la logique de chaque
système : sur les 8 ans, blé dur (ABC), tournesol
(C) et soja (AB) ont dominé.
Les systèmes étudiés ont été
assez stables sur 6 ans (pas de dérive nette de contexte économique,
ni d'états du milieu) pour autoriser les regroupements suivants (tableau
ci-dessous) des résultats annuels, par systèmes puis cultures.
| données techniques | charges f/ha | produits f/ha | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| nb | rdt | N | eau | TW | ChM | ChO | sem | fert | pest | PB | aidC | MD | MD0 | ||||||||||||||||||||||||||||||||
| système de
culture : les 3 systèmes sont bien discriminés sur
données techniques, charges et...
aidC. Sans différentiel d'aide, ou par heure travaillée TW, C est nettement en tête. |
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| A | 48 | 92% | 87 | 87 | 12,7 | 1 954 | 2 124 | 552 | 340 | 799 | 5 255 | 3 689 | 4 600 | 916 | |||||||||||||||||||||||||||||||
| B | 48 | 88% | 79 | 58 | 11,9 | 1766 | 1735 | 431 | 340 | 677 | 4 747 | 3658 | 4684 | 1 026 | |||||||||||||||||||||||||||||||
| C | 48 | 75% | 50 | 0 | 9,0 | 1 341 | 1 154 | 403 | 227 | 521 | 4 105 | 2 835 | 4 246 | 1 412 | |||||||||||||||||||||||||||||||
| blé dur :
la meilleure MD est obtenue en B (ou A). C a
connu de gros problèmes de rouille brune (Néodur) ou
qualité (Néfer trop mitadiné a été
déclassé en blé fourrager), ou été contraint
à la culture de blé tendre. Le blé a profité des précédents pois (ABC) et tournesol (C), mais a souffert du précédent soja (AB). |
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| A | 16 | 63q | 141 | 5 | 9,6 | 1 232 | 1 904 | 357 | 509 | 1 009 | 5 083 | 3 619 | 5 307 | 1 688 | |||||||||||||||||||||||||||||||
| B | 16 | 57q | 118 | 6 | 9,0 | 1 169 | 1 543 | 283 | 468 | 757 | 4 682 | 3 613 | 5 348 | 1 735 | |||||||||||||||||||||||||||||||
| C | 16 | 50q | 73 | 0 | 7,3 | 1 023 | 1 259 | 312 | 322 | 623 | 3 997 | 3 401 | 4 908 | 1 507 | |||||||||||||||||||||||||||||||
| pois : en A après soja, le pois de printemps Baccara est plus aléatoire que Victor-Cheyenne de B et C semés en décembre après tournesol. C ne profite pas de l'aide compensatoire à l'irrigation. Sans le levier azote, le rationnement de C n'est pas assez maîtrisé pour esquiver les maladies. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| A | 10 | 47q | 2 | 45 | 12,8 | 2 030 | 1 531 | 421 | 146 | 739 | 4 043 | 3 794 | 4 087 | 293 | |||||||||||||||||||||||||||||||
| B | 8 | 48q | 0 | 23 | 12,4 | 1 909 | 1 334 | 265 | 178 | 771 | 3 991 | 3 836 | 4 395 | 559 | |||||||||||||||||||||||||||||||
| C | 6 | 38q | 0 | 0 | 10,3 | 1 591 | 998 | 233 | 168 | 596 | 3 238 | 2 627 | 3 122 | 495 | |||||||||||||||||||||||||||||||
| maïs A sorgho BC : le meilleur PB (le maïs) est loin d'apporter la meilleure MD. C sans aide à l'irrigation est bien en tête. C profite à Auzeville d'un sol profond, et les 3 systèmes d'un précédent blé favorable. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| A | 10 | 122q | 190 | 193 | 17,8 | 2813 | 2 996 | 885 | 656 | 484 | 7520 | 2 848 | 4 084 | 1 236 | |||||||||||||||||||||||||||||||
| B | 8 | 88q | 132 | 108 | 14,9 | 2263 | 1 683 | 488 | 450 | 200 | 5522 | 2 878 | 4 100 | 1 222 | |||||||||||||||||||||||||||||||
| C | 10 | 80q | 60 | 0 | 11,2 | 1660 | 841 | 465 | 283 | 84 | 4951 | 1 661 | 3 790 | 2 129 | |||||||||||||||||||||||||||||||
| soja : gros problème de sclérotinia en A varianteF, évité ailleurs par le rationnement en eau (B), la longueur de la rotation ou... une structure du sol dégradée (A rotation fixe). Le soja est la culture la plus soutenue. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| A | 12 | 36q | 0 | 139 | 12,6 | 2 136 | 2 181 | 642 | 12 | 829 | 4 604 | 4 374 | 4512 | 138 | |||||||||||||||||||||||||||||||
| B | 10 | 39q | 11 | 97 | 13,1 | 2 092 | 2 082 | 664 | 141 | 789 | 4 951 | 4 623 | 5241 | 618 | |||||||||||||||||||||||||||||||
| tournesol : le précédent sorgho est peu favorable (profil de sol, dose d'azote), surtout en B. En C, le semis parfois plus tardif et le rationnement en azote ont le plus souvent limité le phomopsis... | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| B | 6 | 37q | 119 | 105 | 13,5 | 1957 | 2271 | 579 | 389 | 778 | 4555 | 2968 | 3143 | 175 | |||||||||||||||||||||||||||||||
| C | 14 | 31q | 46 | 0 | 8,9 | 1340 | 1247 | 475 | 149 | 636 | 3792 | 2956 | 4037 | 1081 | |||||||||||||||||||||||||||||||
Évaluation agri-environnementale : encore des problèmes
de choix de méthode
Les trois systèmes sont ici évalués par le calcul d'indices
agri-environnementaux (méthode INDIGO de l'INRA, centre de Colmar)
sur les campagnes 1999 et 2000, variantes R " rotation fixe ".
Le graphe ci-dessous présente la valeur prise par chaque système
de culture sur les 8 indices calculés. Les valeurs supérieures
à 7 sont considérées comme satisfaisantes.

IEn, l'indice bilan d'énergie, est bon en C malgré
le niveau élevé de travail du sol. Le coût
énergétique de l'azote et de l'irrigation pénalise
A et B. Au quintal produit, le rendement énergétique
des 3 systèmes est cependant comparable.
IIrr, l'indice d'irrigation, est acceptable parce que l'irrigation
est raisonnée sur le besoin en eau de la culture. Il n'y a pas de
bonification appréciable pour le rationnement poussé de
B.
IPhy, l'indice d'usage des produits phytosanitaires, est presque
acceptable dans les 3 systèmes qui utilisent des produits peu toxiques
en respectant les doses avec un pulvérisateur en bon état.
IN, l'indice azote, est insatisfaisant dans les 3
systèmes : IN pénalise fortement le sol nu en hiver sans
nuance de profondeur de sol et type de succession de cultures.
IP, l'indice phosphore, est à peine satisfaisant,
la fumure pratiquée ne suffisant pas au maintien de la fertilité
du sol (ce que l'analyse de sol a confirmé). A, qui reçoit
la même fumure et exporte plus que B et C, est un plus
pénalisé.
IMo, l'indice de matière organique, n'est pas bon du
fait de la pratique du labour (dilution) et de l'irrigation (minéralisation
plus rapide). A limite la chute par un volume élevé
de pailles restituées.
ISC, l'indice de succession de cultures, est à peine
suffisant parce que la succession tournesol ou soja-pois comporte un risque
sanitaire élevé (risque non vérifié) : de
telles normes devront être régionalisées.
IAs, l'indice d'assolement, est excellent avec 4 cultures (et
forfaitairement 20% de prairie en gel fixe).
Avec INDIGO, IN juge sévèrement les trois systèmes
alors que le raisonnement de l'azote est au cur de leur conduite :
pour approfondir cette question, examinons ce que " dit " le
modèle bilH-bilN utilisé pour simuler la pollution nitrique
- regroupement de 1995 à 1999 (tableau
ci-contre).
NO3, la teneur en nitrates de l'eau percolée, est
calculée en diluant NLt l'azote perdu par lessivage en un an
dans less la lame d'eau drainée ; reh reliquat
d'azote minéral entrée hiver, fum apport d'azote et
IC durée de l'interculture (sol nu) sont des variables
explicatives.
En moyenne, les 3 systèmes aboutissent à des résultats
peu différents, avec une teneur en NO3 en dessous de la
norme de 50 ppm. Ceci s'explique évidemment par le fait que la
fumure azotée, même en A, n'a jamais été
excessive.
Entre 1996 (année sèche) et 1999 (année humide), on
voit que l'effet année est bien plus important.
L'effet succession de culture (classement NO3 décroissant)
est le plus significatif : le pois laisse beaucoup de reliquats, que
le blé (pourtant le meilleur choix de culture suivante) exploite
imparfaitement. Puis se pose le problème des intercultures longues
(en sol nu)...
[R] Conclusions : intégrer connaissances et méthodes...
Les systèmes étudiés et le contexte
de la grande culture
Il est entendu que les résultats de l'essai SGCI sont indissociables
du milieu d'Auzeville et du contexte passé. On peut cependant en tirer
quelques conclusions pratiques et générales, en prenant
ABC pour représentants de 3 attitudes types en grande
culture : productivisme, extensification, simplification.
Au résultat économique, le système A productif
propre, normalement en tête en produit brut et marge brute, fait à
peine jeu égal avec B extensif sur le critère de marge
directe par hectare.
Et c'est même C rustique qui serait en tête si A
et B n'avaient profité d'une aide supplémentaire à
l'irrigation.
Sur le graphique ci-contre, on note que toute augmentation de prix de
récolte est bien sûr favorable à l'intensification, et
que, sans aide supplémentaire à l'irrigation, A,
B et C seraient assez équivalents avec un prix du quintal
majoré dun tiers (situation repérée par
*).
Ce résultat très en faveur de l'extensification
se vérifie sur toutes les espèces de grande culture
étudiées : le meilleur résultat économique
serait apporté par un système mixte BC, selon les niveaux
d'aide et de tolérance de la qualité au rationnement de la
culture. Il est clair aussi que ce contexte n'est pas directement favorable
à la création d'emploi en grande culture.
C'est aussi en A que les principaux problèmes agronomiques
ont été rencontrés : dégradation de la structure
du sol avec l'irrigation, problème de sclérotinia en soja.
Dans le contexte actuel, la conduite A des grandes cultures n'a plus
lieu d'être et, en situation de disponibilité en eau et main-
duvre, il serait justifié de faire évoluer ce
système vers des productions de qualité particulière
et de prix élevé. Que A évolue vers l'agriculture
biologique (système à forte obligation de moyens, exigeant
en temps d'observation, nombre et qualité des interventions culturales)
serait donc paradoxalement assez raisonnable...
Sur la période d'étude, le différentiel d'aide compensatoire
entre cultures a favorisé soja et blé dur. Une aide compensatoire
unique aurait, en revanche, pénalisé l'ensemble des
oléo-protéagineux. Prime de diversification, diversification
de filières qualité seront-elles suffisantes pour dissuader
la pratique de systèmes peu agronomiques, tendant vers des rotations
très courtes ou des monocultures ?
Coté environnement, avec des interventions raisonnées, les
3 systèmes paraissent assez équivalents. Et le risque
d'interventions mal ciblées est en fait plus élevé en
B et en C, du fait du manque de temps pour observer (C)
et/ou intervenir juste au bon moment (B).
Sur notre dispositif expérimental, les systèmes étudiés
ont privilégié la contrainte eau et le levier
de rationnement azote (sauf en légumineuse) : plus efficace
et mieux contrôlé que date et densité de
semis, le rationnement par l'azote pose encore problème s'il s'agit
de maîtriser la teneur en protéine du grain (blé dur)
et questionne sur l'intérêt de nouveaux types variétaux
" bas-intrants " assurant une qualité acceptable
sous conduite rationnée en azote (ce besoin s'exprime en agriculture
biologique).
Le dispositif n'a, par contre, pas suffisamment approfondi les questions
de protection intégrée (adventices, parasites, maladies) et
de simplification du travail du sol, pourtant centrales dans la gestion des
systèmes de grande culture...
Le temps d'observation des cultures (" tours de plaine " de
l'ordre de 3 heures par parcelle et par an sur le dispositif) n'a pas
été comptabilisé avec le temps de travail : le
tour de plaine s'organise en effet à l'échelle de l'exploitation,
sa durée fluctue beaucoup avec la diversité de l'assolement,
l'occurrence des problèmes et l'homogénéité
supposée du milieu, et il est contestable de chercher à l'exprimer
par hectare...
La démarche : expérimentations et modèles,
échelles de travail
À partir de l'analyse du contexte de la grande culture (instable et
en cours de segmentation), il nous a semblé que la durabilité
des systèmes de culture devait passer par leur adaptation continue,
ce qui fait évoluer l'idée de conception de systèmes
de culture innovants vers celle de systèmes dynamiques capables
d'intégrer en continu les spécificités locales, les
changements de contexte socio-économique ou les innovations techniques.
Formation et développement agricole ont à co-construire de
tels systèmes avec l'agriculteur qui les pilotera. Le dispositif SGCI
d'Auzeville, réfléchi comme un lieu concret d'élaboration
de cette démarche originale, n'a évidemment pas épuisé
les questions méthodologiques qu'elle pose.
Sur notre dispositif expérimental, à l'échelle du
système de grande culture, on a pu apprécier la forte
généricité possible des règles de décisions,
outils (modèles) de conduite et méthodes d'évaluation,
et confirmer l'importance du raisonnement de la succession de cultures. Mais
le travail d'intégration des connaissances et méthodes disponibles
en un seul outil de conduite de l'atelier grande culture reste à faire,
ce que l'organisation du conseil agronomique en filières ou en disciplines
ne facilite pas. Et l'idée d'autoévaluation, attachée
à celle de gestionnaire responsable de son système de culture,
manque encore d'outils et méthodes explicitant l'adaptation et la
validation des objectifs et des règles de décision qu'elle
doit permettre...
Pour aborder la question de la durabilité de la grande culture,
bien qu'encore imparfaitement maîtrisée, l'échelle
" système de culture " (la parcelle cultivée)
s'avère cependant maintenant insuffisante. En effet, pour raisonner
l'organisation et l'affectation des facteurs de production et pour gérer
les concurrences entre parcelles (fortes en systèmes extensifs), il
faut aller à l'échelle de l'exploitation, et pour gérer
et évaluer la durabilité des systèmes de production
agricoles, c'est l'échelle territoire qui convient (bassin versant,
bassins de collecte, d'emploi, terroirs...).
Il serait cependant dommage que le nouveau contexte de recherche de
développement durable ou traçabilité des pratiques agricoles
amène à court-circuiter l'échelle du système
de culture, à laquelle se pratique le diagnostic agronomique toujours
nécessaire si l'on veut comprendre ce qui s'est passé, raisonner
les changements de pratiques dans la diversité des milieux et contextes,
et en prévoir les conséquences, plutôt que de poursuivre
exclusivement dans la voie de la normalisation des façons de produire.
L'agronomie est la science de la conduite raisonnée de la parcelle
cultivée.
La parcelle reçoit de l'agriculteur des interventions techniques
homogènes.
Le système de culture définit la cohérence avec laquelle
l'agriculteur utilise ses moyens de production sur chaque parcelle pour atteindre
des objectifs de production et gérer la fertilité du milieu.
Le système de culture se décompose en succession de cultures
et itinéraires techniques.
L'itinéraire technique est la succession raisonnée des
interventions culturales appliquées à une culture sur une
parcelle.
Une règle de décision spécifie le raisonnement d'une
intervention technique. Elle fait correspondre un ensemble de choix techniques
possibles à un ensemble de situations éventuelles (contexte).
Son formalisme est en général : " si je suis dans telle situation,
alors je ferai tel choix ".
[R] Encadré 2 : Le sol d'Auzeville
est argilo-calcaire, variable de 24 à 34% d'argile (jusqu'à
50% en sous-sol), globalement profond (réserve utile supérieure
à 180mm) et drainé (mais des problèmes d'excès
d'eau et de structure du sol subsistent).
Le climat toulousain se caractérise par 4 850°J annuel (compatible
avec le groupe variétal 1/2 tardif), 660 mm de précipitations
et 900 mm d'ETP (évapo-transpiration potentielle), un déficit
hydrique estival prononcé, le tout avec une forte variabilité.
Le parc matériel utilisé est celui d'une exploitation de 150
ha de grande culture (semoir 3 m, épandage 12 m, récolte 3,5
m, tracteurs de 60 à 120 CV). La surface des 24 parcelles de l'essai
est de 1,4 ha.
Noter qu'on ne représente pas bien sur un dispositif expérimental
la concurrence entre parcelles et travaux pour le meilleur usage des jours
disponibles.
Le contexte ayant été assez stable, et les choix techniques
initiaux s'étant avérés plutôt valides, la
définition de A, B et C a peu évolué en 8 ans.
[R] Encadré 3 : Exigeant en eau,
le maïs
n'est envisagé qu'en A. Le semis du 10 avril autorise la
variété Cécilia (groupe E). Le sorgho tolérant
la sécheresse le remplace en B et C, semé vers le 1er mai (besoin
de température). DK18 choisi en C est plus précoce que DK26
en B. Sorgho B et maïs A ont une aide à l'irrigation d'environ
180 Æ/ha. Maïs et sorgho ont souvent bénéficié
du précédent blé (sous-solage d'été).
Avec quelque 690 Æ/ha, le soja est la culture la plus aidée.
D'abord choisi seulement en A pour son besoin en eau, il s'est avéré
plus rentable en B que le tournesol (moins soutenu). Il est semé fin
avril (entre tournesol et sorgho). Imari ou Dekabig (groupe I) ont remplacé
Queen (tardif et moins productif). Le tournesol très tolérant
à la sécheresse est cultivé en B et C, mais n'est
compétitif qu'en C. Santiago puis Mélody sont semés
vers le 10 avril en B. Albena est semé après le 20 avril en
C. Soja et tournesol se sont bien accommodés du précédent
peu favorable maïs ou sorgho, qui leur évite un développement
végétatif exagéré.
Après tournesol (BC), on sème sans problème début
décembre un pois d'hiver, variété Victor ou Cheyenne.
Après le soja récolté tard (A), on sème Baccara
(type printemps) à partir du 1er février (jusqu'au 15 mars
en hiver humide). Baccara irrigué est plus productif que le pois d'hiver
avec une protection sanitaire moindre, mais son implantation est plus
aléatoire. Sans variété rustique ni facile à
récolter, le pois n'est pas bien adapté à C. Pour limiter
la perte d'azote, le pois est toujours suivi de blé, à défaut
de colza ou de culture piège à nitrates.
Autre culture régionale bien aidée (autour de 550 Æ/ha),
le blé dur s'impose dans les 3 systèmes, semé le 10
novembre en A et B, après le 20 novembre en C. Le choix variétal
(Neodur, Nefer, Arcalis...) a posé problème en C : en l'absence
de variété alliant résistance aux maladies et au mitadinage,
nous sommes revenus au blé tendre (Cezanne, Apache) avec un résultat
économique moins attractif mais plus assuré.
Le rendement objectif est fonction de la variété, du déficit
hydrique prévu, du niveau de rationnement et de protection
sanitaire.
Le peuplement objectif est proportionnel au rendement objectif et majoré
en semis retardé de cultures d'hiver (blé C, pois de printemps
A).
Hors légumineuses, la fumure azotée est raisonnée selon
la méthode du bilan généralisée:
fumure = consoNobj. - fourniture du sol.
En fractionnant l'apport, on colle aux besoins, sauf en C cultures
d'été (apport bloqué au semis, du fait du risque de
sécheresse ultérieur).
On utilise l'eau d'irrigation en priorité sur les cultures sensibles
et sur leurs périodes critiques.
[R] Encadré 4 : Critères
d'évaluation choisis sur le dispositif
(les résultats sont présentés plus loin)
Le critère économique de marge directe (MD = produit brut -
intrants - charge matériel) est satisfaisant pour apprécier
la rentabilité des 3 systèmes, et pour les comparer sans biais.
Chaque système a son facteur limitant (surface en A, main d'uvre
en B, simplicité en C). A sera jugé sur MD/ha, B et C sur MD/UTH
.
Il n'a pas été trouvé de critère satisfaisant
pour évaluer la simplicité en C.
Le dispositif (à l'échelle de la parcelle) ne permet qu'une
appréciation empirique de la faisabilité des
systèmes...
Outils et méthodes pour formaliser la démarche de diagnostic
agronomique a posteriori sont seulement esquissés.
[R]
Encadré 5 : bilH-bilN
Sur chaque campagne et chaque parcelle, la tenue des bilans hydrique et
azoté est assurée par le petit modèle bilH-bilN, qui
gère les données de climat (pluie, ETP, température),
sol (réserve utile RU, teneur en argile), culture (précocité,
vigueur, besoin en eau et azote) et itinéraire technique (semis,
fertilisation, irrigation, récolte), et calcule l'état hydrique
et azoté du sol (%RU, teneur en nitrate, pertes par lessivage) et
de la culture (taux de satisfaction en eau et en azote, consommations).
Le conseil d'irriguer est donné quand la satisfaction en eau dépasse
le seuil choisi pour chaque culture. Le conseil de fumure intègre
l'objectif de consommation d'azote.
L'état final calculé d'une campagne peut être pris pour
état initial de la campagne suivante. Un graphique donne a posteriori
une représentation synthétique du déroulement de la
campagne sur chaque parcelle.
L'évaluation des itinéraires techniques
Les itinéraires techniques prévus, puis réellement
appliqués, sont évalués avec une base de données
techniques (temps de travaux) et économiques (prix des produits et
récoltes : la coopérative La Toulousaine, coût des
interventions : " tarifs d'entraide ", matériel amorti sur une grande
surface, sans coût de main d'uvre). On calcule ainsi TW (temps
de travail), ChM (charge " matériel "), ChO (charges
opérationnelles), PB (produit brut : rendement x prix), MD (marge
directe : PB+aides-ChO-ChM).
[R] Encadré
6 : La variante " rotation fixe "
R (12 parcelles) pratiquée sur les 3 systèmes est :
| année 1 | année 2 | année 3 | année 4 | |
| A B C |
maïs sorgho sorgho |
soja tournesol tournesol |
pois printemps pois d'hiver pois d'hiver |
blé dur blé dur blé tendre |
Pour les 3 systèmes, il s'agit en fait en R de la même succession type " céréale d'été - oléoprotéagineux d'été - protéagineux d'hiver - céréale d'hiver ", les écarts d'espèces découlant seulement de leurs différences de tolérance à la sécheresse.
[R] Encadré 7 : effet succession de culture