Évaluation de limpact environnemental de
lagriculture au niveau de la ferme
comparaison et analyse de 12 méthodes basées sur des
indicateurs
Description des méthodes
dévaluation
Comparaison des méthodes
dévaluation
Analyse des composants des méthodes
dévaluation
Conclusions
[R] Description des méthodes dévaluation
Les douze méthodes étudiées ici ont été identifiées par une recherche bibliographique. Toutes les méthodes utilisent un jeu dindicateurs pour évaluer limpact environnemental de lagriculture au niveau de lexploitation agricole. Certaines méthodes nutilisent pas lexpression " évaluation de limpact environnemental " mais emploient plutôt " évaluation de la durabilité écologique (ou environnementale) ". Quoique cette dernière expression ne soit pas toujours clairement définie, elle désigne visiblement une situation où limpact environnemental est à un niveau acceptable. Ont été retenues les méthodes qui sont suffisamment différentes les unes des autres, dont la description est détaillée et qui ont été utilisées ou au moins testées dans le cadre dune évaluation. Certaines des méthodes analysées ici prennent en considération également les dimensions sociale et économique des agroécosystèmes, toutefois cette analyse sest limitée à la partie de la méthode concernant les effets environnementaux.

Figure 1. Représentation des facteurs influant
l'état du système de production et des flux de produits et
d'émission
Les indicateurs d'impact environnemental peuvent concerner les pratiques
de l'agriculteur (indicateurs basés sur les moyens), ou bien l'état
du système de production voire les émissions vers l'environnement
(indicateurs basés sur les effets).
Lindice de durabilité de lagriculteur (IDA)
Taylor et al. (1993) prennent en compte 33 pratiques de
lagriculteur concernant la production de chou. À chaque pratique
est affecté un score qui peut être positif ou négatif.
Ces scores sont additionnés et donnent un indice de durabilité
de lagriculteur, valeur unique qui traduit la durabilité
écologique. Cette méthode a été mise au point
en Malaisie pour des décideurs. LIDA prend en compte les
modifications récentes des pratiques : ainsi, un agriculteur
qui a adopté des pratiques plus durables obtient un IDA plus
élevé que celui qui applique ces mêmes pratiques depuis
plus longtemps.
Durabilité des cultures énergétiques (DCE)
Biewinga et van der Bijl (1996) présentent une méthode pour
évaluer la durabilité écologique et économique
de la production et de la transformation des cultures énergétiques.
Cette méthode est basée sur lanalyse du cycle de vie
(ACV) (Heijungs et al., 1992), mais elle prend en compte des indicateurs
supplémentaires, spécifiques aux systèmes de production
agricoles. La méthode a été utilisée pour comparer
des cultures énergétiques dans quatre régions
dEurope.
Écopoints (EP)
Mayrhofer et al. (1996) proposent une méthode qui attribue
des scores aux pratiques de lagriculteur et à ses actions sur
les éléments paysagers. Cette méthode est utilisée
en Basse Autriche pour établir le montant des aides accordées
aux agriculteurs afin de stimuler des comportements souhaités par
rapport à lenvironnement et le paysage. En 1998, 1 500
fermes ont participé à ce programme.
Analyse du cycle de vie pour lagriculture (ACVA)
Audsley et al. (1997) présentent les résultats dune
étude réalisée par des groupes de recherche de huit
pays européens. Létude avait pour objectif
lidentification de problèmes méthodologiques liés
à lapplication de lACV à la production agricole.
Une approche harmonisée est proposée. Trois modes de production
de blé sont utilisés comme études de cas.
Indicateurs agro-écologiques (IAE)
Girardin et al. (2000) ont choisi une méthode classique
dévaluation de limpact environnemental : la matrice
dinteraction (Leopold et al., 1971) pour évaluer
leffet des pratiques de lagriculteur sur des composantes de
lagroécosystème. Des modules dévaluation
caractérisant limpact dune pratique sur une composante
de lenvironnement peuvent être agrégés afin de
produire deux types dindicateurs. Les indicateurs
agro-écologiques traduisent les impacts dune pratique sur
lensemble des composantes concernées de lenvironnement,
tandis que les indicateurs dimpact environnemental traduisent
les impacts de lensemble des pratiques concernées sur une composante
de lenvironnement. La méthode est utilisée en France.
Attributs des systèmes agro-écologiques
(ASA)
Dalsgaard et Oficial (1997) présentent un " cadre pragmatique
pour surveiller, modéliser, analyser et comparer létat
et la performance des agroécosystèmes intégrés ".
Lapproche trouve ses origines dans la théorie des
écosystèmes. Le logiciel ECOPATH, permettant la modélisation
de bilans de masse, est utilisé comme outil structurant. Lapproche
a été appliquée à quatre petites fermes productrices
de riz aux Philippines.
Vers une durabilité opérationnelle (VDO)
Lobjectif de la méthode proposée par Rossing et al.
(1997) est la conception de systèmes de production de bulbes à
fleur, respectueux de lenvironnement aux Pays-Bas. La méthode
prend en compte deux objectifs environnementaux, un objectif économique
et plusieurs contraintes socio-économiques. Les objectifs sont
définis en concertation avec des producteurs et des écologistes.
La programmation linéaire interactive à objectifs multiples
est utilisée pour optimiser les systèmes au niveau de la
ferme.
Paramètres multi-objectifs (PMO)
Lobjectif de la méthode proposée par Vereijken (1997)
est la conception de systèmes de production intégrés
et biologiques en grandes cultures. La méthode prend en compte un
jeu dobjectifs écologiques, économiques et sociaux. Ces
objectifs sont fixés au regard des problèmes causés
par le système de production en place dans la région
concernée. La méthode utilise des indicateurs nommés
paramètres multi-objectifs pour quantifier ces objectifs. Des
prototypes de systèmes durables sont testés dans des stations
de recherche ou des fermes pilotes et améliorés de façon
itérative jusquà ce que les objectifs soient atteints.
La méthode est appliquée dans un réseau de recherche
européen.
Management environnemental pour lagriculture (MEA)
Lewis et Bardon (1998) proposent un " système informatique informel
de management environnemental pour lagriculture ". Ce système
produit des éco-scores, traduisant la performance environnementale
de lagriculteur, en comparant ses pratiques aux pratiques identifiées
comme étant les meilleures, ceci dans le contexte de la parcelle et
de son environnement direct. Le système comporte des modules permettant
dexplorer des scénarios du type " Que se passe-t-il
si ? " ainsi quun système dinformation hypertexte.
Le système est utilisé par des agriculteurs et leurs conseillers
au Royaume-Uni.
Diagnostic Solagro (DS)
Pointereau et al. (1999) proposent une méthode pour
" évaluer lenvironnement à léchelle
de la ferme par une approche globale, simple et rapide
dutilisation ". La méthode fournit des niveaux de performance
pour quatre " critères intégrateurs " prenant en
compte : le nombre de systèmes de production (cultures annuelles,
cultures pérennes, élevage) au sein de la ferme, la diversité
des cultures, la gestion des entrants et la gestion de lespace. La
méthode peut être appliquée à tous les systèmes
de production agricole existants en France. Jusquici, 300 fermes ont
fait lobjet du diagnostic.
Écobilan, outil de gestion écologique (EOGE)
Rossier (1999) a adapté lécobilan afin dobtenir
une évaluation complète de limpact environnemental
dune ferme. Cette approche a été appliquée à
treize fermes suisses en production végétale, production animale
ou de type mixte. Elle a permis didentifier les principales sources
démissions polluantes et dévaluer les effets de
modifications des pratiques ou des structures des fermes.
Indicateurs de la durabilité des exploitations agricoles
(IDEA)
Vilain (1999) propose une méthode qui attribue des scores aux pratiques
et au comportement de lagriculteur. La méthode peut être
utilisée pour lévaluation des durabilités
agro-écologique, socioterritoriale et économique de
différents types de fermes, en France. Initialement la méthode
a été développée à la demande du
ministère français de lagriculture pour évaluer
les fermes de quinze lycées agricoles impliqués dans la promotion
de lagriculture durable.
[R] Comparaison des méthodes dévaluation
Quest-ce qui est évalué et pourquoi, approche
utilisée et objet étudié
Cinq méthodes (EP, ACVA, IAE, DS et EOGE) disent évaluer
limpact environnemental, tandis que MEA évalue la performance
environnementale, cest-à-dire la conformité avec les
codes de bonnes pratiques agricoles (tab. I). Cinq méthodes (IDA,
DCE, ASA, VDO et IDEA) déclarent évaluer la durabilité
environnementale, PMO paraît faire la même chose, mais
nutilise pas le terme de durabilité.
EP évalue afin détablir des niveaux de paiement, VDO
et PMO évaluent afin de concevoir de nouveaux systèmes de
production, MEA évalue afin dencourager les bonnes pratiques.
Les autres approches soccupent dévaluation en tant que
telle.
Pour DCE, ACVA et EOGE, lapproche utilisée est lACV ;
ainsi ce sont les seules méthodes qui évaluent le produit
plutôt que le site de production (cest-à-dire la ferme),
bien que EOGE puisse évaluer les deux. IAE et PMO font
référence toutes les deux au concept de la production agricole
intégrée. ASA est la seule méthode basée sur
lécologie quantitative des systèmes, elle utilise des
attributs des écosystèmes comme indicateurs de durabilité.
Loptimisation de plusieurs objectifs par programmation linéaire
est le concept central de VDO.
Type de ferme, utilisateurs, dimensions et effets pris en compte, demande
en temps
Six méthodes sont conçues pour évaluer uniquement la
production de cultures, les six autres méthodes sont capables de traiter
les productions végétales et animales (tab. II). IDA et ASA
sont originaires de lAsie, les dix autres méthodes viennent
dEurope. Les utilisateurs visés sont : les agriculteurs
(8 méthodes), leurs conseillers (4), les chercheurs (4) et les
décideurs (3), ladministration régionale, les consommateurs
et les étudiants sont tous mentionnés une fois. Sept méthodes
ne prennent en compte que les impacts environnementaux, cinq méthodes
considèrent également la viabilité économique
et, parmi ces cinq, deux prennent en compte la compatibilité sociale.
Toutes les méthodes tiennent compte des effets locaux (par exemple,
lérosion, la qualité du paysage), mais ACVA et EOGE le
font à un moindre degré. Les effets globaux (par exemple, le
changement climatique, lépuisement des ressources non-renouvelables)
sont considérés par sept méthodes, parmi lesquels MEA
le fait à un moindre degré. Le temps nécessaire pour
la collecte de données est modéré (jusquà
2 jours par an) pour sept méthodes. Pour les trois méthodes
basées sur lACV (DCE, ACVA et EOGE) et pour ASA et PMO, le temps
nécessaire est plus important, à cause de la quantité
plus importante de données à collecter.
Les objectifs des agroécosystèmes
" Limpact environnemental " ou " la durabilité
environnementale " ne peuvent pas être estimés ou
quantifiés directement, il faut donc un jeu dobjectifs plus
spécifiques. Ce jeu dobjectifs est au cur dune
méthode dévaluation. Le terme objectif est
utilisé par IAE, VDO, PMO et IDEA. Dautres termes employés
pour le même concept sont : thèmes environnementaux
(DCE, DS), catégories dimpact environnemental (ACVA),
champs dactivité (MEA), et impacts environnementaux
(EOGE). Mitchell et al. (1995) parlent de points de
préoccupation. La plupart des articles énoncent ces objectifs
de façon explicite, toutefois ce nétait pas le cas pour
certaines méthodes, et nous avons déduit les objectifs des
critères utilisés pour lévaluation. Peu
darticles exposent comment les objectifs ont été choisis.
Les méthodes examinées ici diffèrent en ce qui concerne
le nombre et le type dobjectifs pris en compte.
Les objectifs ont été groupés en trois classes :
concernant les entrants, concernant les émissions et
concernant létat du système (tab. III).
Il y a des similarités entre les méthodes. IDA et VDO ont une
cible très restreinte, elles ne considèrent que deux
objectifs : Utilisation de pesticides et Utilisation
dengrais azoté/Émission de substances eutrophisantes.
EP (cinq objectifs) et ASA (quatre) ont également une cible assez
restreinte, chacune à sa façon : EP vise
lextensification et la qualité du paysage, tandis que ASA fait
référence uniquement à la théorie des
écosystèmes. DCE, ACVA et EOGE sont les seules méthodes
prenant en compte une gamme dobjectifs concernant les émissions,
à cause de leur origine commune (ACV). Ces méthodes ont une
grande envergure, ACVA et EOGE considèrent 10 objectifs, DCE en
considère 13 et est la méthode ayant la plus grande portée.
DCE comprend des objectifs qui généralement ne sont pas pris
en compte par lACV (Érosion du sol, Qualité
du paysage, Biodiversité naturelle) afin de sadapter
à lévaluation des agroécosystèmes. IAE,
DS et IDEA font chacune référence à deux ou trois objectifs
concernant les entrants et à cinq ou six objectifs concernant
létat du système, ces méthodes ont cinq objectifs
en commun. PMO est la seule méthode ne prenant en compte que des objectifs
concernant létat du système, et la seule ayant pour objectif
la Qualité alimentaire. MEA est également plutôt
à part en tant que seule méthode prenant en compte le
Bien-être animal.
Les objectifs mentionnés le plus souvent sont : Utilisation
dénergie non-renouvelable (7 méthodes),
Qualité du paysage (6) et Biodiversité naturelle
(6). Émission de substances eutrophisantes, Biodiversité
agricole et Qualité du sol sont mentionnés chacun
par cinq méthodes.
Les indicateurs utilisés pour quantifier les objectifs
Les indicateurs utilisés pour quantifier le degré auquel sont
atteints les objectifs représentent la mise en uvre de la
méthode. La construction dindicateurs constitue une étape
essentielle dans létablissement dune méthode
dévaluation. Les indicateurs dimpact environnemental peuvent
être basés soit sur les moyens, soit sur les effets (fig. 1).
Le tableau IV présente des indicateurs pour un sous-ensemble
dobjectifs et de méthodes, choisis afin dillustrer la
diversité des approches pour la construction dindicateurs.
Pour Utilisation dénergie non-renouvelable, DCE et ACVA
utilisent un indicateur basé sur les effets provenant de mesures
(utilisation dénergie directe) et de calculs de modélisation
simples (énergie indirecte). DS utilise également un indicateur
basé sur les effets qui dépend de mesures de lutilisation
dénergie directe uniquement. MEA adopte une approche hybride :
son indicateur combine des éléments basés sur des effets
(mesure de lénergie directe) avec des éléments
basés sur des moyens (mesures defficacité prises).
Pour Érosion du sol, DCE a un indicateur basé sur les
effets utilisant un modèle de simulation pour estimer une somme de
pluie nuisible, indiquant lérosion. EP a un indicateur basé
sur les moyens prenant en compte un nombre de pratiques liées au risque
dérosion. DS a un indicateur très simple, basé
sur les effets, demandant une seule variable dentrée (estimation
de la couverture végétale, indiquant lérosion).
Pour Émission de substances eutrophisantes, DCE, ACVA et VDO
utilisent des indicateurs basés sur les effets tirés de
modèles de simulation. Les trois méthodes se distinguent en
ce qui concerne les éléments pris en considération
(uniquement lazote - N - pour VDO, N, le phosphore
- P - et le potassium - K - pour DCE et N, P, K et
métaux lourds pour ACVA).
Pour la Biodiversité naturelle, MEA utilise un indicateur
basé sur les moyens. DS utilise une approche basée sur les
effets, fondée sur des mesures de haies et de lisières de bois,
pour représenter la Biodiversité naturelle. Lapproche
proposée par DCE est la plus sophistiquée des trois, elle estime
la contribution des cultures à la biodiversité naturelle en
agrégeant une information écologique concernant la contribution
de la culture (en tant quhabitat) à la diversité des
espèces, et son intérêt pour les espèces
menacées et caractéristiques. On pourrait considérer
cette approche comme un modèle qualitatif de la biodiversité,
ayant le choix de la culture comme variable dentrée. Cette approche
est donc basée sur les effets.
Choix cruciaux lors de la conception des méthodes
Sept méthodes utilisent des indicateurs basés sur des effets,
parmi celles-ci, ACVA, ASA, VDO, PMO et EOGE expriment les sorties sous la
forme de valeurs, IAE fournit des scores et DCE donne des scores pour certains
indicateurs et des valeurs pour le plus grand nombre (tab. V). IDA,
EP et MEA utilisent des indicateurs basés sur les moyens et DS et
IDEA utilisent les deux types dindicateurs. Parmi ces cinq méthodes,
DS seul exprime les sorties sous forme de valeurs, les autres utilisent des
scores.
Parmi les méthodes utilisant des scores, IAE et MEA utilisent la
même échelle pour tous ou presque tous les indicateurs, IDA,
DCE, EP et IDEA utilisent des échelles qui varient dun indicateur
à un autre. Parmi ces six méthodes, tous sauf IDEA ont défini
des seuils ; pour trois de ces méthodes des scores négatifs
reflètent un résultat indésirable, des scores positifs
indiquent un " bon " résultat. Parmi les six méthodes
utilisant des valeurs, PMO et DS seuls ont défini des seuils.
DCE utilise des facteurs pour donner des poids aux indicateurs, pour MEA
la pondération vient en option, lutilisateur peut déterminer
des poids. IDA, EP et IDEA attribuent des poids aux indicateurs de façon
indirecte, à travers la gamme des scores possibles. Les autres
méthodes nont pas de procédure pour attribuer des poids
aux indicateurs.
Parmi les méthodes produisant uniquement des scores, IDA, EP et IDEA
agrègent linformation par addition, IAE et MEA
nagrègent pas. IAE suggère lutilisation de
méthodes multicritères comme une alternative à
lagrégation. Parmi les méthodes produisant des valeurs,
DCE, ACVA et DS agrègent les indicateurs, chacun utilisant sa
méthode particulière (tab. V) ASA, VDO, PMO et EOGE
nagrègent pas.
[R] Analyse des composants des méthodes dévaluation
Quest-ce qui est évalué ?
Les méthodes passées en revue se partagent en deux groupes :
celles qui déclarent évaluer limpact environnemental
ou la performance environnementale, et celles revendiquant lestimation
de la durabilité écologique (tab. I). Lévaluation
de la durabilité est un but de plus grande envergure, demandant la
prise en compte dobjectifs concernant les fonctions source de
lécosystème global (par exemple, lénergie
fossile, la biodiversité) en plus dobjectifs concernant ses
fonctions puits (par exemple, la qualité de leau, la qualité
du sol). Parmi les méthodes revendiquant lestimation de la
durabilité (IDA, DCE, ASA, VDO et IDEA), IDA et VDO ne remplissent
pas ces exigences, puisquelles restreignent leurs objectifs à
lutilisation des pesticides et à la fertilisation (tab. III).
Les sept autres méthodes, EP, ACVA, IAE, PMO, MEA, DS et EOGE
considèrent non seulement les fonctions puits mais également
les fonctions source de lécosystème global. Elles
évaluent donc la durabilité.
Objet étudié, échelle de lévaluation
et objectifs
Pour les méthodes basées sur lACV, lobjet
détude est le produit, tandis que pour les autres méthodes,
cest la ferme (cest-à-dire le lieu de production), DCE
combine ces deux approches (tab. I). Cest pourquoi les indicateurs
utilisés par les méthodes basés sur lACV consistent
en des rapports dentrants ou démissions par kg de produit.
Les autres méthodes utilisent des rapports dentrants ou
démissions par hectare (cest-à-dire la terre,
lentrant limitant in fine) (tab. IV). Ainsi, les méthodes
basées sur lACV considèrent les fermes comme des
systèmes de production, tandis que les autres méthodes les
considèrent comme un mode doccupation du sol. Ces deux points
de vue sont complémentaires : Haas et al. (2000) proposent
que les indicateurs exprimant les impacts par hectare soient les plus
appropriés pour les effets locaux et que les indicateurs exprimant
les impacts par kg de produit soient les plus appropriés pour les
effets globaux.
Toutes les méthodes comparées ici prennent en compte des effets
locaux. Des effets globaux sont considérés par sept des douze
méthodes (tab. II). Lidéal serait quune
méthode considère non seulement les effets locaux mais
également les effets globaux, afin déviter daboutir
à une augmentation par mégarde de leffet global en essayant
de réduire limpact local (ou vice versa). Lexamen des
objectifs considérés par les méthodes (tab. III)
révèle une grande diversité en ce qui concerne la largeur
de lanalyse : certaines méthodes ont une cible très
restreinte et ne considèrent que deux objectifs, alors que dautres
méthodes considèrent dix objectifs, voire plus. Sur
lensemble des 26 objectifs, certains sont pris en compte par six ou
sept méthodes, tandis que dautres sont considérés
par une méthode seulement. Peu de méthodes exposent explicitement
comment les objectifs ont été choisis, et une seule méthode
examine si, dans un jeu dobjectifs, certains sont redondants.
Évaluation sur les effets ou sur les moyens
Parmi les méthodes passées en revue, sept utilisent des indicateurs
basés sur les effets, trois utilisent des indicateurs basés
sur les moyens et deux utilisent les deux types (tab. V). Les avantages des
indicateurs basés sur les effets sont évidents : le lien
avec lobjectif est plus direct et le choix des meilleurs moyens ou
pratiques pour atteindre leffet désiré est laissé
à lagriculteur, qui peut prendre en compte la
spécificité agronomique, économique et environnementale
de sa situation. Le principal inconvénient des indicateurs basés
sur les effets par rapport aux indicateurs basés sur les moyens est
une collecte de données plus coûteuse. Les cinq méthodes
demandant plus que deux jours/an pour collecter les données
(tab. II) utilisent des indicateurs basés sur les effets. Trois
sont basées sur lACV, et présentent ainsi une forte
intensité dinformation, les deux autres sont ASA et PMO, et
ont besoin de données mesurées au champ.
Puisque leur mise en uvre est plus simple et coûte donc moins
chère, les indicateurs basés sur les moyens sont souvent
préférés pour des méthodes dévaluation
utilisées pour la certification ou létablissement de
niveaux de rémunération où la vérification et
la mise en application jouent un rôle. Le défaut principal des
méthodes utilisant des indicateurs basés sur les moyens est
quils ne conviennent pas pour guider le changement, parce quil
est logiquement impossible dévaluer la contribution dune
pratique à limpact environnemental quand ladhésion
à cette pratique a servi comme critère pour évaluer
limpact environnemental (Hansen, 1996). Par conséquent, une
évaluation utilisant des indicateurs basés sur les moyens ne
contribuera pas à reconnaître des erreurs et à
améliorer les pratiques. En fait, les auteurs de ces méthodes
savent déjà à quoi ressemblent les systèmes de
production à faible impact ou durables. Cette approche ne tient pas
compte de la nécessité dadapter les technologies aux
environnements spécifiques (Hansen, 1996) et ne favorisera pas
lémergence de nouvelles pratiques. Quand elles sont utilisées
les méthodes basées sur les moyens doivent être
dynamiques : les nouveaux résultats de recherche concernant les
effets environnementaux des pratiques de lagriculteur doivent être
utilisés continuellement pour améliorer les indicateurs basés
sur les pratiques.
Lestimation des effets nécessite lutilisation de modèles
de simulation, mais quel degré de complexité est opportun ?
Cette question peut être illustrée par les indicateurs
utilisés pour lobjectif Érosion du sol (tab. IV).
DCE et DS ont chacun un indicateur basé sur les effets, pour DCE un
modèle de simulation simple demandant plusieurs variables
dentrée est utilisé, tandis que lindicateur
proposé par DS est simplifié à lextrême,
demandant une seule variable dentrée (présence ou absence
dune culture). Cet exemple illustre le compromis entre la simplicité
et la complexité dans la conception des indicateurs. Les données
dentrée requises pour DS sont plus faciles à collecter
que celles requises pour DCE, mais les sorties fournies par DCE sont probablement
plus proches de leffet réel (Érosion du sol) et/ou
valable pour un domaine plus large que celles fournies par DS. EP utilise
un indicateur basé sur les moyens, prenant en compte un certain nombre
de pratiques liées au risque dérosion, son " coût
de collecte de données " est probablement dun niveau
intermédiaire. Toutefois, il est difficile de dire dans quelle mesure
ses sorties correspondent à lérosion du sol du " monde
réel ". Tandis que lon peut concevoir une approche
expérimentale afin de valider les indicateurs basés sur les
effets comme proposés par DCE et DS, la seule façon pour valider
lindicateur basé sur les moyens proposé par EP serait
par jugement dexpert, ce qui, par nature, est plus subjectif.
Parmi les sept méthodes utilisant des indicateurs basés sur
les effets, six expriment les résultats sous forme de valeurs, une
(IAE) fournit des scores (tab. III). Chacune des trois méthodes
utilisant des indicateurs basés sur les moyens exprime les résultats
sous forme de scores. Parmi les deux méthodes utilisant les deux types
dindicateur, lun utilise des valeurs, lautre des scores.
Les scores ont des unités sans dimension. Cest une
caractéristique qui est indésirable en soi, entre autres parce
quun score ne peut pas être comparé à dautres
valeurs et quil complique lutilisation dobservations du
monde réel pour la validation de la méthode (Suter II, 1993).
Alors, pourquoi utiliser des scores ? La première raison est
que pour des indicateurs basés sur les moyens les scores sont souvent
la seule option, parce que cette approche permet
d" additionner " un ensemble de moyens ou de pratiques (par
exemple, ceux concernant lérosion du sol pour EP ;
tab. IV). Deuxièmement, certaines méthodes expriment les
sorties sous forme de scores pour quelles soient plus facilement
compréhensibles (par exemple, scores négatifs :
" mauvais ", scores positifs : " bons ") (MEA),
ou bien pour permettre une agrégation ultérieure (DCE).
Parmi les sept méthodes utilisant des indicateurs basés sur
les effets, deux seulement ont défini des seuils, une attribue des
poids aux indicateurs et deux agrègent les indicateurs pour obtenir
une seule valeur (tab. V). Parmi les trois méthodes utilisant des
indicateurs basés sur les moyens, tous ont des seuils, deux attribuent
des poids aux indicateurs et les agrègent en additionnant des scores.
La définition de seuils permettant la distinction de catégories
(par exemple, " élevé ", " moyen ",
" bas ") et lattribution de poids suivi dune
agrégation visent, lun et lautre, une interprétation
plus aisée des sorties par lutilisateur. Ceci peut entraîner
un coût : souvent la définition de seuils et de poids na
pas de fondement scientifique, donc les choix sont basés sur des valeurs
et plus ou moins arbitraires. De même, lagrégation facilite
la prise de décisions, mais au prix dune perte dinformation,
produisant un seul indice ambigu (Suter II, 1993 ; Maystre et al.,
1994). Apparemment, les auteurs des méthodes basées sur les
effets ont moins tendance à inclure des éléments basés
sur des valeurs (définition de seuils, attribution de poids,
agrégation dindicateurs) que les auteurs des méthodes
basées sur les moyens.
La validité des méthodes
Le but des méthodes passées en revue ici est lidentification
de loption la moins dommageable pour lenvironnement parmi plusieurs
solutions. La capacité dune méthode à faire cela
peut être compromise de deux façons : dune part,
lanalyse peut donner une réponse erronée et, dautre
part, lanalyse peut être impossible à conduire (Hertwich
et al., 1997). Ceci soulève deux questions : est-ce que
la méthode est valide et est-ce quelle est pratiquement
faisable ? Une méthode peut donner une réponse erronée
pour deux raisons : son jeu dobjectifs ne convient pas à
son but ou bien ses objectifs sont mal quantifiés par ses indicateurs.
Une analyse peut être impossible à conduire parce que la
méthode est trop compliquée, trop chère ou nécessite
des données qui ne sont pas disponibles.
Dans les publications passées en revue ici, lévaluation
de la méthode par lexamen de sa validité est abordée
seulement par les auteurs de IDA, IAE et MEA, donc apparemment la plupart
des auteurs nont pas beaucoup réfléchi à la
validation. Ceci est regrettable et en fort contraste avec des publications
dans le domaine des modèles de simulation, où la validation
des modèles est prise très au sérieux. Bockstaller et
Girardin (sous presse) proposent une approche pour la validation des indicateurs
qui est pertinente pour les méthodes analysées ici. Leur approche
sinspire des méthodes utilisées pour la validation des
modèles de simulation, sans toutefois être identique à
elles, puisquun indicateur et un modèle de simulation ont une
nature et un but différents. Lidéal serait que la validation
de la méthode consiste en un examen critique de son jeu dobjectifs
et de ses indicateurs. Un jeu dobjectifs devrait être exhaustif,
non-redondant et minimal (réduit au plus petit nombre possible), comme
proposé par Schärlig (1985). Les indicateurs doivent quantifier
les objectifs de façon pertinente, ceci peut être validé
en confrontant les valeurs des indicateurs aux données du monde réel
et/ou en soumettant la conception des indicateurs à un groupe
dexperts.
La plupart des auteurs discutent de la faisabilité. Les méthodes
utilisant des indicateurs basés sur les moyens ont une performance
particulièrement bonne, avec un temps de collecte de données
faible. Les méthodes utilisant des indicateurs basés sur les
effets et, en particulier, celles basées sur lACV sont beaucoup
plus exigeantes sur ce point. Il est évident que lidentification
du compromis approprié entre les exigences contradictoires
déviter les réponses erronées et de faisabilité
constitue un des défis les plus importants pour le développement
dune méthode dévaluation. Une piste pour relever
ce défi pourrait être létude de cas
dagroécosystèmes bien documentés pour évaluer
les effets dune simplification des méthodes utilisant des
indicateurs basés sur les effets sur leur tendance à donner
des réponses erronées.
Sur la base de la discussion précédente, nous proposons les
exigences suivantes pour des méthodes basées sur des indicateurs
et visant lévaluation environnementale au niveau de
lexploitation agricole. Ces conseils peuvent être utilisés
pour lévaluation de méthodes existantes et pour le
développement de nouvelles méthodes.
Pour évaluer réellement limpact environnemental, une
méthode dévaluation doit prendre en compte une gamme
dobjectifs couvrant aussi bien des effets locaux que des effets globaux.
Le nombre dobjectifs doit être suffisamment grand pour éviter
la création par mégarde de nouveaux problèmes, et le
plus petit possible pour préserver la faisabilité ; les
objectifs ne doivent pas être redondants. La procédure
utilisée pour choisir les objectifs doit être
énoncée.
Des indicateurs permettant de quantifier le degré datteinte
de ces objectifs doivent être identifiés ou construits. Des
indicateurs basés sur les effets sont à préférer,
puisque le lien avec lobjectif est plus direct et le choix des moyens
ou des pratiques est laissé à lagriculteur. Des indicateurs
basés sur les moyens sont moins coûteux en collecte de
données, mais ils ne permettent pas une réelle évaluation
de limpact environnemental. La validation des indicateurs basés
sur les moyens est problématique.
Des indicateurs permettant lexpression des impacts aussi bien par
unité de surface que par unité de produit sont
préférables, puisquils permettent dévaluer
les systèmes agricoles non seulement comme des modes doccupation
du sol mais aussi comme des systèmes de production.
Les sorties des indicateurs peuvent avoir la forme de valeurs ou de scores.
Les sorties sous forme de valeurs sont préférables, puisque
les scores ont des unités sans dimension et ne peuvent donc pas être
comparés à dautres valeurs ou à des observations
du monde réel.
Si possible des valeurs seuils doivent être définies pour les
indicateurs. Dans lidéal, les seuils doivent avoir un fondement
scientifique.
La méthode doit être validée par, dune part,
lévaluation de la pertinence de son jeu dobjectifs par
rapport à son but et, dautre part, la confrontation des valeurs
des indicateurs à des données du monde réel et/ou par
la soumission de la conception des indicateurs à un groupe
dexperts.
[R] Remerciements
Cet article a largement bénéficié des
commentaires détaillés de Ch. Bockstaller et J.M. Meynard,
J. Baudry, Ph. Girardin, P. Robin et D. Vermersch. Deux lecteurs anonymes
ont également fournis des commentaires utiles.
[R] Cet article est paru en anglais dans Agriculture, Ecosystems, and Environment , 93(3) en 2002, sous le titre original Evaluation of the environmental impact of agriculture at the farm level: a comparison and analysis of twelve indicator-bases methods et les signatures de Hayo M.G. van der Werf et de Jean Petit. Il est reproduit ici avec l'aimable autorisation d'Elsevier Science. La traduction (par Hayo van der Werf) n'a pas été relue par Elsevier.[VU]
[R] Références
bibliographiques
Audsley E., Alber S., Clift R., Cowell S., Crettaz P., Gaillard
G., Hausheer J., Jolliett O., Kleijn R., Mortensen B., Pearce D., Roger E.,
Teulon H., Weidema B., van Zeijts H., 1997. Harmonisation of environmental
life cycle assessment for agriculture. Final Report Concerted Action
AIR3-CT94-2028. Silsoe Research Institute, Silsoe, United Kingdom.
Biewinga E.E., van der Bijl G., 1996. Sustainability of energy crops.
A methodology developed and applied. Report no. 234, Centre for Agriculture
and Environment (CLM), Utrecht, The Netherlands.
Bockstaller C., Girardin P., 2002. How to validate environmental indicators.
Agricultural Systems. (sous presse)
Dalsgaard J.P.T., Oficial R.T., 1997. A quantitative approach for assessing
the productive performance and ecological contributions of smallholder farms.
Agricultural Systems, 55, 503-533.
Girardin P., Bockstaller C., van der Werf H.M.G., 2000. Assessment of potential
impacts of agricultural practices on the environment: the AGRO*ECO method.
Environmental Impact Assessment Review, 20, 227-239.
Goodland R., 1995. The concept of environmental sustainability. Annual
Review of Ecological Systems, 26, 1-24.
Gras R., Benoît M., Deffontaines J.P., Duru M., Lafarge M., Langlet
A., Osty P.L., 1989. Le fait technique en agronomie. Activité agricole,
concepts et méthodes d'étude. INRA - L'Harmattan, Paris,
France.
Haas G., Wetterich F., Geier U., 2000. Life Cycle Assessment framework in
agriculture on the farm level. International Journal of Life Cycle
Assessment, 5(6), 345-348.
Hansen J.W., 1996. Is agricultural sustainability a useful concept?
Agricultural Systems, 50, 117-143.
Heijungs R., Guinée J.B., Huppes G., Lankreijer R.M., Udo de Haes
H.A., Wegener Sleeswijk A., Ansems A.M.M., Eggels P.G., van Duin R., Goede,
H.P., 1992. Environmental Life Cycle Assessment of product., Part I,
Guide ; Part II, Backgrounds. Centre of Environmental Science, Leiden,
The Netherlands.
Herdt R.W., Steiner R.A., 1995. Agricultural sustainability: concepts and
conundrums. In: V. Barnett, R. Payne & R. Steiner: Agricultural
sustainability. Economic, environmental and statistical considerations.
John Wiley & Sons, Chichester, UK, 3-13.
Hertwich E.G., Pease W.S., Koshland C.P., 1997. Evaluating the environmental
impact of products and production processes: a comparison of six methods.
The Science of the Total Environment, 196, 13-29.
Kätterer T., Andrén O., 1999. Long-term agricultural field
experiments in Northern Europe: analysis of the influence of management on
soil carbon stocks using the ICBM model. Agriculture, Ecosystems and
Environment, 72, 165-179.
King C., Gunton J., Freebairn D., Coutts J., Webb I., 2000. The sustainability
indicator industry: where to from here? A focus group study to explore the
potential of farmer participation in the development of indicators.
Australian Journal of Experimental Agriculture, 40, 631-642.
Leopold L.B., Clark F.F., Hanshaw B.B., Balsley J.R., 1971. A procedure for
evaluating environmental impact. US Geological Survey Circular, 645.
Department of the Interior, Washington DC, USA.
Lewis K.A., Bardon K.S., 1998. A computer-based informal environmental management
system for agriculture. Environmental Modelling and Software, 13,
123-137.
Lewis W.J., van Lenteren J.C., Phatak S.C., Tumlinson J.H., 1997. A total
system approach to sustainable pest management. Proceedings of the National
Academy of Sciences USA, 94, 12243-12248.
Mayrhofer P., Steiner C., Gärber E., Gruber E., 1996. Regionalprogramm
Ökopunkte Niederösterreich. Informationsheft. NÖ
Landschaftsfonds, Wien, Austria.
Maystre L.Y., Pictet J., Simos J., 1994. Méthodes multicritères
ELECTRE. Description, conseils pratiques et cas dapplication à
la gestion environnementale. Presses polytechniques et universitaires
romandes, Lausanne, Suisse.
Mitchell G., May A., McDonald A., 1995. PICABEU: a methodological framework
for the development of indicators of sustainable development. International
Journal of Sustainable Development and World Ecology, 2, 104-123.
OECD, 1999. Environmental indicators for agriculture. Volume 1, Concepts
and Framework. OECD, Paris, France.
Pimentel D.C., Kounang N., 1998. Ecology of soil erosion in ecosystems.
Ecosystems, 1, 416-426.
Pointereau P., Bochu J.L., Doublet S., Meiffren I., Dimkic C., Schumacher
W., Backhausen J., Mayrhofer P., 1999. Le diagnostic agri-environnemental
pour une agriculture respectueuse de lenvironnement. Trois méthodes
passées à la loupe. Travaux et Innovations. Société
Agricole et Rurale dÉdition et de Communication, Paris,
France.
Rossier D., 1999. Lécobilan, outil de gestion écologique
de lexploitation agricole ? Revue suisse Agric., 31(4),
179-185.
Rossing W.A.H., Jansma J.E., de Ruijter F.J., Schans J., 1997. Operationalising
sustainability: exploring options for environmentally friendly flower bulb
production systems. European Journal of Plant Pathology, 103,
217-234.
Ryden J.C., Ball P.R., Garwood E.A., 1984. Nitrate leaching from grassland.
Nature, 311, 50-53.
Schärlig A., 1985. Décider sur plusieurs critères.
Panorama de laide à la décision multicritère.
Presses Polytechniques et universitaires romandes, Lausanne, Suisse.
Suter II G.W., 1993. A critique of ecosystem health concepts and indexes.
Environmental Toxicology and Chemistry, 12, 1533-1539.
Taylor D.C., Mohamed Z.A., Shamsudin M.N., Mohayidin M.G., Chiew E.F.C.,
1993. Creating a farmer sustainability index: a Malaysian case study.
American Journal of Alternative Agriculture, 8, 175-184.
Vereijken P., 1997. A methodical way of prototyping integrated and ecological
arable farming systems (I/EAFS) in interaction with pilot farms. European
Journal of Agronomy, 7, 235-250.
Vilain L., 1999. De lexploitation agricole à lagriculture
durable. Aide méthodologique à la mise en place de systèmes
agricoles durables. Educagri éditions, Dijon, France.
Wauchope R.D., 1978. The pesticide content of surface water drainage from
agricultural fields: A review. J. Environ. Qual., 7, 459-472.
![]()