I I I
















Hybridation entre le colza et la ravenelle en conditions proches de la pratique agricole

Deux équipes de l’INRA, en collaboration avec le CETIOM, ont évalué les possibilités de croisements entre le colza et la ravenelle, dans des conditions expérimentales proches des pratiques des agriculteurs. Cette étude a confirmé que des hybrides peuvent être produits entre ces deux espèces, à faible fréquence et quel que soit le sens du croisement. Cette première estimation devait être complétée par des expérimentations pluri-annuelles dans une zone naturellement infestée par la ravenelle ; ces essais réalisés en Ariège ont été détruits en 1999 et 2000, par les opposants aux OGM.

L’impact potentiel sur l’environnement des cultures de plantes transgéniques est devenu un sujet d’actualité qui soulève des interrogations de la part de la société et des pouvoirs publics. L’INRA a abordé ces questions depuis 1989, en engageant des travaux de recherche sur les échanges de gènes entre du colza transgénique et les plantes sauvages apparentées (moutardes, roquettes, ravenelle) ; ces études ont été conduites en partenariat avec d’autres organismes publics français (Université d’Orsay), interprofessionnel (CETIOM) et Européens (John Innes Centre au Royaume-Uni et RISO au Danemark).

Deux équipes de l’INRA (Rennes et Dijon) ont réalisé, ces trois dernières années, des expérimentations permettant d’évaluer plus spécifiquement les possibilités d’hybridation entre le colza et la ravenelle, dans des conditions proches de la pratique agricole. Les résultats viennent d’être publiés dans la revue internationale, Theoretical and Applied Genetics (TAG (2000) 100 :1233-1239).

Trois champs d’un hectare de colza transgénique résistant à un herbicide, le glufosinate-ammonium (Liberty ®), ont été implantés avec l’accord de la Commission de Génie Biomoléculaire. Dans chaque champ, près de 500 ravenelles ont été repiquées au milieu ou en bordure du champ de manière à simuler les différentes situations rencontrées chez les agriculteurs. A maturité, les ravenelles ont été récoltées plante à plante, et des échantillons de colza ont été prélevés autour des ravenelles. Le reste de la récolte de colza a été détruit.

En ce qui concerne l’hybridation de la ravenelle par du pollen de colza, sur un total de 190.000 plantes issues des ravenelles récoltées, une seule était un hybride présentant la résistance à l’herbicide. Cet unique hybride provenait d’une graine récoltée sur une plante de ravenelle isolée en bordure de champ. Ce résultat donne pour la première fois une estimation de la fréquence d’hybridation de la ravenelle par du pollen de colza. Pour l’ensemble des ravenelles, quelle que soit leur localisation dans le champ, la probabilité qu’une semence soit un hybride se situe entre une chance sur 10.000.000 et une chance sur 33.000.

En ce qui concerne l’hybridation du colza par du pollen de ravenelle, des études antérieures ayant montré que les graines issues de cette hybridation sont plus petites, seules les petites graines de colza (7,9% de la récolte) ont été semées. Parmi 74.000 plantes observées, 23 hybrides ont été détectés et caractérisés à l'aide de techniques cytologiques et moléculaires. Ils provenaient surtout des colzas poussant près de populations de ravenelles en bordure de champ.

Cependant le dispositif expérimental retenu présentait pour des raisons méthodologiques deux particularités pouvant influencer les résultats par défaut ou par excès : d’une part les ravenelles ont été repiquées, d’autre part la variété de colza utilisée était une association variétale expérimentale. L’aboutissement normal de ce travail est donc de valider les résultats dans des conditions de culture d’une variété transgénique de colza dans une région où la ravenelle pousse spontanément. Une expérience unique en la matière a été mise en place en Ariège à l’automne 1998 par le CETIOM et l’INRA avec l’accord du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche sur avis favorable de la Commission de Génie Biomoléculaire pour 3 ans. C’est ce dispositif expérimental qui a été détruit en 1999 et en 2000 par les opposants aux OGM. Aucune donnée expérimentale ne sera donc disponible.
Contact scientifique : Anne Marie Chèvre, Unité mixte de recherche de Génétique et amélioration des plantes, Département de génétique et amélioration des plantes, Centre de recherche de Rennes, Tél. : 02 23 48 51 31

Contact Presse : Sylvie Colleu-Gourvenec tél. : 01 42 75 91 69

Communiqué de presse - 25 août 2000

Service de Presse et Relations Publiques 
147, rue de l'Université - 75338 Paris cedex 07 
Tél : 01 42 75 91 69 
Fax : 01 42 75 92 05         


Numéro spécial génomique végétale (janvier/février 2001)
La traçabilité dans la filière bovine garantie par un test ADN (13/02/2001)
Découverte d'un nouveau gène responsable de l'absorption du fer par les céréales (18/01/2001)
Le fichier d'empreintes génétiques des chênes européens :
un outil pour la biologie évolutive et pour la traçabilité des produits issus du chêne (décembre 2000)
Contribution de l'INRA à la connaissance du génome d'Arabidopsis (décembre 2000)
Un laboratoire de génétique microbienne de l'INRA reçoit un trophée INPI (décembre 2000)
Pertinence économique et faisabilité d'une filière sans OGM (30/11/2000)
Hybridation entre le colza et la ravenelle en conditions proches de la pratique agricole (25/08/2001)
Destruction de plants transgéniques à Toulouse (26/06/2000)
Construire des plantes résistantes à la sécheresse ? (juin, juillet 2000)
Identification d'un gène à effet majeur sur la qualité de la viande de porc (mai 2000)
Le gène de l'anomalie "Bulldog" localisé en moins de six mois (mai 2000)

Institut National de la Recherche Agronomique
Copyright © 2001 - Tous droits réservés

Mise en ligne : Avril 2001