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Accueil > La science et vous > Apprendre, expérimenter > Le monde des insectes > Comment vivre avec les insectes ?

Comment vivre avec les insectes ?


Insecte butinant sur une fleur de chicorée sauvage (Vignol, Bourgogne, juillet 2004).
© Inra, A. Fraval
Appréciés comme les bêtes à Bon Dieu ou craints comme les pestes, les insectes sont indispensables à la vie sur Terre. Ils sont souvent utiles mais peuvent également être de redoutables compétiteurs pour l’homme ou vecteurs de maladies.

 

Les insectes sont indispensables car en participant aux cycles élémentaires de la nature, ils permettent le maintien de la vie. Ils sont utiles mais peuvent également être néfastes.

Les insectes sont indispensables à la vie sur la Terre

  • Ils participent à la chaîne alimentaire et contribuent à la gestion des écosystèmes 
Les différents compartiments de la biosphère (sols, cours d’eau, atmosphère, microorganismes, végétaux, animaux, …) sont liés les uns aux autres par des processus de transfert de matière et d’énergie que sont la production, la consommation et la décomposition de la matière organique. Ces échanges conditionnent la vie sur Terre.
 
Les végétaux chlorophylliens, capables d’utiliser l’énergie lumineuse et les éléments minéraux pour produire la matière organique et de l’énergie nécessaire à leur survie et à leur développement représentent, le premier maillon de la chaîne alimentaire. Ce sont des producteurs primaires. Les insectes phytophages, qui se nourrissent de cette matière organique, sont des consommateurs primaires. Producteurs secondaires de matière organique. ils servent à leur tour, de nourriture pour de nombreux animaux qui constituent des consommateurs secondaires.
 
Les insectes décomposent la matière organique : ils débarrassent le sol des débris végétaux et des animaux morts, ils recyclent les déjections. Ils contribuent ainsi à aérer le sol et à l’enrichir en substances nutritives pour les végétaux.
  • Ils contribuent à la fructification des végétaux
Chez les plantes à fleurs, le pollen, élément mâle porté par les étamines, doit être transporté sur le pistil pour féconder l’élément femelle ou ovule. Ce processus de pollinisation fait souvent intervenir un agent vecteur de pollen, nécessaire à la reproduction.La pollinisation est dite entomophile lorsque le vecteur est un insecte (abeilles, papillons et autres).
 
En explorant les fleurs à la recherche de nectar, les insectes se frottent aux étamines et récoltent ainsi des grains de pollen qu’ils abandonneront par la suite dans une autre fleur.

Bourdon, Bombus terrestris, vibrant une fleur de tomate pour collecter le pollen. 
© Inra, D. Lefèbvre
Bourdon, Bombus terrestris, vibrant une fleur de tomate pour collecter le pollen.
 
 Chaque insecte est souvent spécialisé pour récolter le pollen d’une ou de quelques espèces en particulier, ce qui fait que le pollen bénéficie souvent d’un transport ciblé jusqu'à une autre fleur de la même espèce.
 
Parmi 20 000 espèces d’abeilles présentes dans le monde, Apis melifera est la plus répandue et celle que l’on connaît le mieux. Mais comme ses cousines sauvages, elle est menacée de déclin. Evaluer ce phénomène et en comprendre les causes est un enjeu pour nos sociétés dont l’alimentation dépend pour une bonne partie de la pollinisation des plantes à fleurs.  En savoir plus ….


Les insectes sont utilisés

  • Apiculture et sériciculture sont des pratiques anciennes dont l’importance économique a sensiblement baissé pour notre pays.
L’apiculture est l’art d’élever des abeilles en vue de récolter les produits de la ruche (miel, cire …). En 2005, la France comptait 1 305 000 ruches et 69 700 apiculteurs dont 2,5 % sont des apiculteurs professionnels (Source : Ministère de l’agriculture et de la pêche).  En 2006, la production de miel français était de 20 000 tonnes contre 1 381 000 tonnes à l’échelle mondiale (Source : FAO).
 
La sériciculture est l'élevage du ver à soie qui est la chenille du papillon Bombyx mori. La soie est le produit de ces vers qui tissent à la fin de leur vie de larve un cocon constitué d’un fil de soie dans lequel ils s’enferment pour se transformer en papillon.

Cocons de Bombyx du mûrier sur support artificiel. © Inra, A. Beguey
Cocons de Bombyx du mûrier sur support artificiel. © Inra, A. Beguey

Elle consiste en l'ensemble des opérations de culture du mûrier dont se nourrissent les chenilles, d'élevage du ver à soie pour l'obtention du cocon, de dévidage du cocon et de filature de la soie. Jusqu'en 1860, la sériciculture était assez répandue dans le bassin méditerranéen mais des épizooties ont décimé les populations de ver à soie. Aujourd'hui, plus de 50% de la production de cocon est réalisée en Asie.
  • La qualité de l'eau est un problème majeur pour la population humaine, utilisatrice des ressources en eau, comme pour les populations végétales et animales pour lesquelles l'eau représente le milieu de vie. Sa détermination est faite grâce à la mesure de différents paramètres physico-chimiques et biologiques. La présence d'une espèce ou groupe d’espèces végétales ou animales dans un cours d’eau constitue un indicateur biologique.
L’étude du peuplement d’insectes et autres invertébrés aquatiques constitue  un bon indicateur de pollution.
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Invertébré aquatique : larve de plécoptère. © Inra, C . Maître.
 Invertébré aquatique : larve de plécoptère. © Inra, C . Maître.
 
  • Ne terminons pas sans mentionner d’autres utilisations des insectes
La consommation d'insectes par l’homme se pratique principalement en Afrique, Amérique du Sud, Asie et Océanie où ils sont parfois recherchés comme des friandises.
 
Pendant des millénaires, les insectes ont fait partie des médications en usage dans les pays du Bassin méditerranéen et de l’Europe.  En savoir plus …

Dans le cadre d'une expertise médico-légale, les insectes nécrophages qui participent de manière active à la dégradation du cadavre deviennent d'excellents indicateurs pour dater la mort ou renseigner sur d'éventuels transports ou manipulations du cadavre ou sur les circonstances et les causes de la mort (Société française de médecine légale, http://www.smlc.asso.fr/).
 
Enfin, la larvothérapie qui consiste en l'utilisation de larves (asticots) de la mouche verte, Lucilia sericata, élevées spécialement pour la détersion et la cicatrisation de plaies humaines ou animales, reste une pratique confidentielle.

 

Les insectes peuvent être néfastes

  • Ravageurs de cultures et des forêts, déprédateurs des denrées et autres substances végétales d’intérêt, les insectes sont susceptibles d'être nuisibles s’ils provoquent des dégâts économiquement sensibles.
Certains ravageurs indigènes sont connus depuis l’Antiquité, d’autres dits exotiques ont été introduits accidentellement comme la chrysomèle du maïs, Diabrotica virgifera virgifera, originaire d'Amérique centrale, tandis que la répartition géographique d’une espèce ou la conquête de nouvelles aires tendent à s’accroître à la faveur du réchauffement climatique. En savoir plus …

 
Les invasions biologiques modèles d’étude des phénomènes évolutifs, le cas des insectes. En savoir plus...

 
Les dégâts sont directs s’ils résultent de l’alimentation de l’insecte ; indirects, ils découlent des piqûres ou des excrétions des insectes et des réactions de la plante (formation de galles, par exemple).
 
Si elles sont difficiles à chiffrer précisément, on estime que les pertes occasionnées par les Insectes aux plantes cultivées et à leurs produits représentent 20 % de la production agricole mondiale. Autre exemple, les pertes occasionnées par les insectes aux forêts canadiennes s'élèvent à environ 30 millions de mètres cubes par an (Source : FAO).
 
Les moyens de lutte sont variés et leurs choix repose dans tous les cas, sur une connaissance approfondie des insectes (physiologie, éthologie, écologie …) et de leurs plantes-hôtes.
 
La lutte physique contre les insectes passe par l’élimination du ravageur ou la détérioration de son environnement de façon à le rendre inhospitalier. Si certaines méthodes font partie des souvenirs comme le ruban collant et autre tapette à mouches, d’autres comme le travail du sol et le piégeage peuvent être mises en œuvre à l’échelle d’un jardin.

Introduit depuis les années 1990, à la faveur d’importations incontrôlées de palmiers en provenance d’Argentine, un papillon, Paysandisia archon, menace les palmiers du Sud de l’Europe.
Sa chenille vit et se nourrit à l’intérieur des stipes (« troncs ») de palmiers et peut provoquer leur mort.


Dégâts de la chenille du papillon Paysandisia archon, dans un rachis du dattier des Canaries. © Inra, J. Drescher.
Dégâts de la chenille du papillon Paysandisia archon, dans un rachis du dattier des Canaries. © Inra, J. Drescher.

 
L’Inra de Montpellier a mis au point un produit naturel qui n’a aucun effet toxique pour la plante ou pour l’environnement. Ce produit, pulvérisé au dessous de l’apex des palmiers, zone où le papillon effectue l’essentiel de son cycle, crée une barrière physique qui isole et protège les palmiers des papillons. En quelques jours, il forme une glu très collante qui gêne l’émergence des adultes, la ponte des femelles et l’éclosion des chenilles. En savoir plus ... 

Depuis la seconde guerre mondiale, l’utilisation de répulsifs et insecticides de synthèses représente une méthode de lutte chimique efficace et largement utilisée.

© Geneviève Compain
Toutefois, l’épandage de doses importantes de produits toxiques soulève aujourd’hui de nombreux problèmes en termes de protection de l’environnement et des écosystèmes naturels ou cultivés ainsi que de santé humaine.
 
Les pratiques culturales destinées à rendre l’environnement défavorable aux ravageurs peuvent avoir un effet néfaste sur son niveau de population ou sa fécondité ou au contraire fournir un environnement plus favorable aux ennemis du ravageur.
 
Principal ravageur du maïs en Amérique du Nord depuis les années 60, la chrysomèle des racines du maïs  est signalé en Europe centrale en 1992, en France en 2002. Les moyens de lutte dans les zones atteintes reposent notamment sur la rotation des cultures. En savoir plus …
 
Le psylle est un ravageur important des vergers de poiriers dans le Sud-est de la France. Le développement de haies composites autour du verger favorise sa protection vis-à-vis des ravageurs. Ces haies constituent un réservoir d’auxiliaires des vergers auxquels elles offrent nourriture et/ou abri. En savoir plus …
 
Les pucerons sont des ravageurs importants de différents types de cultures agricoles, forestières et ornementales.

Vue aérienne d'un champ de maïs atteint par le virus de la jaunisse nanissante de l'orge. Cette maladie virale transmise par les pucerons se caractérise par le nanisme des plants infestés et par la coloration des feuilles allant de jaune à rouge. © Inra, M. Fouchard.
 
Vue aérienne d'un champ de maïs atteint par le virus de la jaunisse nanissante de l'orge. Cette maladie virale transmise par les pucerons se caractérise par le nanisme des plants infestés et par la coloration des feuilles allant de jaune à rouge. © Inra, M. Fouchard.
 
L’utilisation de variétés de plantes cultivées naturellement résistantes aux pucerons pour l’amélioration variétale et la création d’hybrides est une stratégie alternative de lutte contre les pucerons. En savoir plus ….
 
De même, le décryptage des mécanismes de protection des plantes vis-à-vis des pucerons ouvre la voie à d’autres moyens de lutte contre le ravageur qui mettrait à profit l’amélioration du comportement de la plante lors de l’infestation. En savoir plus ….
 
La lutte biologique est une méthode de protection des cultures, définie comme l’utilisation d’organismes vivants (auxiliaires) pour empêcher ou réduire les pertes ou dommages causés par des organismes nuisibles (Source : Organisation internationale de lutte biologique et intégrée, 1973).
 
Si l'organisme antagoniste du ravageur (l'auxiliaire) est un animal, il s'agit de lutte biologique au sens restreint. Dans la plupart des cas, c'est un autre insecte, on parlera alors de lutte par entomophage. On distinguera les prédateurs qui tuent et mangent plusieurs proies au cours de leur développement et les parasitoïdes, qui vivent aux dépens d'un hôte unique, lequel meurt après l'achèvement du développement du parasitoïde.
En savoir plus, insectes auxiliaires, la lutte biologique
 
La lutte biologique connaît de francs succès, par exemple dans la lutte contre la pyrale du maïs, Ostrinia nubilalis, à l’aide de trichogrammes parasitoïdes élevés en masse et lâchés de façons répétées.
En savoir plus, la lutte biologique à l’aide des trichogrammes
 
Si l'organisme antagoniste est un microorganisme, on parle de lutte microbiologique.
 
La bactérie Xenorhabdus nematophila est un agent pathogène de l'insecte, qui vit en symbiose avec un petit ver rond (nématode). Lorsqu'il s'attaque à des larves, le nématode  libère la bactérie qui va alors secréter toute une gamme de facteurs de virulence ou toxines, pour échapper à sa destruction par le système immunitaire de l'hôte. L'infection par X. nematophila provoque ainsi une immunodépression et entraîne la mort de l'insecte. En savoir plus …
 
Des substances synthétiques, analogues des phéromones naturelles secrétées par les insectes sont utilisées pour les attirer dans des pièges. Le piégeage permet d’évaluer une population et d’adapter le traitement des cultures. Lorsque ces substances sont répandues en quantités importantes sur une culture, les insectes mâles sont incapables de localiser les femelles et donc de s’accoupler. Cette technique de confusion sexuelle réduit la descendance des insectes nuisibles et donc les dégâts dans les cultures.
 
Aujourd'hui, la prise en compte de la préservation des milieux naturels et de la santé des consommateurs, est une préoccupation majeure qui conduit à mettre à profit l’ensemble de ces techniques dans différentes conceptions de la protection des cultures :
- la lutte intégrée fait intervenir un ensemble de méthodes satisfaisant les exigences à la fois écologiques, économiques et toxicologiques en réservant la priorité à la mise en œuvre délibérée des éléments naturels de limitation et en respectant les seuils de tolérance. (Source : FAO, OILB).
- la lutte raisonnée, compte tenu du milieu particulier et de la dynamique des populations d'espèces considérées, utilise toutes les techniques et méthodes appropriées de façon aussi compatible que possible, en vue de maintenir les populations d'organismes nuisibles à des niveaux où ils ne causent pas de dégâts économiques » (Source : FAO).

La bactérie du sol Bacillus thuringiensis (Bt) produit différentes protéines actives sur certains insectes, ces protéines agissent en se fixant spécifiquement sur des récepteurs situés au niveau de l'intestin des chenilles et en produisant une paralysie intestinale. La chenille sensible, s'arrête de consommer et finit par mourir de faim.  
Ces protéines sont utilisées, dans le cadre de la lutte microbiologique sous forme de traitements par pulvérisations. En savoir plus ...

 
Le principal ravageur du maïs est, en France, la pyrale du maïs. Un ou plusieurs gènes de Bt peuvent être introduits dans le maïs qui va fabriquer lui-même la toxine insecticide et devenir ainsi résistant à la pyrale. Si elles présentent l’avantage de réduire l’utilisation de pesticides en agronomie, ces cultures impliquent une surveillance de l'apparition éventuelle d'insectes résistants à la toxine Bt.


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Chenille de la pyrale sortant d'un grain de maïs.
© Inra, C. Buisson

  • De nombreux insectes attaquent l'homme ou les animaux.
Poux, puces, moustiques, mouches et autres peuvent alors leur transmettre des maladies plus ou moins graves (typhus, peste, maladie du sommeil ….). Ces maladies infectieuses ont représenté et sont encore une menace majeure contre laquelle s'engage la recherche agronomique.
 
Le chikungunya est causée par un arbovirus de la famille des Togaviridae transmis à l’homme par des moustiques du genre Aedes, Aedes albopictus, Aedes aegypti. Les questions de recherche autour des épidémies récentes concernent les réservoirs animaux,le rôle des différentes faunes (urbaine, familière,domestique, sauvage) dans le maintien et l’évolution virale et les impacts environnementaux de la lutte antivectorielle. En savoir plus, l’Inra et les recherches sur le chikungunya.
 
  • Les insectes … anges ou démons ?  
La coccinelle asiatique, entre souche édentaire utilisée en agriculture biologique et espèce invasive. En savoir plus...

 
Le Grand Capricorne, Cerambyx cerdo
Trésor de la biodiversité ou ravageur forestier majeur ?
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© Claire VIllemant 
 
Les cochenilles… Après 3000 ans d’une exploitation artisanale et industrielle bénéfique, ces redoutables ennemis pour l’agriculture font les frais de la lutte biologique. En savoir plus .... 

 

Rédaction :  Mission communication
Date de création : 11 Septembre 2009
Date de dernière mise à jour : 08 Janvier 2010

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