L’ensilage de maïs entre pour une part importante dans la nutrition des ruminants. Près de 80 % des vaches laitières en consomment sur tout ou partie de l’année. Cet ensilage peut être contaminé par des toxines produites par des champignons microscopiques: les mycotoxines. Ces molécules de nature chimique très diverse entraînent une diminution des performances zootechniques des élevages : chute des performances de croissance, perturbation des cycles de reproduction par des effets oestrogéniques avec pour conséquences des surcoûts pour les éleveurs. De plus, avec l’apparition d’un texte européen (texte 2006/576/CE) réglementant les taux de mycotoxines dans les aliments pour animaux, la maîtrise de la contamination est plus que jamais d’actualité.
Des méthodes de décontamination physico-chimiques existent mais ne sont pas adaptées à la production d’ensilage, trop peu spécifiques ou trop onéreuses en raison des volumes à traiter. Avec pour objectif d’obtenir une méthode simple à mettre en œuvre et bon marché, des chercheurs de l’unité de Recherches sur les Herbivores, en partenariat avec l’entreprise LALLEMAND SAS, ont sélectionné des bactéries capables de neutraliser ces toxines. Ces bactéries sont naturellement présentes dans la flore des ensilages ou peuvent être utilisées comme conservateurs biologiques.
En travaillant in vitro dans des conditions physico-chimiques simulant les conditions naturelles de l’ensilage de maïs (milieu acide et anaérobie) les chercheurs ont réalisé un criblage de nombreuses souches de la flore bactérienne de l’ensilage. Ils se sont aperçu qu’un grand nombre de bactéries (bactéries lactiques, entérocoques, streptocoques) était capable de fixer sur leur paroi les mycotoxines. L’efficacité de ce piégeage variait cependant en fonction des souches et des toxines considérées. En explorant l’interaction paroi-toxine, les chercheurs ont montré que le peptidoglycane composant la paroi bactérienne était la structure responsable de la séquestration et suggéré que la composition en acides aminés de ce peptidoglycane pouvait avoir une grande influence dans la variation de l’intensité de la séquestration.
Par utilisation d’un système de simulation in vitro du tube digestif animal, les chercheurs ont montré que la liaison paroi-mycotoxine était stable lors du processus de digestion. Cette stabilité pourrait alors entrainer une diminution de l’absorption des toxines le long du tractus digestif. L’utilisation d’un mélange de bactéries aux affinités différentes envers les mycotoxines permettrait de diminuer la biodisponibilité des toxines fongiques, les empêchant ainsi d’atteindre les organes cibles des animaux.
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Pour en savoir plus :
- Activités de biotransformation et de séquestration des fusariotoxines chez les bactéries fermentaires pour la détoxification des ensilages de maïs. Thèse soutenue par Vincent NIDERKORN le 25 janvier 2007. Disponible sur demande auprès de l’auteur.
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