Les méthodes qui ont été utilisées jusqu’ici, et qui ont fait l’objet d’une validation par le laboratoire communautaire du JRC-IHCP, avec l’aide des laboratoires du réseau ENGL (
http://engl.jrc.it), sont basées pour la plupart sur la technique PCR temps réel. Ces méthodes ont pour but de quantifier les teneurs en OGM connus et présents sur le marché. Le développement croissant ces dernières années du nombre de semences modifiées génétiquement, les autorisations asynchrones entre l’UE et les pays tiers ainsi que la diffusion d’OGM non autorisés dans un quelconque pays (Bt10 américian, Bt63 chinois, etc.) nécessitait de mettre au point des techniques de détection permettant de distinguer les OGM autorisés de ceux qui ne le sont pas.
Dès 1999, les chercheurs de l’Inra ont proposé dans le cadre du programme européen GMOchips une approche matricielle (implémentée sur puces ou en SNPLex) dont le but était de mettre au point des méthodes capables de détecter les OGM inconnus (UGM : Unknown Genetically Modified Organism). Cette approche matricielle représente le second étage des méthodes et stratégies de détection des OGM inconnus mises au point par l’INRA, la première ayant été la PCR quantitative différentielle (Anal. Biochem. 376 (2008) 189–199) actuellement utilisée dans les laboratoires de contrôle et en cours de validation dans le cadre du projet européen Co-Extra (
http://www.coextra.eu) coordonné par l’INRA.
Grâce aux bons résultats obtenus dans le programme GMOchip une nouvelle biopuce, appelée DualChip® et utilisant la technologie EAT (Eppendorf Arrays Technology), a été proposée, puis validée par le Centre Commun de Recherche selon la norme ISO 5725 (programme européen Co-Extra). Les résultats de l’étude inter-laboratoires viennent d’être publiés (
http://bgmo.jrc.ec.europa.eu/home/documents/report-JRC-EAT.pdf; Eur Food Res Technol (2008) 227:1621–1632) : ils sont positifs.
L’INRA co-préside en outre le groupe de travail UGM (OGM inconnus) du réseau européen ENGL (European Network of GMO laboratories). Un document rationalisant l’approche des UGM et leur détection devrait rapidement voir le jour.
L’activité de l’INRA dans ces domaines tient au fait que les normes, stratégies et méthodes de détection utilisées dans le cadre des OGM servent dans d’autres domaines : quantification des expressions de gènes, détection de pathogènes (végétaux et animaux), de microorganismes producteurs de mycotoxines et organismes producteurs d’allergènes, sachant que la détection des OGM a été la première application raisonnée et normalisée de l’application de la PCR, et de méthodes connexes, aux nombreux produits des filières agroalimentaires.