Les effets des systèmes de culture sur les adventices sont complexes. Ils sont susceptibles d’influencer les différents processus du cycle de vie des espèces (levée, compétition, production semencière,…) et les espèces adventices répondent différemment en fonction de leurs caractéristiques. Les techniques culturales interagissent entre elles ainsi qu’avec les conditions climatiques : par exemple, un travail du sol en conditions sèches ne fait qu’enfouir les semences tandis qu’en conditions humides il stimule aussi des germinations. De plus, ces effets se cumulent sur plusieurs années. Par exemple, les semences de nombreuses espèces survivent pendant plusieurs années et peuvent ainsi être remontées en surface lors d’un labour plusieurs années après leur production et leur enfouissement, occasionnant subitement de nombreuses levées au champ.
Dans ce contexte, la modélisation était indispensable pour synthétiser et quantifier ces effets dans une large gamme de situations, analyser les interactions et évaluer les effets cumulatifs à long terme des systèmes de culture sur les adventices. La réalisation de tels modèles puis leur utilisation dans des cas concrets permet d’envisager une gestion intégrée des adventices.
Le premier de ces modèles a été développé pour une espèce fréquente et nuisible, le vulpin des champs. Le modèle est fondé sur la représentation du cycle de vie du vulpin par une succession de stades-clé (ex : semences germées, croissance prélevée, plantules levées,…) reliés par des fonctions démographiques dépendant des effets des systèmes de culture. Les variables d’entrée du modèle sont le stock semencier initial, les composantes du système de culture (culture, travail du sol, semis, traitements herbicides, engrais, fauche / broyage, récolte) et l’environnement pédoclimatique (température, pluviométrie, caractéristiques du sol…). En sortie le modèle calcule quotidiennement la densité d’individus du vulpin à chaque stade de son développement ainsi que le stock semencier viable dans le sol.
Le modèle proposé par les chercheurs, appelé AlomySys, a fait l’objet d’une évaluation sur plusieurs années. Cette évaluation est évidemment indispensable avant qu’il ne soit utilisé pour développer des conseils pour les agriculteurs. Les évaluations ont montré que le modèle classe bien les systèmes de culture en fonction de leur infestation par le vulpin et prédit bien l’ampleur des infestations. Grâce à son pas de temps journalier et à la prise en compte des interactions avec le milieu, ce type de modèle permet aux instituts techniques et aux chercheurs d'évaluer et concevoir des systèmes de culture afin de conseiller les agriculteurs dans l’optimisation de leurs stratégies de gestion des cultures.
Concrètement, ces modèles sont intégrés dans des logiciels mis à la disposition des chercheurs et instituts techniques. Après avoir démontré l’efficacité de cette approche sur le vulpin, les chercheurs ont engagé une démarche comparable mais appliquée cette fois à un ensemble d’adventices de manière à coller au plus près à la réalité du terrain telle qu’elle est vécue par les agriculteurs.
Contact :
Nathalie Colbach
UMR1210 Biologie et Gestion des Adventices
INRA
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Nathalie.Colbach@dijon.inra.fr
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