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Rapport d'études de l'OPIE, vol. 3, décembre 1998

Contribution à la connaissance de Graellsia isabelae galliaegloria Oberthur (Lepidoptera, Attacidae) connu uniquement en France

Avant-propos

Résumé

I / Introduction
I - 1/ Description de l'espèce
I - 2 / Historique
Découverte de l'espèce
Découverte de la sous-espèce galliaegloria

I - 3 / Carte de répartition de l'espèce
I - 4 / Légitimité des sous-espèces
I - 5 / Biologie dans la nature

II / Présentation des résultats obtenus
II - 1 / La conduite des élevages
Biologie sommaire
L'élevage des chenilles et la production des cocons

II - 2 / Mise au point d'un élevage autonome, étude de la biologie de l'insecte et étude de l'incidence de la plante-hôte
Mise au point de l'élevage
Expérimentation sur la biologie de l'insecte
Discussion - conclusion

II - 3 / Etude de la phéromone sexuelle et mise au point d'une phéromone de synthèse
II - 4 / Etude de la répartition géographique de l'espèce
Les données existantes
Les données non-publiées
L'édification d'une carte préalable de répartition de l'espèce
La mise au point et la conduite d'un plan de campagne de cartographie complémentaire
Prospectives

III / Conclusions

Bibliographie

Table des annexes


Avant-propos
Par Robert Guilbot

Si de très nombreuses recherches sont consacrée; aux 3 ou 4 % d'espèces d'insectes qui causent des dommages à certains moments de leur développement à l'agriculture, à la santé humaine ou aux animaux, dans le but de réduire leurs impacts, il n'en est pas de même pour les quelques autres 97 % qui ont un rôle positif dans le fonctionnement des écosystèmes. Pourtant, tous les États s'accordent à dire que le maintien de la diversité biologique est un enjeu majeur. Les moyens mis en oeuvre pour y parvenir ne sont pas toujours à la hauteur des objectifs. Si l'on veut réellement maintenir, voire restaurer la biodiversité, cela nécessite une meilleure connaissance du fonctionnement des écosystèmes. Il est nécessaire d'identifier leurs composantes et de développer des études scientifiques permettant de connaître les inter-connections entre tous les éléments de ces milieux de vie. Nous pourrions faire oeuvre utile si l'écologie redevenait une science majeure, ce qu'elle fut il y a encore une trentaine d'années.
De même, la protection de l'entomofaune ne bénéficie pas d'un intérêt marqué. La protection d'une espèce oblige à développer des études scientifiques dont l'objectif est de proposer une stratégie de conservation. Il est nécessaire de connaître sa biologie, son écologie, sa biogéographie, la génétique de ses populations, etc. Il faut aussi assurer un suivi à long terme de l'évolution des populations. Bref, un programme peu enthousiasmant pour un organisme de recherche scientifique et pénalisant pour un chercheur.
Cette recherche réalisée sur l'Isabelle de France, espèce emblématique de notre entomofaune française, qui fut protégée dès 1976, a permis un certain nombre d'avancées comme de déterminer les exigences écologiques de ce Lépidoptère, de préciser sa répartition géographique et de montrer le rôle négatif de certains clones de pin sylvestre sur le développement larvaire de l'Isabelle. Elle a confirmé la difficulté d'identifier la phéromone et cela malgré une coopération avec nos collègues espagnols.
L'originalité du travail qui est présenté ici tient au fait qu'il regroupe divers acteurs dans des domaines de compétences complémentaires : On y trouve des scientifiques (INRA), des gestionnaires d'espaces (Parc National des Écrins - Parc Naturel Régional du Queyras) et des entomologistes amateurs de l'OPIE. Chacun avait son rôle, chacun avait sa place valorisant par son travail celui des autres. C'est peut-être par cette alchimie que l'on verra enfin d'autres Ministères concernés, s'investir dans le domaine de la conservation de notre patrimoine naturel, aux côtés du Ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement, des associations entomologiques et de protection de la nature.


Résumé

Cette étude coordonnée par l'OPIE a été conduite par plusieurs partenaires scientifiques (2 laboratoires INRA, le Parc National des Ecrins et le P.N.R. du Queyras) et des entomologistes amateurs. Cette collaboration a permis d'appréhender la relation plante/insecte ainsi que la répartition géographique. Les principaux résultats ont été obtenus dans les domaines de :
- l'incidence de la plante-hôte sur la survie et le développement de l'insecte,
- la détermination des exigences écologiques de l'espèce,
- la mise au point d'élevages de laboratoire de plusieurs générations annuelles grâce à l'usage de la ß-ecdysone pour lever la diapause nymphale,
- l'édification d'une carte préalable de la répartition géographique de l'espèce en France,
- la mise en évidence des difficultés d'étude et de synthèse artificielle de la phéromone sexuelle,
- l'élaboration d'un système de pointage non mortel de présence de l'espèce,
- la mise au point d'un réseau de personnes susceptibles de participer à la campagne de pointage par l'utilisation de la phéromone de synthèse.
Ces résultats contribuent et encouragent à améliorer les connaissances vis-à-vis de cette espèce protégée afin de mieux concourir à la conservation de ses populations naturelles.


Abstract

This study coordinated by OPIE was managed by several scientific partners (2 laboratories of INRA, the "Parc National des Écrins", and the "Parc Naturel Régional du Queyras") and amateur entomologists.
This collaboration led to understand the insect-plant relationships and the geographic distribution.
The main results were obtained in the following fields :
- host-plant incidence on survival and development of the insect, - determination of ecological requirements of the species,
- development of laboratory breeding with several generations per year by using ß-ecdysone to break the nymphal diapause,
- establishment of a preliminary map of distribution in France,
- evidence fot difficulties related to the identification and synthesis of the sex pheromone,
- elaboration of a non-lethal monitoring system of species occurence,
- creation of a network of potential users of synthetic pheromone for the future mapping campaign.
These results help and promote knowledge improvement of this protected species for a better management of their natural populations.


Resumen

Este estudio coordinado por el OPIE fue iilevado a cabo por varios participantes científicos (dos laboratorios "INRA", el "Parc National des Écrins" y el "Parc Naturel Régional du Queyras") y entomologos aficiomados. Dicha colaboración permitió abordar la relación planta/insecto así como la distribución geográfica. Los pricipales resultados fueron obtenidos en las areas siguientes :
- la incidencia de la planta-huésped sobre la sobrevivencia y el desarollo del insecto,
- la determinación de las exigencias ecológicas de la especie,
- la optimización de crias de laboratorio de varias generJciones anuaJles gracias al uso de la ß-ecdysonJ para levantar la diapausa nínfal,
- el establecimiento previo de un mapa del reparto geogràfico de la especie en Francia,
- la puesta en evidencia de las dificultades en el estudio y la síntesis artificial de la feromona sexual,
- la elaboración de un sistema de notación no mortal de presencia de la especie,
- la optimización de una red de personas optas para participar en la campaña de notación con el uso de la feromona de síntesis
Estos resultados contribuyen e incitan a mejorar los conocimientos con respecto a esta especie protegida afin de preservar sus poblaciones naturales.


Cadre de la recherche

Ce programme de recherche correspond au contrat n° 92026 entre le Service de la Recherche, des Etudes et du Traitement de l'Information sur l'Environnement du Ministère de l'Environnement et l'Office Pour l'Information Eco-entomologique.
Le contrat s'est déroulé sur trois années : de 1992 à 1994.

Responsable de l'étude

L'organisme contractant : OPIE - BP n°30 - 78041 Guyancourt Cedex
Nature juridique : Association loi 1901
Responsable scientifique : Remi Coutin (OPIE)
Coordinateur : Hervé Guyot, Chargé de mission (OPIE)

L'OPIE a eu pour rôle de coordonner les actions entre partenaires. Ainsi, l'Office a organisé des réunions de travail, élaboré les plans de campagne et rédigé les bilans annuels. La participation aux activités de terrain a permis de mieux appréhender les difficultés de travail liées à l'étude de cette espèce, Des élevages d'appoint de moyenne production ont été conduits dans les locaux de l'Office pour observations, maintien d'une souche d'élevage et transmission de chrysalides femelles au laboratoire des Médiateurs Chimiques de l'INRA.
Enfin, l'Office s'est chargé de réfléchir sur la mise au point d'un réseau de personnes susceptibles de participer à la campagne de cartographie, ceci après avoir conduit une étude préalable de synthèse des données disponibles.

Partenaires

Parc National des Ecrins - Christian Baïsset, Marcel Chaud
Parc Naturel Régional du Queyras - Michel Blanchet, Francis Martin, Catherine Sénéchal
Laboratoire des Médiateurs chimiques (INRA - Versailles) - Pierre Zagatti
Station de Zoologie forestière (INRA - Orléans) - André Delplanque, Claude Géri, Francis Goussard
Amateurs éleveurs adhérents de l'OPIE - Dominique Ades, Raymond Cocault, Robert Lemaître, Patrick Rosset, Alain Schall, Robert Vuattoux .

Organisation du programme de recherche

Ce programme de recherches s'est articulé autours de deux axes prioritaires :
L'étude de la relation plante/insecte
- la mise au point de souches de laboratoire de plusieurs générations annuelles visant à produire de nombreux cocons permettant de ne pas intervenir sur les populations naturelles,
- l'amélioration des connaissances de la relation plante/insecte et de son interaction avec le milieu physique,
- la détermination des exigences écologiques de l'espèce afin de définir son habitat potentiel,
- l'étude de l'incidence de la plante-hôte sur la survie et le développement de l'insecte.

L'étude de la répartition géographique de l'espèce en France
- la synthèse des données existantes,
- l'étude de la phéromone sexuelle et la mise au point d'une phéromone de synthèse,
- l'élaboration d'un système de pointage non mortel de présence de l'espèce,
- la mise au point d'un réseau de personnes susceptibles de participer à la campagne de pointage par l'utilisation de la phéromone de synthèse.

Rôle des partenaires dans le programme de recherche

Le Parc National des Ecrins et le Parc Naturel Régional du Queyras recouvrent chacun une partie de l'aire de répartition naturelle de Graellsia isabelae galliaegloria .
Les Agents des parcs chargés de ce programme :
- informent le public et le sensibilisent à la protection de l'espèce et de son milieu de vie,
- recueillent des informations biogéographiques in situ,
- effectuent des élevages in situ dans le but de produire un maximum de cocons destinés à l'extraction de la phéromone sexuelle et au maintien de l'espèce en élevage.

Ils sont aidés dans leurs actions par les amateurs éleveurs adhérents de l'OPIE en ce qui concerne :
- la connaissance de l'espèce,
- la mise au point de son élevage et la résolution des problèmes y afférent,
- le maintien de souche d'origine semi-sauvage en élevage,
- l'obtention annuelle de pontes d'origine semi-sauvage,
- la production de femelles vierges pour les pointages de présence de l'espèce dans les aires de sa répartition probable.

Le Laboratoire des Médiateurs chimiques de l'INRA de Versailles a pour mission :
- d'utiliser la production de chrysalides d'élevage à des fins d'extraction, d'analyse, d'identification et de synthèse artificielle des phéromones sexuelles,
- d'effectuer des expérimentations en laboratoire puis en nature pour évaluer l'efficience des produits de synthèse avant de diffuser des capsules de phéromone aux observateurs de terrain dans le cadre très strict de l'étude de la cartographie et de l'évolution des populations.

La Station de Zoologie forestière de l'INRA d'Orléans a pour objet :
- la mise au point de souches de laboratoire de plusieurs générations annuelles visant à produire de nombreux cocons qui permettent de ne pas intervenir sur les populations naturelles (l'essentiel de la production du laboratoire est destiné au laboratoire des Médiateur; chimiques de l'INRA de Versaille),
- l'amélioration des connaissances de la relation plante/insecte et de son interaction avec le milieu physique,
- la détermination des exigences écologiques de l'espèce afin de définir son habitat potentiel,
- l'étude de l'incidence de la plante-hôte sur la survie et le développement de l'insecte.

[R]

1/ Introduction

I - 1/ Description de l'espèce

Graellsia isabelae est un papillon nocturne de la famille des Attacidae (anciennement Saturniidae) qui regroupe en France 5 espèces de grandes dimensions.
Les antennes brun rougeâtre sont largement quadripectinées chez le mâle et étroitement chez la femelle. Le thorax brun violacé possède un collier et les ptérygodes jaunâtres. L'abdomen est lie de vin annelé de jaune pâle. Les ailes sont légèrement hyalines, d'un fond jaune verdâtre ou vert bleuâtre. La marge des ailes et les nervures sont brun rougeâtre ainsi que la base des ailes qui montre une éclaicie jaunâtre. Une double bande submarginale brun noir diffus parcoure les ailes antérieures ; elle est simple sur les ailes postérieures. Chaque aile possède un ocelle à fenêtre hyaline bordé d'arcs rouge, jaune et blanc et cerclé de noir.
Les ailes postérieures sont largement caudées chez le mâle, plus faiblement chez la femelle chez qui les ailes antérieures ont aussi un apex moins saillant. L'envergure des plus grandes femelles avoisine 100 mm.
La chenille âgée est de couleurs verte et brune liserées de blanc encore plus vives que celles de l'imago. Sa taille maximale atteint 80 mm.

1 - 2 / Historique

Découverte de l'espèce
L'Isabelle fût découverte dans les Sierras madrilènes par Juan Mieg en 1839. Celui-ci en fit part à Don Mariano de la PAZ GRAELLS qui décrivit l'espèce type sous le nom de Saturnia isabelae en 1849, dédié à la Reine Isabelle II d'Espagne. Le mâle, découvert plus tardivement, ne fut décrit qu'en 1855.
Au début du 20ème siécle, d'autres localités furent découvertes en Espagne, en particulier dans les Pyrénées espagnoles.
La sous-espéce typonominale Graellsia isabelae isabelae, typiquement espagnole, est localisée d'une part au environ de Madrid et en Sierra de Guadarrama, et d'autre part dans les Montes Universales et Sierras de Javalambre et de Gudar.
En 1955, Marten décrit la sous-espéce paradisea localisée dans les Pyrénées orientales espagnoles et en Catalogne. Cette sous-espèce se rencontre actuellement régulièrement dans les Pyrénées Orientales françaises.
En 1974, Bustillo et Rubio décrivent la sous-espèce ceballosi localisée dans le nord de l'Andalousie en Sierra de Segura.. et de Cazorla.
En 1974. Bustillo Aizpurua et Rubio décrivent la sous-espéce  roncalensis localisée dans les Pyrénée; centrales et occidentales espagnoles.

Découverte de la sous-espèce galliaegloria
L'Isabelle fût découverte tout-à-fait par hasard en France le 27 mai 1922 dans les Hautes-Alpes, à l'Argentière-la-Bessée. La sous-espèce fût décrite par Charles Oberthür en 1922 sous le nom de galliaegloria et se caractérise de façon très constante de la sous-espèce nominale par son envergure supérieure, la courbure apicale des ailes postérieures, l'assombrissement des nervures, le développement de la bande noirâtre submarginale vestigiale des ailes postérieures et la grandeur de la fenêtre hyaline ocellaire.

Les populations d'Isabelle de France sont originales, car isolées géographiquement des populations espagnoles.

1 - 3 / Carte de la répartition connue de l'espèce en 1995


1 - Graaellsia isabelae roncalensis
2 et 3 - Graellsia isabelae paradisea
4 et 5 - Graellsia isabelae isabelae
6 - Graellsia isabelae ceballosi
7 - Graellsia isabelae galliaegloria

1 - 4 / Légitimité des sous-espèces

Si les populations allopatriques espagnoles de l'Isabelle présentent des différences phénotypiques mineures et relativement difficiles à caractériser de façon constante, il n'en est pas de même pour la population française des Alpes dont les caractéristiques phénotypiques de l'adulte semblent bien distinctes de celles des sous-espèces espagnoles et des populations des Pyrénées françaises.
Aucune étude scientifique sérieuse (biométrie, électrophorèse enzymatique, composés phéromonaux ...) n'a encore été conduite pour justifier l'existence des différentes sous-espèces citées à ce jour. Cependant, la sous-espèce galliaegloria semble largement justifiée par les caractéristiques phénotypiques spécifiques des adultes.

1 - 5 / Biologie dans la nature

L'Isabelle vit en moyenne montagne à climat méridional, entre 600 et 1800 m d'altitude et fréquente les pentes boisées en Pin sylvestre. Les adultes apparaissent en mai-juin en une seule génération annuelle. Les mâles s'envolent entre 21h et 23h à la recherche des femelles en appel cachées dans la végétation. L'accouplement dure 4 à 5 heures. Les femelles prennent alors leur envol nocturne pour aller pondre 100 à 200 oeufs par petites quantités sur les branchettes de différentes espèces de Pins, de préférence sur des jeunes arbres isolés, en lisière ou en clairière. Les papillons ne s'alimentent pas, leur longévité dépasse rarement 4 à 5 jours. Les chenilles éclosent entre 10 et 15 jours après la ponte. Elles vivent isolément au dépens des aiguilles de Pin qu'elles consomment, camouflées par leur livrée qui est d'abord entièrement grise, puis qui se pare progressivement de motifs vert vif et brun liserés de blanc. La nymphose a lieu au sol courant août dans la litière des arbres, dans un cocon soyeux de couleur brune enrobé de débris végétaux. L'hivemation se produit à l'état de nymphe en diapause.
Certaines chrysalides peuvent hiverner deux hivers successifs.

[R]

II / Présentation des résultats obtenus

II - 1/ La conduite des élevages

Biologie sommaire
L'acquisition de plusieurs souches d'élevage de cette espèce nocturne s'effectue par la capture de femelles fécondées sous les éclairages publics ou par piégeages lumineux effectués grâce à des lampes à vapeur de mercure placées dans le biotope de l'espèce durant la période de vol entre avril et mai.
Des quelques oeufs issus de ces captures éclosent des chenilles qui sont élevées sur Pin sylvestre pour donner des cocons mâles et femelles en juillet-août.
La confection du cocon à lieu au sol, sous les mousses et les débris.
Les chrysalides contenues dans ces cocons entrent alors en diapause jusqu'au printemps suivant, pour libérer des adultes en avril-mai dont la durée de vie n'excède pas une à deux semaines.
Pour éviter les dérives liées à la consanguinité, qui semble réduire la fertilité et affaiblir les souches d'élevage, nous avons chaque année revitalisé nos souches par des fécondations in natura des femelles captives issues d'élevage par des mâles entièrement "sauvages".
Le succès de la reproduction réside dans la précision du "pilotage" des chrysalides femelles de sorte qu'elles "éclosent" exactement à la période de vol des mâles de la localité où elles vont être utilisées.
C'est par le contrôle de la température pendant la fin de la vie nymphale que s'effectue la gestion, au jour près, de la date de sortie des adultes.
Cette opération indispensable, qui nécessite la présence assidue d'un connaisseur de l'espèce sur le terrain, a fortement contribué à la meilleure connaissance de la biologie ainsi que de la répartition de l'Isabelle de France.
Les pontes obtenues dès lors en grand nombre ont été distribuées aux partenaires chargés de la conduite des élevages de masse destinés à la production de cocons.
Les accouplements in natura ont été effectués chaque année.
Des captures de femelle; sauvages ont permis presque chaque année de lancer l'élevage de nouvelles souches.

L'élevage des chenilles et la production des cocons
L'élevage des chenilles s'effectue sur divers pins dont elles consomment les aiguilles entre mai et août. Elles sont solitaires et malgré leur grande taille elles sont assez discrètes.
Plusieurs types d'élevages ont été conduits : des élevages sur plantes coupées, en boîtes peu ventilées, des élevages sur plantes coupées trempant dans l'eau, ainsi que des élevages sur plantes in situ, sous bonnettes ou sous manchons. Différentes essences de pins ont été utilisées, de même que différentes conditions de température et de luminosité.
Les résultats globaux de la production de cocons figurent sur le tableau de l'annexe 1.
On observe que la production initiale d'oeufs est très variable selon les années. Hormis le nombre de femelles captives, ce sont les conditions météorologiques rencontrées sur le terrain pendant la période de vol qui influent le plus souvent sur le nombre d'accouplements obtenus et donc sur le nombre d'oeufs pondus. Les facteurs climatiques influent aussi beaucoup sur le taux d'éclosion des oeufs ; ainsi, une période de vol tourmentée par le froid et les précipitations n'est jamais favorable à une bonne fertilité des oeufs.
Les productions de cocons varient aussi de façon impressionnante selon le stock initial d'oeufs, selon le taux de fertilité de ceux-ci, selon les conditions climatiques subies en cours d'élevage ainsi que selon les difficultés de main d'oeuvre rencontrées pour chaque installation d'élevage.
Un histogramme visualise en annexe 2 la progression de la production d'oeufs et de cocons entre 1990 et 1995.
Il s'avère que l'espèce est d'un élevage délicat. Les aléas liés à l'élevage in situ sont nombreux et souvent imprévisibles (climat, prédation, maladie...). En conditions contrôlées de laboratoire, l'élevage des chenilles obtient beaucoup plus de succès, mais au prix d'une main d'oeuvre quasi permanente, et l'accouplement en captivité reste exceptionnel.
Ainsi, les élevages effectués à grand peine n'ont presque jamais permis d'obtenir des quantités suffisamment importantes de cocons pour permettre de conduire à bien et en temps voulu toutes les expérimentation; souhaitées.

II - 2 / Mise au point d'un élevage autonome,- études sur la biologie de l'insecte et études sur l'incidence de la plante-hôte

Rapport sur les activités de la Station de Zoologie Forestière de l'INRA d'Orléans par C. GERI et F. GOUSSARD
Plus encore peut-être que la capture par les collectionneurs, la raréfaction des milieux et la modification des habitats liées à l'activité humaine, constituent un danger pour la survie de certaines espèces de Lépidoptères.
Dans le cas des espèces forestières, ce danger est réel car les forêts sont soumises à de profonds remaniements, liés aux formes modernes d'exploitation et à la déprise agricole. D'autre part, la rareté même de certaines espèces fait qu'à l'exclusion de descriptions morphologiques, leur biologie, notamment leurs relations avec les plantes et le milieu physique qui constituent des points essentiels pour l'évolution des populations de ces insectes, demeure souvent en grande partie méconnue. Tel est le cas de l'espèce rare et protégée Graellsia isabelae
Nous nous sommes proposés au cours de cette étude d'approfondir la biologie de cet insecte et notamment les mécanismes de relation avec le milieu qui conduisent cette espèce à occuper un habitat limite. Par ailleurs nous nous sommes intéressés à la toxicité que pouvait avoir pour l'insecte certains clones de pin sylvestre utilisés par l'INRA à des fins d'amélioration du matériel forestier, dont certains présentaient déjà un caractère nocif vis-à-vis des larves de l'hyménoptère Diprion pini L.. un des principaux ravageurs du pin sylvestre en Europe.

La mise au point d'un élevage permanent de G. isabelae était le préalable nécessaire à la réalisation de ces expérimentations afin d'éviter des prélèvements de l'espèce dans la nature, prélèvements qui de toute façon auraient été insuffisants sur le plan expérimental. Cet élevage était également important pour fournir des insectes à l'équipe INRA des médiateurs chimiques pour identifier et synthétiser la phéromone de G. isabelae, afin de préciser son aire de répartition.
Notre programme s'est donc poursuivi de 1990 à 1995 sur les objectifs suivants :
- mise au point des techniques de reproduction et d'élevage, afin de maintenir et développer un élevage autonome ;
- expérimentations sur la biologie de l'insecte et notamment sur ses arrêts de développement (induction et levée de la diapause) ;
- expérimentation sur l'incidence de la consommation de différentes espèces de pins et de différents clones de pin sylvestre.

Mise au point de l'élevage
Les essais d'élevage ont débuté en 1990 à partir de 150 oeufs fournis par les éleveurs amateurs. Les oeufs, en partie stériles ou non fécondés n'ont donné que 45 larves. Une partie des chenilles a été utilisée pour étudier la diapause en laboratoire. Les 20 chenilles restantes ont été élevées par lots de 5 individus, avec des rameaux de pin sylvestre coupés dans des boîtes en polystyrène transparent (28x29x10 cm ). sous un abri extérieur dans les conditions de photopériode et de température de la région d'orléans. 18 cocons puis 16 adultes (7 mâles, 9 femelles) ont été ainsi obtenus en fin d'élevage.
Ces adultes ont été reproduits à Orléans du 15 avril au 15 mai 1991, sous abri extérieur dans des cages de faible volume (30x30x80 cm), en isolant les insectes par couples. 300 oeufs ont été obtenus, dont beaucoup n'étaient pas fécondés. 63 larves sont écloses elles ont été élevées à l'extérieur comme précédemment elles ont donné 31 chrysalides puis 23 adultes
(10 mâles, 13 femelles) du 4 au 25 mai 1992.
Leur reproduction, tentée à nouveau sous abri à Orléans en 1992 avec 10 couples n'a pas permis d'obtenir d'oeufs fécondés, probablement du fait d'une trop grande concentration des insectes dans les cages ou peut-être de la consanguinité. Trois femelles restantes, transportées dans le Parc Naturel Régional du Queyras, ont été fécondées par des mâles de la nature suivant la technique développée par les amateurs. Ramenées à Orléans, elles ont pondu 136 oeufs d'où sont issues 36 jeunes larves. Cet effectif a été complété par 260 oeufs obtenus dans les mêmes conditions par les amateurs et qui ont donné naissance à 72 jeunes larves. 21 d'entre elles étant mortes à l'éclosion, 85 larves ont pu être élevées dans les conditions habituelles. Elles ont servi à des tests d'alimentation.
60 chrysalides saines (26 mâles et 34 femelles) ont été obtenues, puis autant d'adultes.
En 1993, seulement 9 femelles issues de ces chrysalides ont été accouplées dans le parc naturel régional du Queyras du 12 au 15 mai du fait des conditions climatiques défavorables. 680 oeufs ont été obtenus de retour à Orléans, qui ont donné naissance à 236 jeunes larves viables confirmant l'existance d'une forte proportion d'oeufs stériles. 60 larves ont été affectées aux expérimentations en laboratoire, tandis que 176 ont été élevées sous l'abri extérieur pour les expériences d'alimentation et pour la conservation de la souche. Au total, 131 chrysalides ont été produites (72 mâles, 59 femelles).
Les femelles écloses ont été accouplées du 10 au 20 mai 1994 dans le parc naturel régional du Queyras avec des mâles de la nature. 34 accouplements ont été obtenus et les femelles ont produit 5000 oeufs dont 3400 ont éclos : 408 chenilles néonates sont mortes, 1000 ont été foumies à l'OPIE pour élevage et production d'adultes afin d'identifier la phéromone, 565 ont été élevées sous abri à Orléans à raison de 10 larves par lot pour assurer le maintien de la souche et fournir des adultes pour la recherche de la phéromone (365 chrysalides), 140 ont servi à un élevage extensif réalisé directement en pépinière (40 protégées ont donné 37 chrysalides, les 100 autres ont été détruites par les prédateurs), 130 ont servi sous abri aux tests d'alimentation (56 chrysalides ), 357 ont permis d'étudier l'incidence de l'élevage avec différentes densités d'insectes par lot (230 chrysalides) et 800 larves ont été utilisées en laboratoire pour les expériences sur l'induction et la levée de la diapause (550 chrysalides). 300 chrysalides, dont 250 femelles ont été données au laboratoire des médiateurs chimiques.
En 1995, 24 accouplements ont été réalisés dans le Briançonnais et 7 à Orléans en pépinière. 2000 oeufs puis 676 jeunes larves ont été ainsi obtenues à Orléans. Ces larves ont été élevées sous abri extérieur pour le maintien de la souche et les expériences d'alimentation, ou soumises au laboratoire à différentes conditions de température et de photopériode pour des expérimentations sur la diapause, 181 chrysalides ont été obtenues. Par ailleurs, les expérimentations sur la levée de la diapause par injections de ß-ecdysone pratiquées les 27 septembre et 23 novembre 1994 ont permis de provoquer l'apparition d'adultes qui se sont reproduits en cage, au laboratoire et ont donné respectivement 79 et 133 larves. Ces larves élevées à 20°C  sous 16h 30d'éclairement journalier ont produit respectivement 55 et 89 chrysalides; conservées ultérieurement sous l'abri extérieur.
Les performances biologiques moyennes des insectes en élevage sont présentées dans le tableau 1 de l'annexe 3. Celle;-ci sont demeurées relativement constantes de génération en génération malgré la croissance des effectifs de G. isabelae obtenus. Il existe toujours un pourcentage relativement élevé d'oeufs stériles. La sex-ratio traduit un bon équilibre entre les mâles et les femelles. L'élevage fournit de gros insectes et leurs poids ont tendance à s'accroître, vraisemblablement du fait de meilleures conditions d'alimentation (utilisation de clones de pin sylvestre favorables). La mortalité durant le développement larvaire est inférieure à 30 %, à l'exception de l'année 1995 où les accouplements ont été réalisés tardivement et les larves élevées de ce fait en conditions de plaine trop chaudes. A noter un pourcentage d'éclosions particulièrement élevé en 1994.

Expérimentations sur la biologie de l'insecte

Incidence de la photophase et de la température sur l'induction et la levée de la diapause
G. isabelae présente systématiquement dans la nature une diapause hivernale des chrysalides qui lui permet de différer son développement jusqu'à l'année suivante. Pour développer un élevage permanent de l'insecte en laboratoire, il était important d' essayer d'éviter cette diapause et d'obtenir un plus grand nombre de générations par an. A cette fin, nous avons tenté d'intervenir sur l'induction et la levée de la diapause par l'action de facteurs classiques : photophotopériode et température. Par ailleurs, la compréhension de l'action de ces facteurs était nécessaire à la compréhension de leur incidence sur le développement de l'insecte dans ses différents habitats.

Tableau 1 : Récapitulatif des différentes conditions de lumière et de température appliquées sur les élevageqs de Graellsia isabelae galliaegloria au cours du programme de recherche.
LARVES CHRYSALIDES
Cycle 1990-1991
- 15,16°C, puis 16h30, 20°C

- 16h30, 20°C

- 8h, 3°C (2,5 mois), 8h, 12°C (3,5 mois), puis 16h30, 20°C (Lot A )

- éclairement et température naturels (abri extérieur) (Lot B )
- 8h, 3°C (2,5 mois), 8h, 12°C (3,5 mois), puis
- 16h30, 20°C (Lot C )
- 16h30, 20°C (Lot D )
Cycle 1993-1994
- 12h, 20°C (Lot E )


- 16h30, 20°C (Lot F )


- 20h, 20°C (Lot G )


- abri extérieur (Lot H )

- 8h, 3°C, puis 12h, 20°C
- 8h 3°C; puis 16h30, 20°C
- abri extérieur
- 8h, 3°C, puis 12h, 20°C
- 8h 3°C, puis 16h30, 20°C
- abri extérieur
- 8h, 3°C, puis 12h, 20°C
- 8h 3°C, puis 16h30, 20°C
- abri extérieur
- 20°C, éclairement naturel
Cycle 1994-1995
- 16h30, 20°C (Lot1)
- 12h, 20°C (Lot J )
- 15h, 16°C (Lot K )
- abri extérieur (Lot L )

- abri extérieur
- abri extérieur
- abri extérieur
- abri extérieur

Un assez grand nombre d'expérimentations a donc été effectué au cours des cycles 1990-1991, 1993-1994 et 1994-1995. En faisant varier les conditions de photophase et de température subies par les différents stades, les larves étant élevées, généralement par lots de 5 individus, en pièces climatisées, dans des boîtes en polystyrène de la même façon que les insectes de l'élevage.
Pour les différents cycles ont été réalisées les conditions récapitulées dans le tableau 1.
Tous les essais d'inhibition de l'entrée en diapause ou de levée de la diapause, en modifiant les fonditions de photophase et de température subies par les larves et les chrysalides, sont restés pratiquement sans effet. Ceci confirme le caractère obligatoire de la diapause de G. isabelae et les difficultés qu'il y a à empêcher son induction ou à provoquer sa rupture. En particulier, la diapause ne peut être empêchée par l'exposition des larves à des photophases longues. Au contraire, celles-ci retardent l'apparition des adultes l'année suivante. Il en est de même pour les températures froides. En revanche, l'exposition des larves à des jours courts augmente la précocité de ces sorties.
Aucune réactivation des insectes dans le cocon n'est obtenue si les chrysalides sont conservées sous des photophases longues (16h) et/ou à des températures chaudes (20°C). Il est donc vraisemblable que dans les conditions naturelles, la longue exposition hivernale des nymphes à des températures froides et à des jours courts est indispensable à leur réactivation et à la sortie des adultes. Ceci paraît confirmé par quelques cas d'obtention de la levée de la diapause au cours du cycle 1993-1994, sur des chrysalides soumises à un traitement au froid (3°C), puis replacées à 20°C, 16h30 de photophase après élevage des larves sous 12 h de photophase.
Il a par ailleurs été confirmé que l'insecte peut subir des diapauses de plus d'un an, qui expérimentalement paraissent favorisées par des photophases longues.
Au cours de ces expériences, nous n'avons pas constaté de variations importantes des autres caractéristiques du développement des insectes (tableau 2 de l'annexe 3). De faibles différences ont été observées sur les durées de développement (p<5 % ), analyse de variance), sauf lorsque les larves ont été soumises à des températures plus froides (16°C au lieu de 20°C). Des écarts ont également été notés sur les poids des insectes, plus faibles après élevage des larves sous des photophases courtes (12h).

Incidence de l'alimentation sur l'induction et la levée de la diapause
Les expériences d'alimentation de G. isabelae avec différents clones et espèces de pin, n'ont mis en évidence aucune incidence de ces conditions alimentaires sur l'induction et le levée de la diapause.
Levée de la diapause par injections de ß-ecdysone
Etant donné la difficulté de rompre la diapause de G. isabelae en faisant intervenir les facteurs classiques du milieu, nous avons fait appel à des injections de ß-ecdysone à raison de 4µg par g dans les chrysalides. Cette hormone, dont le précurseur (l'ecdysone) est produit par les glandes prothoraciques, est fréquemment impliquée dans le déterminisme hormonal de la diapause et s'utilise souvent pour rompre la diapause des insectes. Nous avons effectué pour G. isabelae, les injections préconisées par les amateurs suivant une méthode déjà utilisée pour d'autres Attacidae (ADES et al., 1989).
Celles-ci ont été faites sur une partie des insectes soumis aux différentes conditions de température et d'éclairement au cours des cycles 1990-1991, 1993-1994 et 1994-1995.
Cycle 1990-1991
Une partie des chrysalides des différents lots expérimentaux (référencés A, B, C et D tableau précédent) a reçu une injection de ß-ecdysone le 27/02/1991, soit après le traitement au froid à 3°C pour les lots A et C. Une seconde injection a été faite le 13/06/1991 sur les chrysalides non traitées restées en diapause.
Cycle 1993-1994
Une partie des chrysalides provenant des larves soumises aux trois traitements (référencés E, F, G) a été conservée dans les mêmes conditions et a reçu une injection de ß-ecdysone le 09/11/l993.
Cycle 1994-1995
Une partie des chrysalides provenant des larves soumises aux différents traitements (référencés I, J, K, L) a reçu une injection de ß-ecdysone dès la formation du cocon. Les autres parties conservées dans les conditions d'élevage des larves, ont été prélevées successivement tous les 2 mois et ont subi une injection de ß-ecdysone avec ou sans traitement préalable de 2 mois au froid (3°C, photophase 8h). Après l'injection, les insectes ont été replacés en partie dans leurs conditions d'origine, en partie à 20°C en éclairement naturel, en partie à 20°C sous 16h30 d'éclairement journalier.

La diapause a été levée sur la quasi totalité des individus, quelles que soient les conditions de température et d'éclairement subies par les larves et par les chrysalides avant les injections et par les chrysalides après les injections et quelle que soit la date d'injection, à l'exception de l'expérimentation du cycle 1993-1994, portant sur un très petit nombre d'insectes, pour laquelle 50%, 25% et 60% seulement des individus ayant subi respectivement 20h, 16h30 et 12h de photophase ont repris leur développement, et des insectes du cycle 1994-1995 ayant subi des injections immédiatement après la formation du cocon qui restèrent en majorité en diapause. Le délai entre l'injection et la sortie des adultes est de 20 jours à 20°C. Un traitement préalable des chrysalides au froid n'est pas indispensable, mais il accélère l'apparition des adultes. L'élevage des larves et la conservation des chrysalides avant l'injection sous des photophases courtes (12h) a des effets semblables, tandis que l'exposition des mêmes stades à des photophases longues (16h30) retarde les sorties d'adultes.
Dans les conditions naturelles, les insectes ayant ou non subi des injections fin février sortent simultanément, ce qui laisse supposer que la diapause est déjà levée à cette date. Durant le cycle 1994-1995, deux tentatives de reproduction d'adultes provenant de chrysalides réactivées par les injections ont été conduites avec succès ainsi que l'élevage de leur descendance jusqu'à l'obtention des adultes. Ces résultats permettent d'envisager l'utilisation de cette technique simple pour développer sans discontinuité un élevage au laboratoire. En outre, le fait de pouvoir réactiver les insectes en diapause durant un laps de temps prolongé permet d'envisager d'utiliser cette technique pour une production permanente de G. isabelae à des lins expérimentales.

Incidence de la densité des insectes
Il était généralement admis que l'élevage de G. isabelae ne pouvait être réussie qu'en élevant les chenilles presque isolément sur des pinss la technique utilisée dans nos élevages a montré que l'insecte pouvait néanmoins se développerde façon satisfaisante lorsqu'il était placé dans un espace restreint et alimenté par des rameaux coupés. Nous avons recherché au cours des cycles 1993-1994 et 1994-1995 quelle pouvait être l'incidence de l'élevage dans les mêmes conditions d'un plus grand nombre de chenilles.
Les conditions suivantes ont été réalisées :
Cycle 1993-1 994
5 larves (4 répétitions), 10 larves (2 répétitions)
Cycle 1994-1 995
5 larves (17 répétitions), 7 larves (17 répétitions), 9 larves (17 répétitions)

Les résultats de ces expérimentations sont présentés dans le tableau 3 de l'annexe 3. Il apparaît que l'on peut regrouper au moins 9 individus par boîte de polystyrène sans affecter les performances des insectes. Seul un faible ralentissement du développement semble lié à l'accroissement du nombre de larves élevées simultanément et des individus plus lourds sont ainsi obtenus. Une importante mortalité a été observée sur un effectifde 10 jeunes larves au cours du cycle 1993-1994, mais ce résultat ne porte que sur deux répétitions.

Les biotopes de Graellsia isabelae galliegloria se composent généralement de peuplements anciens de pins sylvestres au sein desquels les femelles recherchent les arbres les moins hauts. Les semis naturels de bord de sentiers, de prairies ou de torrents sont de bons endroits à prospecter pour trouver des chenilles. (Cliché H. Guiyot)

Expériences d'alimentation avec différents clones et espèces de pins
Les expériences sur l'incidence des différents clones de pins sylvestres se sont déroulées durant les cycles 1992-1993, 1993-1994, 1994-1995 et 1995-1996. Les clones expérimentés ont été préalablement classés suivant leurs effets sur
D. pini en favorables à cet insecte ( B ), défavorables (M) ou très défavorables (M+).
Durant les cycles 1992-1993 et 1993-1994, les performances de G. isabelae lorsque les larves sont alimentées avec différentes essences de pin 23 ont également été comparées à celles obtenues avec l'utilisation de son hôte principal Pinus sylvestris.
Comme pour l'élevage, les expérimentations ont eu lieu sous un abri extérieur en boîtes de polystyrène (28x24x I0 cm) en alimentant des lots de 5 larves (8 pour le cycle 1995-1996) avec des rameaux coupés.
Pour les différents clones, on a testé les clones et espèces suivants :
Cycle 1992-1993
Clones : 129 (B), 14 (B), 721 (M), 588 (M+), 356 (M+) avec 2 répétitions
Espèces : - Pinus uncinata RAM
               - P. contenta DOUGL
               - P, nigra ARN ssp laricio POIR var, corsicana (pin laricio)
               - P. nigra ARN ssp c/usiana CLEM var. cebenensis (pin de Salzmann) (1 répétition)
Cycle 1993-1994
Clones : 129 (B), 15 (B), 614 (B), 875 (B), 721 (M), 625 (M) avec 2 répétitions
Espèces : - P. contenta
               - P. banksiana LAMB
               - P. nigra ARN ssp nigricans HOST var. austriaca (pin noird'Autriche)
               - P., jeffreyi GREV et BALF (pin de Jeffrey)
Cycle 1994-1995
Clones : 129 (B), 14 (B), 875 (B), 721 (M), 646 (M), 588 (M+), 356 (M+), 649 (M+) avec 4 répétitions, sauf pour les clones 875, 721 et 356 (2 répétitions).
Cycle 1995-1996
Clones : 129 (B), 20 (M), 147 (M) avec 12 répétitions.

Les résultats de ces expérimentations sont résumés dans le tableau 4 de l'annexe 3. Des différences significatives ont été obtenues en cequi concerne la mortalité, la sex-ratio, la durée du développement larvaire et le poids des Chrysalides (test du X2 pour les variables qualitatives, mortalité et sex-ratio, analyse de variance pour les variables quantitatives, durée de développement et poids des chrysalides.
Il apparaît que les clones nocifs à D. pini se sont aussi montrés régulièrement défavorables à G. isabelae : mortalité plus importante sans toutefois atteindre les niveaux réalisés chez D. pini (différences significatives avec un risque <2% en 1994-1995 et 1995-1996), développement larvaire plus long, chrysalides mâles et femelles plus légèress (différence souvent significative à un risque < 1 %). Les  performances les plus mauvaises ont toujours été observées avec les clones classés M+. En revanche, les clones favorables à D. pini ont également été trés bénéfique  pour G. isabelae causant les mortalités les plus faibles, les développements les plus rapides et permettant l'obtention des individus les plus lourds. On notera en particulier les poids très élevés des chrysalides femelles (parfois supérieurs à 5 g) obtenus avec le clone 129), poids par ailleurs étroitement corrélés à la fécondité de l'insecte.
La consommation du feuillage de différentes espèces de pin a également modifié les performances de G. isabelae. Toutes les autres espèces testées ont provoqué une plus forte mortalité, un développement plus long et des poids de chrysalides plus faibles que les pins sylvestres, à l'exclusion des clones défavorables (différences significatives à un risque < 1 %). P. contorta  et P. uncinata n'ont toutefois pas affecté gravement le développement de l'insecte. L'espèce nord américaine P. banksiana a causé une certaine mortalité, mais permis un développement rapide et l'obtention de cocons assez lourds. Le pin Laricio a été responsable de performances assez médiocres, tandis que le pin noir d'Autriche et surtout les pins de Salzmann et de Jeffrey se sont pratiquement montrés impropres à assurer la survie et le développement de l'insecte.

Discussion-conclusion
L'élevage de G. isabelae conduit à la Station de Zoologie Forestière d'Orléans montre la possibilité d'élever cette espèce en grand nombre avec des techniques usuelles d'élevage des insectes en laboratoire. La méthode est actuellement suffisamment bien maîtrisée pour que des chrysalides nécessaires à l'identification de la phéromone de l'insecte aient pu être foumies au laboratoire des médiateurs chimiques et pour que l'on puisse produire, sans prélèvement dans le milieu naturel, les insectes indispensables à de futures expérimentations pour améliorer nos connaissances sur la biologie de ce lépidoptère et sur ses conditions d'habitat.
Dans bien des cas, on constate que les insectes obtenus en laboratoire présentent des performances biologiques équivalentes sinon supérieures à celles des insectes de la nature. Et ceci d'autant plus que les conditions d'élevage des
larves : choix du matériel d'alimentation, effectifs, conditions de température et d'éclairement ont fait l'objet d'investigations permettant de réelles améliorations.
Il reste cependant vrai que ces techniques devraient encore être améliorées d'une part pour élever l'insecte en conditions de température et de photopériode contrôlées et obtenir ainsi un plus grand nombre de générations par an, d'autre part pour lever l'obstacle de la consanguinité et reproduire l'insecte au laboratoire sans faire appel aux populations naturelles. Le caractère quasi obligatoire de la diapause mis en évidence par nos expériences constitue une réelle difficulté vis-à-vis de ces objectifs. Toutefois cet inconvénient peut d'ores et déjà être contourné, dans la mesure où des injections de ß-ecdysone permettent de rompre la diapause des chrysalides pratiquement à n'importe quelle période de l'année et que les insectes obtenus ont en même temps pu être immédiatement reproduits par deux fois dans les conditions de laboratoire et leur descendance élevée avec succès.
Il a en outre été bien établi que G. isabelae peut se reproduire et se développer sans difficulté dans des conditions de plaine puisque l'élevage des larves a été régulièrement conduit dans les conditions naturelles d'éclairement et de température de l'orléannais et que l'accouplement, la ponte et l'élevage des larves ont été obtenus avec succés ces conditions, tant sous abri extérieur que directement sur les pins en place en pépinière. Ce fait est important à prendre en considération pour l'étude de l'aire de répartition actuelle de l'insecte et de son habitat potentiel. Dans ces régions, l'insecte peut néanmoins avoir quelques difficultés à réaliser un développement tardif du fait des températures élevées qui surviennent dès le mois de juin.
Sur le plan des essences hôtes, il apparaît que le pin sylvestre est bien l'espéce la plus favorable au développement de G. isabelae, mais que mais que si plusieurs espèces de pin sont manifestement  défavorable au développement de ce Lépidoptére, d'autres parmi lesquelles certaines espèces de pin d'origine nord américaine suseptibles d'être utilisées pour les reboisements peuvent constituer des hôtes acceptables, auxquels l'inscte est susceptible de s'adapter.
Des différences manifestes en ce qui concerne le développement de l'insecte sont également observées entre clones de pin sylvestre et les aptitudes des différents clones pour G. isabelae paraissent relativement concordantes avec celles qui sont observées pour d'autres défoliateurs des pins, tels l'Hyménoptère Diprionidae Diprion pini et le Lépidoptère Thaumetopoidae Thaumetopoea pityocampa Schiff. En outre, les résultats obtenus en alimentant les insectes avec des clones favorables ou défavorables sont particulièrement nettes et reproductibles d'année en année dans le cas de G. isabelae. Ceci montre que les propriétés nocives du feuillage de certains arbres intéressent des espèces systématiquement très éloignées et qu'elles peuvent affecter aussi bien des espèces protégées que des ravageurs. Bien qu'on ait noté des effets directs de ces clones plus limités sur la mortalité de G. isabelae que sur celles des espèces déprédatrices ciblées, il en résulte qu'il faut prêter attention à l'utilisation du matériel végétal dérivé de ces clones à des fins d'amélioration du pin sylvestre et d'accroissement de sa résistance aux défoliateurs dans l'aire potentielle d'habitat de l'insecte. Par ailleurs, il apparaît que certains clones sont responsables de performances particulièrement remarquables de l'insecte.Ces performances peuvent être utilisées avantageusement pour élever des insectes rares et protégés. En revanche, il est vraisemblable que de tels effets risquent d'être également constatés avec des espèces défoliatrices, conduisant au développement d'insectes ravageurs particulièrement vigoureux. Ceci est à craindre si un matériel végétal dérivé de clones de bonne croissance, non sélectionnés pour leur résistance aux ravageurs, était placé en grande quantité sur le terrain. Ce risque est également à considérer dans une optique d'amélioration des arbres forestiers.

Les enceintes destinées aux accouplements en nature sont grillagées et équipées de branchettes de pin qui facilite l'accrochage des femelles issues d'élevage. Le matin suivant les accouplements, les individus se sont naturellement séparés mais les mâles ne sont pas repartis.
(Cliché H. Guyot).

II - 3 / Etude de la phéromone sexuelle et mise au point d'une phéromone de synthèse

Rapport sur les activités du Laboratoire des médiateurs chimiques de l'INRA de Versailles par P. ZAGATTI et C. MALOSSE
Les phéromones sexuelles de Saturniidae sont très mal connues. En trente ans, seulement quatre d'entre elles ont été, décrites, malgré les efforts de nombreuses équipes de recherche à travers le monde.
Les difficultés techniques qui surviennent lors des tentatives d'identification sont dues aux quantités extrêmement faibles de phéromones produites naturellement par les femelles. En effet, les Saturniidae sont les Lépidoptères chez qui le système de communication par phéromone a atteint le maximum de perfection, les mâles sont capables de détecter des quantités infimes de phéromone (comme l'illustre la morphologie de leurs antennes) et les femelles ne produisent que quelques picogrammes dans leurs glandes. De plus, les extraits phéromonaux sont fréquemment pollués par les sécrétions abondantes des glandes accessoires des femelles, qui masquent complétement les composés de la phéromone lors des analyses physico-chimiques.
Par conséquent, l'identification des phéromones sexuelles chez les Saturniidae ne peut se faire qu'à partir de l'extraction d'un nombre considérable de glandes de femelles vierges (plusieurs milliers), et les quatre phéromones identifiées à ce jour l'ont été sur des modèles classiques de laboratoire, qu'il est possible d'élever en masse.

Lorsqu'elle s'apprète à manger, la chenille de Graesilla isabela (ici au dernier stade) recourbe consciencieusement l'aiguille de pin qu'elle va consommer en inspectant toute sa longueur (Cliché R. Coutin)

La phéromone sexuelle de Graellsia isabelae galliae gloria est étudiée depuis 1991 au Laboratoire des Médiateurs Chimiques de l'INRA (aujourd'hui Unitéde Phytopharmacie et Médiateurs Chimiques), au gré des disponibilités en chrysalides femelles. Jusqu'à 1995, les difficultés de production de cette espèce en grand nombre n'avaient pas permis d'effectuer des extractions en suffisamment grandes quantités pour pouvoir les analyser.
Le profil des réponses de l'antenne du mâle aux composés déjà identifiés dans les phéromones sexuelles d'autres Bombycoïdes (électroantennographie ou EAG) avait révélé une forte sensibilité aux aldéhydes.
Cependant, aucune extraction directe de glande à phéromone femelle n'avait permis jusqu'en 1994 de mettre en évidence de composéé phéromonaux dans les sécrétions de G. isabelae, malgré des traitements hormonaux (PBAN : Pheromonee Biosynthesis Activating Neuropeptide).
La campagne d'élevage 1994 a permis de disposer, pour la première fois, d'un stock important de chrysalides femelles pour le printemps 1995. Un total de 245 femelles vierges a ainsi été traité en 6 séries d'extractions échelonnées entre le 19 mai et le 16 juin. Ces extractions ont été effectuées entre 19h et 22h en photopériode naturelle, sur des insectes éclos 12 à 36 heures auparavant. Les glandes à phéromone ont été prélevées par excision ùes 3 demiers segments abdominaux puis mises à macérer dans l'hexane ( Carlo Erba Anilyticals RPE) 1heure à température ambiante, puis 12 heures à-30°C. Les extraits ont ensuite été filtrés et réunis en un extrait unique qui a été concentré sous flux d'azote jusqu'à un volume de 100 µl.
L'extrait correspondant aux 245 glandes femelles a été analysé par chromatographie en phase gazeuse (colonne apolaire CPSiI 8 CB) couplée à un spectromètre de masse. Durant cette analyse, il n'est apparu aucune structure s'apparentant aux phéromones de Lépidoptères (et en particulier aucun aldéhyde). l'extrait phéromonal a été séparé en 3 fractions par chromatographie micropréparative et les fractions ont été testées sur l'antenne de 10 mâles en EAG. La fraction 1 correspondait à la zone d'élution des aldéhydes à 14 ou 16 atomes de carbone, la fraction 2 aux hydrocarbures non fonctionnalisés (et à la queue du chromatogramme), et la fraction 3 à des alcools primaires et secondaires.
Les trois fractions ont été comparées à l'extrait total et à une stimulation par le (Z)- 11-héxadécénal de synthèse (1µg). Les résultats montrent que l'extrait effectué en 1995 est très peu actif sur l'antenne des mâles (comparaison des moyennes par test de Friedmann). Aucune des fractions de l'extrait ne restitue à elle seule l'activité EAG de l'extrait total. Il y a en fait additivité parfaite des 3 fractions. Ces résultats suggèrent qu'aucun composé phéromonal n'est présent en quantités détectables dans l'extrait de 245 femelles.
La différence entre ces résultats et ceux obtenus en 1993 s'expliquent probablement par le traitement hormonal par le PBAN, qui avait produit des extraits à activité EAG marquée (amplitudes supérieures à celles du (Z)-11-héxadécénal) sur seulement 22 femelles.
A la suite de ces résultats très décevants malgré le nombre d'insectes disponibles, il est proposé de procéder sur le produit des élevages de 1995, à des extractions de glandes à phéromone après traitement par le PBAN.
Le traitement des plusieurs centaines de femelles nécessitera une incubation in vitro, par injection de l'hormone dans l'abdomen de femelles entières deux heures avant l'extraction. Cette expérience est très lourde à mettre en oeuvre et coûtera cher en neuropeptide de synthèse. Si les résultats n'apportent rien de tangible, le programme d'identificatiun de la phéromone de Graellsia isabelae sera abandonné après 1996.

La chenille de Graellsia isabelae, consomme systématiquement les aiguilles de pin à partir de leur extrémité. Selon la plante-hôte et le stade de développement de la chenille, la quantité d'aiguilles consommées au cours d'un repas est très variable mais chaque aiguille est entièrement consommée. (Cliché R. Coutin)

II- 4 / Etude de la répartition géographique de l'espèce

L'étude a été articulée en trois phases concernant :
- l'analyse de la bibliographie et de quelques collection; auxquelles nous avont eu accès et la compilation de données de pointage non publiées ;
- l'édification d'une carte préalable de répartition de l'espèce ;
- la mise au point et la conduite d'un plan de campagne de cartographie complémentaire par : l'analyse des cartes phyto-sociologiques ;
- la mise au point d'un système de pointage fiable et non mortel ;
- la création d'un réseau de personne; susceptibles de participer au pointage cartographique ;
- la formation de ces personnes à l'utilisation rigoureuse des phéromones de synthèse.

Les données existantes

Compte-tenu de la découverte relativement récente de cette espèce dans les Alpes françaises (initialement attribuée à la rareté de l'espèce), les références bibliographiques restent le plus souvent muettes quant aux localités de collecte, dans le but certain d'une protection contre le pillage entomologique.
De plus, les rares individus présents dans les collections des musées visités ne sont pas étiquettés correctement,
probablement encore dans un souci de protection des localités.
Actuellement et depuis leur mise en place, les mesures réglementaires de protection qui intéressent Graellsia isabelae galliaegloria n'incitent absolument pas les entomologistes qui ont rencontré l'espèce, à publier leurs données et personne ne semble posséder d'individus en collection. Ainsi donc, par le fait de la rareté de l'espèce et des mesures de protection qui l'affectent, il n'existe quasiment aucune bibliographie ni collection permettant d'exploiter des citations de localités ou de dates d'observation.

Les données non-publiées

Les données dont nous avons pu disposer en nombre suffisant pour établir une cartographie préalable de l'espèce sont d'origines variées, incluant depuis les pointages certains par des entomologistes avertis connaisseurs de l'espèce, jusqu'aux témoignages moins précis et moins fiables d'habitants questionnés, en passant par toutes les observations et captures effectuées par les différents partenaires du programme de recherche depuis 1992 et avant.
Dans sa conception, le document de synthèse permet de localiser chaque observation (département, commune, localité, altitude), avec, le plus souvent, des indications sur le biotope.
La datation des données, souvent très précise, n'est pourtant quelquefois pas facile à déterminer quand il s'agit de données d'origine verbale. Cependant, elle donne tout de même, malgré son imprécision, une information non négligeable pour l'étude de l'évolution des populations.
Pour chaque pointage figurent le nombre d'individus concernés ou, le cas échéant, les mentions "nb. indéterminé" ou "plusieurs" selon la précision obtenue des observateurs.
Le stade de développement regroupe le sexe lorsqu'il s'agit d'adultes, ou la mention "chenilles" pour les larves observées. "Adultes indéterminés" correspond à une indifférenciation du sexe lors de l'observation.
L'origine tend à décrire la façon dont l'observateur a été amené à rencontrer les individus. Cette mention recouvre le tropisme lumineux ("lumière"), l'"attraction sexuelle", ainsi que l'observation en "nature"
L'observateur est celui qui es à l'origine de l'observation de terrain. sans lui, l'observation n'aurait put être effectuée. Cependant, il n'est pas forcément nommé et peut revêtir des catégories de personnes très diverses ("habitant", "facteur",... ).
Le type de donnée peut être de quatre ordres différents : "Verbale" quand il s'agit d'observations d'un tiers rapportés par l'auteur, de "Collection" quand il s'agit d'insectes présents dans des collections, "Bibliographique" pour les données issues de la littérature, ou d"'Observation personnelle" pour les identification; in natura qui n'ont pas données lieu ni à capture et collection, ni à publication.
Le Rédacteur est le rapporteur de l'observation. Il est toujours nommé et constitue une caution de la donnée qu'il rapporte.
La Valeur de la donnée, qu'elle soit "Certaine" ou "Probable", est attribuée par le Rédacteur en fonction de son sentiment par rapport à l'origine de la donnée. Ainsi, les données verbales émanent de tiers non entomologistes sont généralement pondérées d'une valeur "Probable". Les données douteuses, aberrantes ou peu sérieuses par rapport à la biologie et la répartition de l'espèce n'ont jamais été rapportées ni prises en considération par les Rédacteurs des fiches d'inventaire.

L'édification d'une carte préalable de répartition de l'espèce

Plusieurs cartes sont proposées en annexe 4.
- une première carte, nationale, localise les départements touchés par la répartition de l'espèce,
- une carte microrégionale à l'échelle des communes regroupe sous le même symbole de disques pleins, les données attestées, puis sous le symbole de disques creux, les données probables. Un grand "B" localise l'origine des références bibliographiques, la limite des zones centrales des parcs sont précisées,
- une carte présente à la même échelle les communes occupées par des données attestées (en noir) et celles occupées par des données probables à vérifier (en hachures),
- enfin, une dernière carte localise les formations végétales contenant du pin sylvestre, plante-hôte de prédilection de l'espèce.
Il apparait que seuls les départements des Hautes-Alpes (05) et des Alpes de Haute-Provence (04) sont concernés par la présence de Graellsia isabelae galliaegloria, avec une grande majorité des données provenant des Hautes-Alpes (05). D'autre part, même s'il existe quelques ruptures dans la couverture du territoire concerné qui sont liées, d'une part aux interruptions de la couverture végétale favorable à l'espèce (critères altitudinaux ou pression anthropique), et d'autre part aux prospections relativement réduites, il existe un continuum qui couvre toutes les communes de la vallée de la Durance et du Guil depuis 740 m jusqu'à 1800m d'altitude. 37 communes sont touchées par la répartition certaine ou probable de l'espèce en 1995.
Cependant, au vu de la carte des communes concernées, il semble que les hautes vallées soient moins bien prospectées que les altitudes plus moyennes où se trouvent aussi les grandes villes.
Les efforts de prospection positives les plus intenses correspondent aux localisations des maisons des parcs de Ecrins et du Queyras; les plus faibles concement surtout les vallées d'altitude ainsi que l'aval d'Embrun.
Ces observations s'expliquent de manière très simple :
- la plupart des données exploitées pour l'inventaire cartographique ont été effectuées par des personne; chargées de se procurer des souches ou de produire des oeufs après accouplement in natura de femelles captives issues d'élevage- Ainsi, les sites qui sont préférentiellement fréquentés sont ceux qui garantiront les attentes de cette facette du programme de recherche, et dont on avait initialement la meilleure connaissance de la présence de l'espèce ainsi que de la date d'apparition -les personnels des  parcs, qui sont présents tout au long de l'année sur certains sites particuliers (les maisons du parc à Vallouise et Guillestre, leur domicile...), sont à l'origine d'une grande quantité de données qui influe sur l'analyse de la couverture du terrain ;
- les données qui correspondent à de faibles altitudes sont le fruit de prospections excentrées et précoces, le plus souvent vouées à de nombreux échecs. En effet, les efforts de prospections à faibles altitudes sont le plus souvent liés à des piégeages lumineux dont l'efficacité n'a rien de comparable à l'utilisation de l'attraction sexuelle des mâles par des femelles vierges. Ces contrées tout à fait favorables seraient à prospecter de façon adéquate aux périodes adaptées au vol de l'insectes. L'effort de prospection, infructueux, n'apparaît pas sur les cartes.
En ce qui concerne la présence de l'espèce sur le territoire des parcs des Ecrins et du Queyras, il apparait très clairement que l'Isabelle de France occupe toute la basse vallée du Guil entre Guillestre et Château-Queyras qui constitue l'axe central du Parc Naturel Régional du Queyras. Par contre, seule la zone périphérique du Parc National des Ecrins semble favorable à l'espèce, du fait surtout de l'altitude trop élevée de la zone central du parc.
Ainsi, Graellsia isabelae galliaegloria fréquente essentiellement les forêts de pin sylvestre couvrant les pentes des vallées de la Durance (qui passe entre les deux parcs) et du Guil (qui plonge au coeur du parc du Queyras).
Enfin, il faut mentionner une citation fort probable (mais non vérifiée) sur le versant italien, aux alentours de Susa, où les conditions paraissent favorables à l'espèce.

La mise au point et la conduite d'un plan de campagne de cartographie complémentaire

L'analyse des cartes phyto-sociologiques
L'analyse micro-régionale permet d'observer que Graellsia isabelae galliaegloria présente avec certitude dans quasiment toute la zone du pin sylvestre de la vallée de la Durance et du Guil depuis 740 m jusqu'à 1800m d'altitude (cf. carte 4 de l'annexe 4).
Cependant, certains peuplement; forestiers restent vierges de prospections, pour des raisons déjà mentionnées de distances des grandes villess ou de faibles altitudes entraînant une précocité de la période de vol qui est déphasée par rapport aux efforts de prospections habituellement ciblés autour de Guillestre pour garantir des accouplements et assurer la pérénnité des élevages nécessaires au programme de recherche.
Au niveau régional, les cartes phytosociologiques montrent l'existence de nombreux autres massifs forestiers qui pourraient être favorables au développement de l'espèce. Des peuplements à pins sylvestres installés dans des altitudes similaire; à celles favorables à Graellsia isabelae galliaegloria couvrent de grandes surfaces depuis Gap jusqu'à Grenoble, en recouvrant le Diois et une partie du Vercors. D'autre part, de nombreuse; vallée; des Alpes de Haute-Provence présentent aussi des éléments climatiques, topographiques et phyto-socologiques a priori similaires à ceux rencontrés dans l'aire connue de répartition de l'espèce.

La mise au point d'un système de pointage fiable et non mortel
Jusqu'à présent, les pointages de présence de l'espèce dans son biotope potentiel se sont efiectués régulièrement grâce à l'attraction phéromonale qu'exerce les femelles sur les mâles "sauvages" lorsqu'elles sont vierges.
L'utilisation de femelles "appelante;" issues d'élevage, bien que beaucoup plus efiicace que l'utilisation du tropisme lumineux auquel l'insecte est sujet (piégeage lumineux ), présente tout de même plusieurs inconvénients :
- l'émission de la phéromone sexuelle n'est pas permanente et ne s'effectue que dans un laps de temps réduit à quelques heures à la tombée de la nuit.
- la qualité de l'émission de la phéromone sexuelle est tributaire des conditions de transport, de conditionnement, de climat... subies par les femelle; appelantes,
- une femelle n'émet plus de phéromone dès lors qu'elle a subi un accouplement,
- la présence d'un observateur est nécessaire pour veiller à ce que les femelles en appel ne s'envolent pas et que des mâles sauvages viennent effectivement tourner autours d'elles, voire s'accoupler avec elles.
Ainsi, l'observateur qui serait chargé d'une série de pointages de présence sur des sites distants les uns des autres ne pourrait pas concilier toutes les contraintes imposées par la manipulation d'insectes vivants, à moins d'édifier des pièges sélectifs répondant aux conditions suivantes :
- non mortels,
- discrets, pour ne pas attirer les curieux,
- démontables,
- résistants,
- peu onéreux.

Ces pièges ont été conçus pour pouvoir être installés sur le terrain, le long d'un itinéraire, avec une femelle vierge à l'intérieur dont l'objet est d'attirer et retenir un mâle unique. Le principe est celui d'une nasse de pêcheur.
Le premier mâle attiré par la femelle captive rentre dans le piège pour s'accoupler. Dès que l'accouplement a lieu, l'émission de la phéromone sexuelle est interrompue et aucun autre mâle ne rentre dans le piège.
Une fois l'accouplement terminé (généralement au bout de quelques heures), le mâle cherche à s'échapper du piège sans succès, retenu par la nasse.
L'observateur pourra donc noter à son retour, la présence réelle de l'espèce sur le site testé. Il relâchera alors le mâle, mais la femelle fécondée ne pourra plus servir au piégeage sexuel.
Pour quadriller un site, l'observateur devra donc disposer d'une quantité non négligeable de femelles captives afin d'alimenter ses pièges régulièrement.


A la tombée de la nuit, les femelles cachées dans le feuillage des pins se placent en position d'appel et émettent leur phéromone sexuelle. Dès cet instant arrivent les premiers prétendants (Cliché R. Coutin)

Pour être efficace, la mise en place de cet inventaire systématique était largement tributaire de la synthèse de la phéromone sexuelle. En effet, son utilisation devait initialement permettre de pallier les nombreux aléas relatifs à la manipulation de femelles appelantes. Cependant l'étude et la synthése de la phéromone sexuelle n'ayant pas obtenu le succés souhaité dans les délais impartis, les observateur; de terrain n'ont pu que continuer leur pratique ponctuelle d'attraction avec des femelles appelantes en nombre restreint avec les inconvénients cités plus haut.
De plus, l'utilisatiton de capsules de phéromone se révèle difficile à concilier avec la contrainte de non-atteinte aux populations en place. En effet, pour l'utilisation d'un piège identique à celui décrit précédemment, il n'y a pas de rupture de l'émission de phéromone lors delà pénétration du premier mâle dans le piège, et ceci pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Ainsi, en une seule nuit de piégeage, de nombreux mâles pourraient être piégés ou s'agglutiner autours du piège, ce qui influerait de façon importante sur le comportement des populations en place. La conception d'un piège à inactivation automatique de la phéromone n'est de surcroît envisageable qu'après des tests en nature sur l'efficience du produit et sur le comportement des mâles sauvages. Aucun modèle de piège non-mortel à phéromone de synthèse n'a donc encore été conçu.
La création d'un réseau de personnes susceptibles de participer au pointage cartographique
Plusieurs réunions de travail ont permis de discuter de la mise au point d'un réseau de cartographie. Il est à retenir que dans l'hypothèse d'une phéromone sexuelle efficace, dont la rémanence peut atteindre près de deux semaines, les intervenants du programme considèrent que les observateurs de terrain doivent connaître Graellsia isabelae galliaegloria et sa bio-éthologie, et doivent "avoir de bonnes références" quand à leur motivation scientifique.
Chacun s'accorde à dire que dans un premier temps, le recrutement d'entomologistes locaux serait à proscrire et que seuls les participants au programme actuel et les agents des parcs des Ecrins et du Queyras pourraient être formés et participer à la prospection sur le terrain, en relation avec un responsable scientifique à désigner. Les agents des parcs concernés signalent dès à présent leur motivation et l'intérêt scientifique reconnu par leurs conseils scientifiques respectifs dans la
poursuite d'une telle opération.
Dans un deuxième temps, des agents forestiers pourraient, semble t-il, contribuer de la même façon au quadrillage du terrain.
La formation des observateurs à l'utilisation rigoureuse de la phéromone de synthèse Nous rappelons que la phéromone de synthèse peut être un excellent outil de travail lorsqu'elle est utilisée consciencieusement, mais qu'elle peut se transformer en arme redoutable (pour graellsia isabelae galliaegloria) si elle est manipulée par une personne non avertie.
Chacun des participants actuels est déjà sensibilisé à ces divers aspects de l'utilisation du produit et il est entendu qu'au moment de sa mise en circulation, la phéromone fera l'objet de plusieurs sessions de formation des observateurs de terrain concernés.

Prospectives
Dans l'attente de la mise au point et de la disponibilité de la phéromone de synthèse, les agents des parcs, les amateurs éleveurs et les autres partenaires désirent poursuivre leurs élevages et la production de femelles vierges pour permettre de compléter l'inventaire cartographique de cette espèce patrimoniale. Ceci est nécessaire afin d'établir avec plus d'exactitude la répartition de l'Isabelle et de définir des mesures de gestion qui lui soient adaptées.

[R]

III / Conclusions

Le programme initial de recherche que nous nous étions fixé a pris du retard sur certains points pour deux raisons essentielles :
- Les difficultés de mise en place d'élevages de masse de cette espèce réputée "difficile" n'ont pas permis de grosses productions de cocons en début de programme de recherche,
- hormis le faible nombre de cocons produit en début d'étude, nous nous sommes heurtés à des difficultés insoupçonnées pour l'identification de la phémmone sexuelle, ce qui n'a pas permis, avant la fin du contrat, d'obtenir la phéromone de synthèse nécessaire à la mise en place du réseau de cartographie de l'espèce in situ.
Cependant, des résultats encourageants et positifs ont été obtenus en ce qui conceme :
- la meilleure connaissance de l'éco-éthologie de l'espèce,
- la mise au point de techniques d'élevage de masse en laboratoire,
- la sensibilisation des agents des parcs concemés, et, par leur intermédiaire, de la population riveraine des parcs, à la protection et à la prise en considération de l'espèce dans la gestion raisonnée des biotopes favorables,
- la mise en évidence de l'impact de l'utilisation de certaines espèces et certains clones de pin dans les opérations de reboisement, .
- la cartographie provisoire de Graellsia isabelae gaillaegloria.
Si la pression des entomologistes sur les populations de Graellsia isabelae gaillaegloria semble désormais négligeable grâce aux mesures réglementaires intemationales et nationales qui régissent les interventions sur les populations et les biotopes, il apparaît tout de même indispensable de prendre en considération les données issues des travaux conduits dans notre étude pour contribuer encore à favoriser le maintien des populations de Graellsia isabelae galliaegloria par la gestion raisonnée de son habitat.
Dans l'état d'avancement actuel des recherches, il semble indispensable de poursuivre l'effort déjà investi dans l'étude de l'Isabelle de France, dans la mesure où cette espèce représente un élément remarquable, spectaculaire, rare et protégé de notre patrimoine naturel national.

Les oeufs de Graellsia isabelae gallaegloria, très mimétiques, sont pondus (après accouplement) par petits groupes sur les rameaux de faibles diamètres aux extrémités des branches basses. Les femelles pondent généralement plus d'une centaine d'oeufs qu'elles distribuent sur de nombreux arbres en parcourant les sites favorables.


[R] Bibliographie

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Ylla J., Sarto V., 1993 - Ecological factors affecting mating of Graellsia isabelae (Graells, 1849 ) (Lepidoptera, Saturniidae) - Nota lepid. 16
(2 ) : 145 -162.


[R] Table des annexes

ANNEXE 1 : Présentation des productions d'oeufs et de cocons de Graellsia isabelae galliaegloria de 1990 à 1995

ANNEXE 2 : Evolution de la production des oeufs et des cocons de Graellsia isabelae galliaegloria de 1990 à 1995

ANNEXE 3 :
Tableau 1 : Performances biologiques moyennes des élevages de Graellsia isabelae galliaegloria de 1990 à 1995
Tableau 2 : Performances biologiques moyennes des élevages de Graellsia isabelae galliaegloria suivant la photophase et la température subies par les larves
Tableau 3 : Performances biologiques moyennes des élevages de Graellsia isabelae galliaegloria lorsque les chenilles sont élevées par groupes d'effectifs croissants sous abri extérieur.
Tableau 4 : Performances biologiques moyennes des élevages de Graellsia isabelae galliaegloria lorsque les chenilles sont alimentées avec différents clones de pin sylvestre et avec différentes espèces de pin

ANNEXE 4 :
Carte 1 : Carte de répartition géographique nationale de Graellsia isabelae galliaegloria
Carte 2 : Carte micro-régionale de données ponctuelles de répartition géographique de Graellsia isabelae galliaegloria Carte 3 : Carte micro-régionale de données communales de répartition géographique de Graellsia isabelae galliaegloria Carte 4 : Carte micro-régionale de répartition géographique des peuplements de pins sylvestres autour de l'aire de répartition de Graellsia isabelae galliaegloria


[R] ANNEXE 1

Présentation des productions d'oeufs et de cocons de Graellsia isabelae galliaegloria de 1990 à 1995
Eleveurs. 1990 1991 1992 1993 1994 1995
Parc National Ecrins 120 oeufs
75 cocons
150 oeufs
35 cocons
606 oeufs
120 cocons
450 oeufs
33 cocons
200 oeufs
110 cocons
326 oeufs
49 cocons
Parc naturel régional du Queras 153 oeufs
2 cocons
135 oeufs
38 cocons
116 oeufs
16 cocons
200 oeufs
73 cocons
803 oeufs
OPIE et collaborateurs 115 oeufs

49 cocons
370 oeufs

86 cocons
400 oeufs
expérim.
240 cocons
1580 oeufs

174 cocons
Equipe de pilotage OPIE 100 oeufs
50 cocons
100 oeufs
50 cocons
150 oeufs
100 cocons
300 oeufs
100 cocons
1100 oeufs
150 cocons
700 oeufs
100 cocons
INRA Zoologie Forestière 300 oeufs
expérim.
31 cocons
530 oeufs
expérim.
64 cocons
700 oeufs
expérim.
131 cocons
5000 oeufs
expérim.
1200 cocons
1050 oeufs
expérim.
182 cocons
TOTAL 220 oeufs
125 cocons
703 oeufs
118 cocons
1536 oeufs
371 cocons
1936 oeufs
366 cocons
6900 oeufs
1773 cocons
4459 oeufs
752 cocons


[R] ANNEXE 2

Evolution de la production des oeufs et des cocons de Graellsia isabelae galliaegloria de 1990 à 1995

[R] ANNEXE 3 / Tableau 1

Performances biologiques moyennes des élevages de Graellsia isabelae galliaegloria de 1990 à 1995
Cycles 1990-91 1991-92 1992-.93 1993-94 1994-95 1995-96
Nombre d'oeufs par accouplement 100 68 75,55 147,06 64,52
Pourcentage d'éclosion 34 % 31,5 % 21,46 % 34,71 % 67,76 % 33,8 %
Pourcentage de mortalité larvaire 15,66 % 13,73 % 22 % 29,3 % 30,4 % 44,79 %
Sex ration (pourcentage de mâles) 43,75 % 43,33 % 36,11 % 54,96 % 45,51 % 54,33 %
Poids des chrysalides mâles 2,82 g 3,11 g 3,01 g 3,28 g
Poids des chrysalides femelles 3,67 g 3,98 g 3,65 g 4,32 g

[R] ANNEXE 3 / Tableau 2

Performances biologiques moyennes des élevages de Graellsia isabelae galliaegloria suivant la photophase et la température subies par les larves
Cycle d'élevage 1993-1994 20°C-20h 20°C-16h30 20°C-12h
Pourcentage de mortalité larvaire 15 % 25 % 20 %
Sex ratio (pourcentage de mâles) 64,7 % 61,5 % 80 %
Durée du développement larvaire 31,9 jours 33,6 jours 31,4 jours
Poids des chrysalides mâles 3,44 g 3,72 g 2,59 g
Poids des chrysalides femelles 4,09 g 4,36 g 3,64 g

Cycle d'élevage 1994-1995 16°C-15h 20°C-16h30 20°C-12h
Pourcentage de mortalité larvaire 29 % 21,5 % 43 %
Sex ratio (pourcentage de mâles) 57,04 % 54,84 % 51 ,75 %
Durée du développement larvaire 52,4 jours 32,85 jours 34,13 jours
Poids des chrysalides mâles 2,87 g 2,72 g 2,7 g
Poids des hrysalides femelles 3,56 g 3,67 g 3,37 g

[R] ANNEXE 3 / Tableau 3

Performances biologiques moyennes des élevages de Graellsia isabelae galliaegloria lorsque les chenilles sont élevées par groupes d'effectifs croissants sous abri extérieur
Cycle d'élevage 1993-1994 Lots de5 larves Lots de10 la rves
Pourcentage de mortalité larvaire 35 % 70 %
Sex ratio (pourcentage de mâles) 15,4 % 33,3 %
Durée du développement larvaire 45 jours 45,7 jours
Poids des chrysalides mâles 3,08 g 3,25 g
Poids des chrysalides femelles 4,2 g 4,36 g

Cycle d'élevage 1994-1995 Lots de 5 larves Lots de 7 larves Lots de 9 larves
Pourcentage de mortalité larvaire 34 % 37 % 36 %
Sex ratio (pourcentage de mâles) 57,1 % 52 % 54 %
Durée du développement larvaire 42,1 jours 42,8 jours 43,1 jours
Poids des chrysalides mâles 3,18 g 3,36 g 3,1 g
Poids des chrysalides femelles 3,91 g 4,03 g 4,14g

[R] ANNEXE 3 / Tableau 4

Performances biologiques moyennes des élevages de Graellsia isabelae galliaegloria lorsque les chenilles sont alimentées avec différents clones de pin sylvestre et avec différentes espèces de pin (+, - et -- représentent des clones favorables, défavorables ou très défavorables à Diprion pini)
% de montalité
larvaire
Sex ratio
(% de mâles
Durée en j
stade larvaire
Poids en g
chrys. mâles
Poids en g
chrys. fem.
1992-1993
Cl. 129 +
Cl.14 +
Cl. 721 -
Cl. 588 -
Cl. 356 --
Pinus uncinata
P. conforta
P. nigra laricio
P. n. salzmanni

20
30
40
20
30
40
10
40
60

50
57,1
16,7
37,5
14,3
50
44,4
66,7
100

39,9
38,9
42
44,1
42,7
42,7
42,4
46,1
47

2,88
2,76
2,15
2,6
2
2,26
2,54
2,78
2,35

3,75
3,56
2,93
2,87
2,7
3,59
3,19
2,81
1993-1994
Cl. 129 +
cl. 15 +
Cl. 614 +
Cl. 875 +
Cl. 721 -
Cl. 625 -
Pinus contorta
P. banksiana
P. nigra austriaca
P. n. Jeflreyi

30
35
22,2
30
50
50
40
50
80
80

57,1
15,4
57,1
85,7
50
40
66,7
80
50
0

39,9
42,5
44,4
39,9
43,6
42
46
39
45,5
58

3,66
3,08
2,86
2,83
2,3
2,87
2,69
3,17
2,69

4,69
4,2
3,51
3,5
3,39
3,67
3,34
3,61
3,65
1 ,85
1994-1995
Cl. 129 +
Cl. 14 +
Cl. 875 +
Cl. 721 -
Cl. 646 -
Cl. 588 --
Cl. 356 --
Cl. 649 --

25
45
30
60
55
70
80
75

43,8
45,5
42,9
50
55,6
67
0
40

40,2
41,3
39,3
39,5
43,7
47,7
45
48,2

2,98
2,94
3,1
3,01
2,81
2,61

1 ,9

3,98
3,6
3,4
3,62
3,12
2,42
3,33
2,7
1995-1996
Cl. 129 +
Cl. 20 -
Cl. 147 -

45
58
65

62,3
47,5
50

39
42,5
43,8

3,28
2,64
2,55

4,32
3,59
3,35

Annexe 4/ Carte 1
Carte de répartition géographique nationale de Graellsia isabelae galliaegloria

Annexe 4 / Carte 2
Carte micro-régionale de données ponctuelles de répartition géographique de Graellsia isabelae galliaegloria

Annexe 4 / Carte 3
Carte micro-régionale de données communales de répartition de Graellsia isabela Galliaegloria

Annexe 4 / carte 4
Carte micro-régionale de répartition géographique des peuplement de pins sylvestre autour de l'aire de répartition de
Graellsia isabela galliaegloria

[R]


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