C’est à l’INRA d’Angers que l’hybride X 6407 a vu le jour. Il prendra par la suite le nom commercial de Ariane. L’Anjou possède une longue tradition d’arboriculture fruitière qui date du Moyen Age. Mais si Ariane est née des pommiers du Maine et Loire, ses racines remontent aux Etats Unis des années quarante.
1943, la plus petite pomme du monde. A l’Université d’Illinois, le Docteur Hough remarque qu’une espèce de la famille des pommiers, Malus floribonda, résiste à une maladie des arbres fruitiers, la tavelure. Malheureusement Malus floribonda donne de tout petits fruits, des pommes minuscules plus petites qu’une cerise et immangeables. Le Docteur Hough va croiser Malus floribonda avec Rome Beauty, une variété de pommes commerciales. C’est le premier pas vers Ariane.
Plus de 30 ans de croisements. Depuis le premier croisement en 1943, les chercheurs ont continué à sélectionner des fruits résistants aux maladies, qui assurent une production régulière à l’agriculteur et de grande qualité gustative. Pour cela, les programmes de sélection, à partir de ce croisement initial se poursuivent. Les chercheurs effectuent des pollinisations contrôlées entre deux variétés aux caractéristiques complémentaires pour en obtenir une nouvelle. Les fleurs donnent des fruits contenant des graines. Ces dernières sont semées d’abord en serre, puis les arbustes sont transplantés à l’extérieur. La résistance aux maladies est testée d’abord en serres grâce à des inoculations artificielles puis contrôlée en plein champ. Les arbres sont sélectionnés pour la qualité des fruits. Les meilleurs spécimens sont retenus pour être croisés entre eux afin de créer des variétés encore meilleures.
1979, la naissance d’Ariane. En 1979 les chercheurs de l’INRA réalisent le croisement qui donnera Ariane. Cette variété de pomme est très belle ; elle a un très bon goût, bien loin de son ancêtre américain. Elle possède deux gènes de résistance à la tavelure. Ces gènes peuvent être contournés par la race 6 du parasite qui est présente dans plusieurs pays européens y compris dans le Nord Ouest de la France depuis 1995. En verger, tout doit donc être mis en place pour limiter les risques de développement de cette race dans les régions où elle est encore absente ou très peu fréquente : en hiver par la destruction de la litière foliaire et pendant la période végétative en réalisant un minimum de traitements phytosanitaires ciblés sur les plus forts risques de contamination.
2002, Ariane décolle. Après de nouveaux tests dans les années 1990, Ariane est jugée apte au service. En 2002 elle est inscrite au catalogue officiel des variétés et c’est le début des premières plantations commerciales. Il aura fallu 60 années de travail, dont 24 uniquement sur Ariane pour qu’elle fasse son apparition au rayon fruits et légumes.
(1) Unité mixte de Recherche Génétique et Horticulture, département Génétique et amélioration des plantes, centre de recherches d’Angers.
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