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Communiqué de presse.
22/06/2004
Cameraria : un nouveau ravageur des marronniers en France
Depuis quelques années il est fréquent d'observer en France dès le mois de juin le brunissement des feuilles des marronniers puis en juillet, leur chute prématurée. Ces dégâts sont dus à une mineuse : Cameraria ohridella. C'est un petit papillon dont les chenilles dévorent l'intérieur des feuilles pendant l’été. Son origine est inconnue. Depuis sa découverte en Macédoine il y a une vingtaine d’années, il a colonisé progressivement l'Europe Centrale et Occidentale. Il a été récemment observé en Angleterre (2002), en Espagne (2002) et au Danemark (2003). En France, il a été signalé à la frontière Allemande en 1998 et il a été observé dans plusieurs départements de l'est ainsi que ponctuellement en région Ile-de-France en 2000. Sa dispersion est très rapide : en 2003, il était présent dans de très nombreux départements français.
Dans le cadre du contrat européen CONTROCAM(1), « Lutte contre Cameraria », les chercheurs de l’INRA d'Orléans(2) développent principalement des études sur l'épidémiologie et la dispersion de la mineuse.
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La mineuse du marronnier a progressé
rapidement depuis son signalement dans l’est de la France. Elle a été
observée à Paris et en Ile de France en 2001. Les fronts de
dispersion des différents foyers se sont rejoints en 2002, et l’insecte
a continué sa colonisation vers l’ouest. Sa progression est très
rapide puisqu’en 2003 elle était présente dans presque
tous les départements français, exceptés ceux du sud
ouest du Massif Central, de la partie occidentale de la Bretagne, et l’extrême
sud ouest.

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| | Répartition de la mineuse
Cameraria en France en 2000 et en 2003 (source INRA, SRPV). |
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Les études menées pendant 4 ans à l’échelle
nationale ont montré que la dispersion était rapide et en relation
avec les densités de population humaine. A l’échelle régionale,
les estimations ont été obtenues sur 3 années par capture
des mâles avec des pièges à phéromones et par observation
visuelle des dégâts. Elles ont confirmé que la dispersion
de Cameraria se faisait par plusieurs voies : naturelle à
faible distance et anthropique à plus longue distance. La proximité
d’une voie de communication (autoroutière, fluviale, ou ferroviaire)
et un nombre important de marronniers sont des facteurs propices à
l’installation de la mineuse. L’influence de la présence
des feuilles au sol durant la période hivernale sur la croissance des
populations a également été confirmée, c’est
pourquoi il est fortement recommandé d’éliminer totalement
en hiver les feuilles mortes qui abritent les chrysalides afin de limiter
les dégâts l’année suivante.
Dans le cadre du projet Européen
CONTROCAM1, des chercheurs de 7 autres pays étudient les
effets des attaques de la mineuse sur les marronniers d’Inde et participent
au développement de méthodes de lutte respectueuses de l’environnement.
Les recherches sur la physiologie du marronnier d'Inde ont montré que
les arbres fortement attaqués produisent des graines et des fruits
plus petits, ce qui peut affecter la croissance et la survie des jeunes plants,
mais les réserves en eau et la photosynthèse sont suffisantes
pour ne pas réduire la croissance des arbres adultes. L’analyse
du spectre d’hôtes de Cameraria a permis d’établir
que le marronnier à fleur blanche est très nettement préféré
par l’insecte mais d’autres espèces de marronnier ainsi
que certains érables permettent son développement. Les phéromones
utilisées par les femelles pour attirer les mâles ont été
identifiées et synthétisées. Elles sont utilisables pour
piéger les mâles et suivre la dynamique des populations, mais
les essais réalisés ont révélé qu’elles
n’étaient pas efficaces pour mener une lutte à grande
échelle. Enfin, les études réalisées au niveau
européen n'ont pas permis de trouver d'ennemis naturels de Cameraria
capables de contrer son développement. Les recherches se poursuivent
pour identifier l’aire géographique d’origine de la mineuse
afin d’y trouver des parasites efficients.
1 Le projet européen "CONTROCAM"
sur la mineuse du marronnier d'Inde Cameraria ohridella a débuté
le 1 janvier 2001 et rassemble 8 partenaires : INRA (France), TUMUC (Allemagne),
CSIOCB (République tchèque), CABI (Suisse), UBW (Autriche),
UBERN (Suisse), UTRS (Italie), TEIK (Grèce). Le responsable allemand
Werner Heitland est le coordinateur de ce projet.
2 Unité de recherche de Zoologie
forestière, département Écologie des forêts, prairies
et milieux aquatiques, centre INRA d’Orléans.
http://cameraria.orleans.inra.fr/
Contact scientifique INRA
:
Sylvie Augustin, tél. : 02 38 41 78 51 / augustin@orleans.inra.fr 
| | © INRA / S. Augustin | La
biologie de la mineuse Cameraria : L'hôte préféré
de Cameraria ohridella est le marronnier d'Inde, Aesculus
hippocastanum, mais d'autres espèces de marronniers et même
l'érable sycomore, Acer pseudoplatanus, et l’érable
plane Acer platanoides peuvent présenter de faibles
attaques. Au printemps, les adultes sont facilement observables sur
les troncs où ils se retrouvent pour l'accouplement après
émergence des feuilles restées au sol. Les femelles attirent
les mâles en émettant une phéromone, et peu de temps
après la fécondation, elles pondent plusieurs dizaines
d’œufs minuscules à la surface supérieure des
feuilles. Les œufs éclosent après un délai
variant de 1 à 3 semaines et les jeunes chenilles s'enfoncent
dès l'éclosion à l'intérieur de la feuille
dont elles dévorent le parenchyme supérieur. A la fin
du développement larvaire, la nymphose se produit le plus souvent
dans un petit cocon blanc à l'intérieur de la mine. La
chrysalide perce ensuite la paroi du cocon et l'épiderme de la
feuille, permettant ainsi la libération du papillon. A chaque
génération un nombre croissant de chrysalides entrent
en diapause. L’insecte passe l’hiver à l’état
de chrysalide dans les feuilles tombées au sol et émerge
au printemps suivant. Cameraria ohridella a généralement
3 générations par an en France. Les facteurs de mortalité
les plus importants sont la compétition pour se nourrir dans
les feuilles au cours de la saison et la mortalité hivernale.
Les mortalités liées au parasitisme sont faibles car les
parasites de C. ohridella sont généralistes et
n’exercent qu’une faible pression de sélection sur
les populations.
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