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Fiche de dossier de presse. 19/05/2008

Contrôle des bio-agresseurs en verger AB : relations arbre-ravageurs-auxiliaires


Les arbres fruitiers sont des plantes pérennes. Leur présence durant plusieurs années dans le verger favorise le maintien de nombreux bio-agresseurs. Des chercheurs de l'INRA d'Avignon et de Montpellier ont étudié deux pistes préventives pour limiter les dommages aux arbres liés à ces parasites : créer un habitat défavorable pour les ravageurs et favoriser l'installation de leurs prédateurs naturels, les auxiliaires. Grâce à des expérimentations de plusieurs années en verger de pommiers en Agriculture Biologique et de poiriers, ils ont analysé, d'une part l'effet de l’architecture de l’arbre sur le développement des ravageurs, et d'autre part la gestion de la diversité végétale de l’environnement du verger en vue de favoriser les auxiliaires.

 

En verger, la permanence de la plante-hôte contribue au maintien in situ de nombreux bio-agresseurs, sans utilisation possible de méthodes, usuelles en AB, telles que les rotations culturales pratiquées pour les productions annuelles.

Au-delà d’actions directement dirigées contre les bio-agresseurs (prophylaxie ; biocides et méthodes alternatives autorisés en AB), les leviers sur lesquels s’appuyer pour limiter l’impact des bio-agresseurs sont :
- l’arbre, via des choix à l’installation du verger et sa conduite ;
- les ennemis naturels des ravageurs (auxiliaires).

Les chercheurs de l'INRA ont exploré les possibilités de modifications de la structure de l’arbre fruitier et de l’environnement végétal du verger, qui constituent l’habitat des ravageurs et des auxiliaires, en vue d’optimiser le contrôle de la protection en verger.


Effet de l’architecture de l’arbre sur le développement des ravageurs


Les chercheurs ont étudié l'influence du mode de conduite (taille, sélection et répartition des rameaux) sur le développement des ravageurs. Ils ont montré qu'une diminution au sein de l’arbre de la densité des rameaux végétatifs et fructifères (conduite centrifuge) permettait, par rapport à une conduite classique, des niveaux d’infestation moindres par le principal ravageur du pommier, le puceron cendré. Cet effet est cependant partiel (il ne permet pas à lui seul un contrôle du ravageur) ; par ailleurs, si cet effet est positif pour le contrôle du puceron cendré et de l'acarien rouge, il  favorise parfois le carpocapse.

Les chercheurs étudient actuellement certains des mécanismes mis en jeu pour moduler les infestations au sein de l’arbre : microclimat, colonisation de la branche fruitière en fonction de l’espacement des rameaux, qualité nutritionnelle des feuilles du rameau en fonction des rythmes de croissance.


Gestion de la diversité végétale du verger pour favoriser les auxiliaires


L’augmentation de la diversité végétale dans le verger ou son environnement doit permettre de préserver et favoriser les auxiliaires actifs en verger, sans augmenter corrélativement la diversité des insectes phytophages, dont certains ravageurs.

L’étude du rôle de haies de bordure ou d'inter-rangs enherbés a permis d’identifier les principes de base permettant de créer une diversité contrôlée dans   l’environnement du verger :
- innocuité vis-à-vis du verger / des cultures locales (pas d’essence hébergeant des ravageurs ou maladies en commun avec le verger ou de quarantaine) ;
- présence de ressources abondantes (abris, nourriture : pollen, nectar, proies) pour les auxiliaires ;
- assortiment végétal avec succession des ressources tout au long de l’année.
Une haie dédiée à la protection du verger de poiriers a ainsi été expérimentée, et a permis de satisfaire aux objectifs de maintien d’auxiliaires spécialistes (qui ne consomment qu'un ou quelques types de proies) et généralistes (qui se nourrissent  de proies d'espèces plus variées) tout au long de la saison en bordure de verger.

Les travaux développés suggèrent qu'une protection optimisée du verger AB requiert d'identifier les mécanismes mis en jeu à différentes échelles : au niveaux de l’arbre, de la parcelle et de son environnement végétal (formations herbacées et arbustives ou boisées), et leurs interactions avec les autres espèces présentes dans le verger.

 
Rédacteur :  Service Presse INRA
Contacts : 
Sylvaine SIMON, tél. : 04 75 59 92 21 - sylvaine.simon@avignon.inra.fr
Unité expérimentale Recherches intégrées - Gotheron, Centre INRA d'Avignon

Pierre-Éric LAURI, tél  : 04 99 61 24 14 - lauri@supagro.inra.fr
Unité Développement et amélioration des plantes, Centre INRA de Montpellier

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