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Fiche de dossier de presse. 19/05/2008

Conversion à l’Agriculture Biologique et adoption de la Production Intégrée : analyse des formes de transition vers des agricultures durables


agriculteur biologique évaluant la maturité de ses légumes de plein champ
La conversion à l'Agriculture Biologique est le socle du développement de ce mode de production, le nombre de conversions actuelles définissant la capacité à produire en AB de demain. Les chercheurs de l'INRA ont étudié le processus de conversion à l'Agriculture Biologique chez des maraîchers et des arboriculteurs du sud-est, en l’abordant simultanément sous les angles technique (agronomie, pathologie), économique et sociologique. Ils ont défini trois grands types de trajectoires de conversion et identifié les facteurs-clés intervenants dans les processus de conversion à l'AB. Ils étudient également les changements vers la Production Intégrée, qui, s'ils ne comportent pas d'échéance de conversion, correspondent également à des changements profonds de pratiques agricoles.

 

L’approche développée par les chercheurs de l'INRA dans le cadre du projet interdisciplinaire "Tracks" (2005-2006) a conduit à analyser la conversion à l’Agriculture Biologique (AB), dans le cas de la production maraîchère et fruitière, comme une transformation s'inscrivant dans la durée et posant de nouvelles relations à différents "objets" : les productions, le sol, les rotations, les pratiques phytosanitaires, l’organisation du travail, les réseaux sociaux, les apprentissages, la commercialisation, etc…
Plusieurs projets de recherche en cours1 permettent aujourd'hui d’adapter cette approche au cas de la transition vers la Production Intégrée (PI) en l’abordant simultanément sous les angles technique (agronomie, pathologie), économique et sociologique.
Deux terrains d’enquête concernent les grandes cultures, l’un avec une dynamique d’accompagnement collectif forte, l’autre plus diffuse ; deux autres terrains concernent les cultures fruitières et sous abri.


Trois types de trajectoires menant vers l'AB


Concernant l'AB, l’étude sociologique a permis d’identifier trois grands types de trajectoires de conversion :
- des conversions directes sans apprentissage antérieur, associées à une stratégie de maintien ou de relance de l’exploitation ;
- des conversions directes mais préparées, liées à une volonté de travailler "autrement" ;
- des conversions progressives, dans lesquelles on repère des antécédents notamment dans les pratiques de protection des cultures.
Pour tous les types de trajectoires, ce sont à la fois des pratiques techniques, de commercialisation et les interactions avec l’environnement naturel et social qui changent.

Les pratiques de traitement des cultures sont un bon indicateur de ces changements, puisqu'il est possible de les situer par rapport à deux conceptions contrastées : la première est associée aux seules idées de maîtrise et de lutte, tandis que la seconde, forgée au fil du temps, redéfinit totalement le rapport aux problèmes et s’attache à recomposer l’environnement global des cultures.

Ces deux approches renvoient à l’opposition, construite par les sciences agronomiques et biologiques, entre, d'une part, un paradigme de substitution (de produits biologiques de protection des cultures à des produits de synthèse) et, d'autre part un paradigme de redéfinition des systèmes dans une approche écologique.
L’ancrage dans ces paradigmes, qui peut bien sûr évoluer au fil du temps et au-delà même de la conversion, renvoie au parcours professionnel antérieur, à la formation initiale (et continue) des producteurs, et à l’insertion de ces derniers dans des réseaux.


La notion de progressivité des changements vers la Production Intégrée


Dans le cas de la PI, les chercheurs montrent que la progressivité dans les changements de pratiques, tout aussi, si ce n’est plus importante qu'en AB, prend un autre sens, puisqu’il n’y a pas l’échéance de la conversion au sens administratif, et souvent pas non plus de valorisation marchande. Ainsi, le rapport aux risques est différent, de même que l’articulation de pratiques diverses agronomiques et parfois de changements de modes de commercialisation, mais aussi l’appui technique disponible et l’insertion dans une dynamique collective.

La confrontation de tous ces cas permet de discuter des formes d’accompagnement technique et des incitations ainsi que des dynamiques collectives, dont les données de terrain pour la PI montrent qu’elles rendent les transitions plus robustes et moins réversibles, en particulier dans le contexte actuel des prix élevés des céréales.

Les analyses des chercheurs soulignent enfin le rôle parfois décisif de l’interaction avec l’environnement non agricole : consommateurs et filières, voisinage professionnel, riverains, associations locales, ou enfin administrations et élus dans le cas de politiques publiques territoriales agri-environnementales ou environnementales (par exemple, portant sur la qualité de l’eau).

1 Projets : Gédupic, dans le cadre du programme Agriculture et Développement Durable financé par l’ANR,
Réseau d’excellence européen Endure sur la protection des cultures,
et AntiBot, projet concernant la Lutte biologique en culture sous abri, financé par la région Paca.

 
Rédacteur :  Service Presse INRA
Contacts : 
Claire LAMINE , tél. : 01 30 81 52 06, claire.lamine@grignon.inra.fr
Unité Impacts écologiques des innovations en production végétale, centre INRA de Versailles

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